sam.

22

nov.

2014

Ca ne vous dit pas quelque chose ?

brève anais

Il faut absolument que je vous parle de quelque chose. Ca fait un peu ma vie mon oeuvre mais c'est quand même trop énorme pour ne pas partager cette info avec vous.

Je faisais un peu de veille dans l'internet bleu (oui, je bouffe aussi de l'écran toute la journée au travail) et au hasard de mes recherches, devinez sur quoi je tombe ?!?

 

biking the atlantic

Ca vous en bouche pas un coin ?!? Personellement, j'ai du me frotter un peu les yeux pour comprendre qu'on ne parlait pas d'Olivier mais d'un autre gars, qui ne rame pas mais pédale, dans un bateau orange, sur l'Atlantique.

 

L'article complet d'un de ses sponsors, Victron Energy, se situe en cliquant là. Et comme vous n'êtes peut-etre pas fluent en anglais, je vous raconte l'histoire rapidos.

 

Mads Fabricius, un brave garçon danois, se voit diagnostiqué schizophrène à l'âge de 15 ans. Au lieu de tomber dans un chaudron de médocs abrutissants, le gars se met sérieusement au sport (quand je dis sérieusement, il fait quand même des ironman, hein) et y trouve un équilibre qui lui permet de vivre avec sa maladie.

Mads Fabricius on board WiTHiN

 

Alors à présent, il fait des trucs un peu ouf pour collecter de l'argent et aider des jeunes atteints de maladies mentales comme la sienne.

 

Biking the atlantic: WiTHiN
Voici WiTHiN, le nom de ce bateau

Et là, PAF ! Il vélote l'Atlantique (traduction littérale de Biking the Atlantic, vous l'aurez compris).

 

Départ prévu en décembre 2014 (tient tient...) des îles Canaries pour rejoindre, 4800 km plus loin, Antigua-et-Barbuda dans les Caraïbes, 60 à 100 jours plus tard.

Un peu comme nous, quoi. Bon, OK, je sors...

 

Plus sérieusement, le gars dit:

"Biking the Atlantic est un projet très personnel. Je souhaite me forcer à retourner vers la chose dont je me souviens le mieux et qui me pesait le plus lors que je souffrais de schizophrénie : la solitude."

 

Chapeau, Mads. Il se pourrait bien que certaines personnes souffrant, elles, d'un Rames Guyane blues aiguë, suivent un peu ton périple...

 

ven.

21

nov.

2014

La presse locale en parle encore !

logo dauphine libere

Encore et toujours, oui oui oui !

 

Un tout petit mot pour signaler :

- l'article de Sara Valla dans l'édition Privas et sa région du Dauphiné Libéré, le 10 novembre et
- l'article d'aujourd'hui de Yohan Ballore dans l'édition du Grand Valence.

 

Ces deux articles sont par ici à leurs dates respectives.

 

Un grand grand merci à eux de continuer à relayer l'information sur les  PC Course et la traversée d'Olivier !

ven.

21

nov.

2014

PC Course du 21/11/14

Vous n'étiez pas là. Vous avez une raison de ne pas avoir été là. Même si elle est probablement peu défendable, vous avez le DROIT de savoir ce qu'il s'est passé le 21 novembre 2014 lors du PC Course à St Georges.

ven.

21

nov.

2014

Allo Olivier, ici Vercheny

C'est presque devenu une habitude : Aujourd'hui, jeudi 21 novembre, les deux écoles de Vercheny se sont retrouvées dans une classe pour recevoir le coup de fil hebdomadaire d'Olivier Montiel.

Les questions et les encouragements des enfants se sont succédés dans la bonne humeur.


Ils nous résument ce qu'ils se sont racontés :

Il fait chaud, très chaud là où il est ( 37° et 90% d'humidité).

Olivier nous a dit que son moral était bon, mais qu'il souffre encore de l'épaule. Il dort toujours bien et aperçoit de temps en temps des dauphins. Il rame environ 10 heures par jour.

Il a dépassé le 25ème parallèle (la position exacte était 10°56 nord, 25°52 ouest).


Ces données sont importantes pour nous car elles nous permettent de positionner « Grain de Poivre » sur les trois cartes d'état major :

-Celle de la classe de la fondation

-Celle de l'école publique

-Celle du réfectoire des salariés de la fondation .


Après le retard pris par tous en début de course, Olivier commence à se rationner : la route est encore longue et il ne faudrait pas manquer de nourriture. Même s'il n'aime pas trop ça, peut-être va-t-il être obligé de se mettre à pêcher ?

Il plonge de temps en temps pour nettoyer la coque de son bateau car les coquillages qui s'y accrochent le ralentissent.

Il a réparé son câble de téléphone grâce à une gaine de son réchaud mais la réparation n'a pas tenu (Quel Mac Gyver !) . En effet , son câble de secours est resté à Dakar, Olivier a donc des soucis de rechargement de ses moyens de communication.

Nous lui avons souhaité tous ensemble un bon vent, une bon cap, une bonne chance et un bon courage. Bien sûr, nous attendons déjà avec impatience son  coup de fil la semaine prochaine !


C''était les enfants de l'école de Vercheny et de l'école de la fondation Ardouvin.

jeu.

20

nov.

2014

J+33 L'arrivée des Alizés par le Nord

météo

Une telle traversée peut parfois s’apparenter à une course cycliste dans une interminable côte dont on ne verrait jamais la fin. Au détour de chaque virage, on espère trouver le sommet, mais au lieu de cela, c’est l’ascension qui se poursuit encore et toujours sans que l’on puisse en distinguer le terme. L’arrivée des Alizés, c’est un peu le sommet des rameurs, comme le 25ème méridien est un palier, après un mois d’errance dans une mer capricieuse et indécise. D’autres paliers attendent encore les marins comme autant d’étapes à franchir avant d’atteindre les côtes de la Guyane.

 

Les semaines passées nous avaient appris à être méfiants, à ne croire que nos propres observations et à consulter avec prudence toutes les prévisions disponibles.  Difficile en effet d’annoncer à nos skippers l’imminence d’une bonne nouvelle qui en fait n’arrive jamais en raison d’évolutions climatiques légèrement divergentes des prévisions annoncées. Ces points de détail à terre deviennent des calvaires pour les rameurs confrontés à des espoirs déçus.

 

Mais cette fois, il semble bien que le plan d’eau ait évolué sensiblement comme cela avait bien été annoncé, gagné par des vents de nord-est établis d’abord par le Nord et progressivement un peu plus au sud. Grâce au tableau de Pierre Verdu (en PJ), on constate que le record de distance parcourue en 24 h a été battue par Salomé, avec quelques 54 milles au compteur ! Une prouesse qui conforte la pertinence de sa position au nord, tout près de l’orthodromie.

 

Par ailleurs, comme en atteste la carte ci-dessous, une large couverture nuageuse et pluvio-orageuse est remontée du Sud et de la ZIC affectant plusieurs marins au sud et à l’est de la zone. Plusieurs d’entre eux ont subi des averses et même quelques grains orageux accompagnés de fortes rafales de vent, des conditions que ne rencontraient jusqu’alors que Didier et Antonio.

carte J+33

Certains de ces marins, notamment à l’arrière de la flottille, confirment bien un renforcement des vents par le nord-est mais sans évolution positive de l’état de la mer qui reste croisée et délicate à gérer. Quelques rameurs ont reçu des paquets de mer suffisamment violents pour se faire déséquilibrer complètement jusqu’à tomber à l’eau en dehors du cockpit. Les dégâts de telles acrobaties restent pour l’heure globalement mineurs mais peuvent s’avérer beaucoup plus dommageables si une seule des ouverture de l’habitacle restait ouverte. Une fausse pelle dans une vague un peu creuse peut aussi occasionner un risque de casse des avirons et endommager les dames de nage. Il convient donc pour les rameurs de rester prudent avec l’espoir que cette houle résiduelle disparaisse au profit d’une houle accordée avec les vents, lorsque les Alizés se seront installés depuis plusieurs jours.

 

Rémy Landier (n°84) et Olivier Montiel (n°7) poursuivent leur progression et ont hâte eux aussi de bénéficier des mêmes conditions idéales que celles de leurs collègues quelques degrés devant eux à l’ouest et au nord-ouest. La lecture du prochain relevé de Pierre Verdu sera très instructive pour connaître précisément l’évolution de leur progression.

 

Mathieu Morverand

jeu.

20

nov.

2014

Le Beaujolais nouveau est arrivé ! Mais pas Olivier. Pas encore.

Pendant que vous trouviez un goût de myrtille au Beaujolais nouveau, eh bien Olivier donnait de ses nouvelles sur NRJ Vallée du Rhône. Ca se passe à partir de 1'52 !

mer.

19

nov.

2014

J+32 Des journées qui s’enchaînent et qui ne se ressemblent pas

Comme à chacune de ses vacations, Matthieu à bord de « Lilo Solitaire – Solidaire » résume parfaitement bien le ressenti d’un rameur solitaire au milieu de l’Atlantique. Chacun vit bien entendu son aventure avec sa propre sensibilité mais l’ambiance du Large est la même pour tout le monde, certes plus ou moins favorable, certes plus ou moins calme ou chahutée, mais avec des journées qui s’enchaînent et qui ne se ressemblent pas. De l’extérieur, on pourrait croire que l’océan reste figé, toujours le même, n’inspirant rien d’autre que l’ennui et la lassitude. Il n’en est rien, le ciel et la mer enfantent chaque jour un monde différent, où chaque détail a son importance, la forme et le type des nuages, annonciateurs de vents ou de pluie, la couleur de la mer et le profil des vagues précédant la houle ou le clapot, la lumière omniprésente et jamais semblable. L’intensité de cet univers profondément imprévisible empêche aux marins toutes formes de spleen ou de mélancolie, il s’impose même aux esprits les plus hermétiques.

 

A force de convoiter les Alizés, seules les conditions trop clémentes de ces jours derniers pourraient les ennuyer mais en fait, cette situation qui s’éternise les agace bien plus qu’elle les ennuie. Cela devrait bientôt changer, on l’espère dès demain. Il se pourrait qu’au nord-ouest de la flottille, on ait d’ailleurs déjà ressenti le souffle bienfaiteur des Alizés. Cette configuration nouvelle imposera aux rameurs de redoubler de vigilance. Après un mois de mer relativement tranquille avec des vents ne dépassant jamais 20 nœuds sauf sous les grains de la ZIC pour Didier au Sud, les rameurs pourraient avoir pris leur aise et quelque peu relâché leur attention, laissant les petits hublots ouverts pour tenter d’aérer et de sécher l’habitacle. Déjà quelques uns se sont fait surprendre par des vagues sournoises venues de nulle part. Si les Alizés s’établissent comme prévu, les vents seront bien plus marqués et la houle formée, les rameurs pourront alors pleinement en profiter mais à la condition de rester sur leurs gardes, une toute autre navigation les attend à présent.   

 

Cliquer ici pour voir la carte carte.

 

De leurs côtés, Rémy Landier (n°84) et Olivier Montiel (n°7) ont repris le moral avec une distance de 34,9 milles parcourus lors des dernières 24 h pour le premier et de 30,9 pour le second, en nette progression. Malgré un moral en dents de scie et des soucis physiques persistants (douleurs au bras droit pour Rémy et à l’omoplate pour Olivier),leur progression quotidienne devrait maintenant croître au fil de leur avancée vers l’Ouest.

 

Le tableau fourni par Pierre Verdu permet de relever précisément toutes les moyennes des skippers. On constate qu’une bonne partie de la flottille a correctement progressé hier et que le classement a évolué, Harry s’emparant de la seconde place et poursuivant sa remontée sur Jean-Pierre. La lecture des données de Pierre demain, et plus encore celles d’après-demain, nous renseignera précisément sur la réalité ou non des Alizés sur les positions respectives de chacun au-delà des informations fournies par les cartes et bulletins météo. Si les marins ne progressent pas sensiblement, il sera difficile d’annoncer la bonne nouvelle aux rameurs, eux qui espèrent tant connaître enfin ces conditions favorables, synonyme d’accélération et de rapprochement des côtes de l’Amérique.

 

En attendant, tous rament du mieux qu’ils peuvent et occupent le reste du temps à entretenir leur bateau, à l’image de Catherine qui vient de nettoyer sa coque ou d’Olivier M. qui a vérifié que les ailettes de son safran ne freinaient pas son bateau. D’autres profitent de cette isolement pour se plonger dans la lecture ou la réflexion loin de l’agitation du monde dont la plupart des rameurs, sans récepteur multi-bandes à leur bord, ne perçoivent pas même les échos, sinon au travers du filtre des quelques bribes d’infos distillées lors des vacations ou des échanges satellite avec leurs proches.

 

En revanche, pour les informations de navigation, tous suivent les instructions de leurs routeurs, tel Patrice M. qui applique discipliné les instructions de son talentueux guide océanique (bien le bonjour Charly !) pour qui les subtilités des cartes Mercator n’ont plus de secrets. Les prochains jours devraient connaître une évolution sensible des routes suivies par chacun pour anticiper la mi-course (1073,5 milles) et l’approche du courant sud-équatorial.

 

Mathieu Morverand

Positions au 19 novembre
Positions au 19 novembre

mar.

18

nov.

2014

Allo France Bleu ? Ici l'Atlantique !

Je dirais bien comme tous les lundis mais ça n'est pas tout à fait exact car la communication satellite n'avait pas été possible le lundi 10. Christian Opéron de France Bleu Drôme Ardèche passait donc le coup de fil hebdomadaire à Olivier, lundi dernier. De jolis récits de transit intestinal des oiseaux marins...

Et surtout un rappel du PC Course ce vendredi à Saint Georges les Bains à 19h ! Soyez au rendez-vous les amis !

mar.

18

nov.

2014

J+31 Un mois de mer et un tiers de la traversée

icon meteo

Les images du départ depuis la plage de Hann Bel Air à Dakar paraissent si loin à présent (voir quelques photos). Le sable chaud, la mer clémente à peine ridée par un léger souffle, les accolades entre les skippers et leurs proches, l’ambiance du départ avec ses espoirs d’envolée vers le Large à la faveur de vents d’Est forts et francs …

 

Il en fut autrement et l’aventure n’en a été que plus belle, certes dure pour les nerfs et pour les corps, sans compassion aucune pour le sort de nos courageux rameurs, mais intense et exigeante à l’image de défi hors normes. Non seulement, ils n’ont pas cédé face à cette adversité tenace, mais cette épreuve les a aussi renforcé dans leur détermination à réussir. Il fallut bien parfois toute la conviction de Michel lors des vacations ou le son de la voix des proches pour retrouver le moral et ne pas s’abandonner à la renonciation alors que l’océan tout entier semblait vouloir s’opposer aux marins. 10 jours, par un de moins, perdus à louvoyer devant les côtes du Sénégal, de la Casamance ou de la Gambie, avec ce risque réel de revenir à la côte. Plusieurs skippers durent même s’ancrer au plateau continental pour résister à ces vents d’ouest très précisément localisés sur la zone du départ.

 

Et puis, à la faveur de légères oscillations barométriques, quelques modestes brises de Nord et de Nord Est ont fini par s’immiscer discrètement. Les skippers ont alors saisi cette opportunité pour s’échapper le plus loin possible à la vitesse d’une (très) tranquille randonnée, dépassant rarement les deux nœuds (3.7 km/h). Nous étions alors à la fin du mois d’octobre. Ceux qui avaient réussi à s’abriter sous la péninsule du Cap Vert reprenaient la mer depuis les Almadies ou la Madeleine en tentant de serrer l’orthodromie. Dès lors, les stratégies se mirent en place ; ceux du sud, marins de la première heure, qui n’avaient jamais rejoint la côte et ceux du nord qui décidèrent de serrer l’ouest autant que ces vents de Nord-Est et cette houle résiduelle de nord le permettaient. La flottille s’est alors étirée du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest, dépassant laborieusement la longitude de l’archipel des îles du Cap Vert qui marque l’entrée dans le grand large. Nous en sommes là à présent, un mois après le départ de Dakar, à un tiers de la distance à parcourir pour rallier la Guyane.

 

Pierre Verdu, insatiable ambassadeur de l’aventure, lui-même skipper lors de l’édition 2012, anime une bonne partie de ses nuits à observer la course, à noter les moindres détails et à scruter attentif l’évolution des mouvements des masses d’air et des courants. De son travail (copie du document en pièce jointe), il a ébauché un remarquable tableau de classement des skippers au jour de jour avec des relevés quotidiens à 7h du matin. On y découvre notamment que Harry grignote chaque jour un peu plus la distance qui le sépare de Jean-Pierre en tête de course, ce qui augure d’une belle bagarre dans les semaines à venir.

classement J+31
Bateaux de Jean-Pierre et de Harry à la veille du départ à Dakar en arrière plan du tableau de classement

On y apprend également que seuls deux skippers ont réussi à dépasser les 50 milles en 24 h alors que cela devrait maintenant être la norme. Ce document très instructif nous renseigne enfin de manière objective sur les dates probables d’arrivée. Ces calculs se fondent sur l’hypothèse d’une descente imminente des Alizés – ce que la météo semble confirmer – mais aussi sur l’aide généreuse du courant sud équatorial lorsque les skippers s’approcheront des côtes du Brésil et de la Guyane. Ils pourront alors espérer des vitesses de l’ordre de 3 nœuds et couvrir plus de 70 milles de distance en 24h.

 

Fort de cette analyse, il est possible d’anticiper une arrivée pour Rémy Landier (n°84) aux alentours du 16 décembre et pour Olivier Montiel (n°7) aux alentours du 20 décembre, autrement dit après deux mois de traversée environ.

 

Toutefois, malgré la pertinence de cet outil, il subsiste une inconnue pour laquelle nous ne disposons pas encore de réponse : Comment les bateaux de nos rameurs vont-ils réagir dans le capharnaüm de courants turbulents qui caractérisent actuellement la bordure septentrionale du courant sud-équatorial ? La grande excroissance que l’on distinguait dès le départ sur les cartes Mercator a certes baissé en intensité mais reste encore présente à ce jour en opposant un courant significatif à la route de nos marins. La contourner par le nord comporterait le risque de dépasser la ligne des îles du salut très au large sans possibilité d’y revenir. Trouver un passage qui précède cette zone afin de la dépasser par le sud paraît pour l’instant la solution la plus sage même si cela contraindrait les marins à modifier sensiblement leur cap en abandonnant momentanément la route la plus directe. Didier et Antonio seraient alors les mieux placés.

 

Pour l’heure, toute la flottille attend avec impatience ces vents d’Alizés que les prévisions météo confirment dès la nuit du mercredi 19 au jeudi 20. Ces derniers devraient s’établir à 15 nœuds dans un secteur compris entre 45 et 55° (NE) environ jusqu’au samedi 22 au moins. Les rameurs positionnés au-dessus du 10ème parallèle bénéficieront encore d’un ciel clément tandis que plus au sud, les skippers rencontreront des précipitations qui pourraient être assez fortes par endroits. L’occasion pour les marins qui les recevront de savourer le plaisir d’une bonne douche d’eau douce.

 

Mathieu Morverand

mar.

18

nov.

2014

Moiniversaire

breve de bougie

Cher Internaute,

 

moi qui traine beaucoup trop sur l'internet bleu, j'ai découvert il y a peu, la notion de moiniversaire. Que je trouve un peu ridicule, je dois vous avouer. La diction du mot est plutôt laide, vous en conviendrez. On entend beaucoup trop le mot "moignon", non ? Toi, l'internaute qui entend plutôt "mignon", tu ne comprends rien à ce que je dis. Bon.

Bref, aujourd'hui, ça fait 31 jours que la course est partie. Un mois. Et pas un mois de minus genre un mois de février, hein. Un mois de bosse d'articulation quand on ferme le poing.

 

Comme moi, cher Internaute, dézoomes-tu parfois de la flotille sur Géovoile, comme pour prendre un peu de recul sur la situation et se dire : "Roh, c'est encore loin." ou bien "Ah mais quand même, ils ont avancé de tout ça !" ou bien encore "Allez, plus qu'un moiniversaire et on boit à la santé du skipper revenu sur la terre ferme !"

 

Pas toujours con. Les moiniversaires.

Belle journée à vous,

Anaïs

 

lun.

17

nov.

2014

J+30 L'alternance avant les Alizés

Alternance avant les Alizés

Après une journée rongée par l’ennui et l’immobilisme, les rameurs ont retrouvé le sourire aujourd’hui en renouant avec des vitesses satisfaisantes. La meilleure pointe est féminine avec un très honorable 3 nœuds au compteur relevé pour Salomé à 18 h au cap 279° (Ouest). C’est aussi Salomé qui occupe la position la plus au nord de la flottille et la plus proche de l’orthodromie. Les vents établis au 50° (Est / Nord-Est) étaient plus forts aujourd’hui au nord de la zone, ce qui expliquerait ces vitesses plus élevées. Cette hypothèse paraît confirmée par les vitesses de ses voisins les plus immédiats, dans un rayon de 60 milles, qui naviguaient tous à la même heure à plus de 2 nœuds.

 

Au Sud et à l’Est, même si l’on va un peu moins vite, les vitesses sont malgré tout bien supérieures à celles de la veille. Certains rameurs sont passés de 30 milles à 55 milles en 24 h entre hier et aujourd’hui, une alternance qui démontre que les Alizés ne sont pas encore vraiment installés sur la zone. Les différentes sources météo semblent néanmoins converger vers un renforcement des conditions en fin de semaine qui pourrait bien être le prélude à une installation durable de conditions plus favorables. Un vent plus fort permettra d’accélérer la cadence et d’augmenter sensiblement la distance parcourue chaque jour. Les skippers aux avant-postes espèrent bientôt couvrir 1 degré par 24 h. A un tel rythme, Jean-Pierre serait capable d’atteindre la ligne d’arrivée dans un peu moins de 25 jours, autrement dit aux alentours du 10 décembre. Mais nous n’en sommes pas encore là et ce premier mois de navigation nous a appris à faire preuve de réserve dans notre optimisme d’autant plus que l’arrivée prochaine dans les premières turbulences du courant sud-équatorial pourrait encore mettre un peu de piment dans cette traversée.

 

Pour Rémy Landier (n°84) et Olivier Montiel (n°7), comme pour une bonne partie de la flottille, il paraît sage de ne pas anticiper une arrivée avant le 20 décembre, juste avant les fêtes de noël. La traversée durerait alors une soixantaine de jours. Une telle perspective pose évidemment la question des vivres embarquées à bord et de l’autonomie dont dispose les rameurs. Certains, à l’image de Gérard ont commencé à solutionner le problème en pêchant la dorade. Sa dernière prise lui a permis d’économiser une journée de vivres.

 

Mathieu Morverand

Positions, vents et précipitations au 17 novembre
Positions, vents et précipitations au 17 novembre

dim.

16

nov.

2014

J+29 Une mer en vrac

Difficile d’ignorer le brutal ralentissement qui affecte le plan d’eau depuis une quinzaine d’heures environ. Des vents et des courants faibles associés à une mer en vrac rendent la progression difficile et donnent aux rameurs l’impression de planter leurs avirons dans du béton tant l’eau leur semble dure. Cette situation va-t-elle durer ? Les indicateurs dont nous disposons sont plutôt optimistes pour la période à venir mais nos marins savent dorénavant mieux que quiconque qu’une telle aventure océanique n’a rien d’un long fleuve tranquille, qu’il n’y a pas d’autres choix que celui d’accepter les conditions telles qu’elles s’imposent à eux là où ils se trouvent.

 

A bord de ce type d’embarcation, le dos rond reste la meilleure répartie que l’on puisse opposer aux éléments pour traverser une zone de contrariétés. La vitesse du bateau exclut toute possibilité de s’extirper d’un mauvais pas même en disposant de la capacité technologique de le voir arriver. Néanmoins, si l’on porte notre regard un peu plus loin, on constate (carte ci-dessous) que du nord au sud de l’Atlantique, nos rameurs se trouvent dans la seule zone de quiétude, juste au-dessus de l’Equateur. 

 

Les tracasseries des uns et des autres restent donc relatives même si cela peut en effet être particulièrement pénible à vivre à bord où l’isolement rend la focale sur le reste du monde très étroite. Même avec les moyens modernes de communication que les marins ont à bord, ils ne savent finalement que très peu de choses et les informations qu’ils glanent au travers des messages et des vacations restent parcellaires. Même les infos que quelques-uns parviennent à capter grâce à leurs récepteur multi-bandes (pour ceux qui en ont) nécessitent d’être décryptées dans ce monde où tout est si différent.

 

Rémy Landier (n°84) et Olivier Montiel (n°7) l’ont bien compris. Après plusieurs jours gagnés par le doute avec de légitimes inquiétudes, ils finissent pas accepter leur sort comme un élément indissociable de leur aventure. Rémy supporte de mieux en mieux les contrariétés qui viennent agrémenter sa navigation. Olivier, de son côté, ne masque pas sa réelle déception en constatant que la réparation de fortune de son câble de téléphone n’a finalement pas résisté mais il en tempère la gravité, bien conscient que ces avaries ne sont pas de nature à compromettre la réussite de la traversée. Il garde le moral malgré tout et continue de soigner ses douleurs dorsales et scapulaires afin de pouvoir repartir à vive allure à la conquête de l’ouest.

 

Mathieu Morverand

Conditions météo sur l'Atlantique
Conditions météo sur l'Atlantique

dim.

16

nov.

2014

Enregistrement PC Course - 07/11/14

Allo?

Pour celles et ceux qui habitent trop loin pour venir aux PC Courses, voici l'enregistrement de la session du 7 novembre 2014 à Saint Georges les Bains.
Une communication satellite pas terrible et un Philippe qui explique la dérive et le safran un peu loin du micro mais une Delphine qui raconte plein de trucs intéressants.
Bonne écoute !

dim.

16

nov.

2014

Il roule et il tangue !

PC Course

Samedi à 10h, nous nous sommes retrouvés pour le PC Course à l'Epervière, au YMCR. Un degrés de solidarité avec Olivier tel que... la salle avait été transformée en pédiluve, faute aux récentes intempéries. Heureusement, l'équipe était à pied d'oeuvre à notre arrivée et avait déjà espongé une bonne partie du sol. Un petit café et nous nous sommes mis au boulot. Enfin, boulot... vous voyez ce que je veux dire.

 

Delphine relatant les remarques d'Olivier quant aux mouvements permanents, non symétriques et selon des schémas jamais identiques du bateau, une voix s'est alors écriée "IL ROULE ET IL TANGUE !"

Et oui, quand on connait les choses de la navigation, on en connait aussi le vocabulaire et c'est tout le bonheur des PC Course au YMCR !

 

Nous avons visionné la vidéo de Guyane 1ere (que vous pouvez évidemment retrouver sur l'onglet Presse/média. On y voit le quotidien de l'équipe qui suite la course et nous abreuve de nouvelles de tous les skippers.

Puis nous avons passé le coup de fil tant attendu à Olivier. La communication était vraiment bonne au départ, un vrai plaisir d'entendre sa voix aussi clairement. Puis l'appli qui tue dégotée par Philippe nous a confirmé que se trouvant entre deux satellites, Grain de Poivre ne pouvait plus délivrer une aussi bonne qualité de communication. Sacré Philippe, il est fort, quand même. Tellement il est fort, il enregistre ce qu'on raconte. (ici le PC Course du 07/11/14)

 

Quelques photos de cette matinée

(Un grand merci à Michel Pachot pour ses photos !)

sam.

15

nov.

2014

J+28 Des choses toutes simples dans la tête

Comme Olivier Bernard, Rémy Landier (n°84) et Olivier Montiel (n°7) sont confrontés à quelques difficultés matérielles. Si le premier rencontre un problème de charge insuffisante de ses batteries qui risque de le contraindre à produire son eau douce de façon manuelle, le second connaît un souci désagréable de perte de qualité de réception de son téléphone satellite sans en connaître la cause. Cette situation l’empêche de recevoir clairement les informations météo ou de tenir des vacations intelligibles. Même si cette défaillance que l’on espère momentanée ne compromet pas le déroulement de sa traversée, cela constitue une tracasserie supplémentaire à gérer. De son côté, Olivier Montiel a brillamment résolu sa panne électrique par une réparation de fortune mais il semble à présent qu’il ait des ennuis pour recevoir ses messages.

 

A l’arrière de la course, les jours ne se ressemblent plus et la mer est enfin devenue conciliante. Cette analyse réjouissante est celle de Gérard Marie qui atteste là de son entrée effective dans ce grand flux qui le conduira comme tous les autres vers la Guyane. A la force d’une détermination qui force l’admiration, il a fini par y arriver à son tour. Toute la flottille est désormais libérée des côtes africaines et fermement engagée dans la traversée au large portée par les Alizés ou en tout cas ce qui y ressemble de plus en plus.

 

425 milles (787 km) plus à l’ouest, Jean Pierre Lassarié mène la course en tête depuis maintenant une quinzaine de jours et devrait bientôt trouver des vents orientés à l’Est, ce qui lui autorisera des options de caps sur un secteur de quasiment 90° d’angle devant lui, ce qui est particulièrement confortable.  Au moment du départ, on aurait pu penser que ces vents d’Est qui étaient déjà présents sur zone ne seraient qu’éphémères et bientôt remplacés par les traditionnels vents de Nord-Est qui dominent généralement à cette période (cf. Pilot Charts). Il n’en est rien et ces vents d’Est sont toujours là. Espérons simplement que cette situation ne soit facétieuse au point de se dérober au-devant des étraves de nos rameurs, ce qui aurait légitimement le don de les agacer, et ceux qui les suivent en même temps.

 

Avec humilité, Jean-Pierre gère son avance  sur Antonio, son poursuivant le plus immédiat (66 milles ce soir) et se dit maintenant « conditionné pour la deuxième mi-temps ». Malgré sa position de leader, il trouve le temps de pêcher la dorade, de la cuisiner et de la consommer séchée ou à la japonaise, une façon de compenser la probable pénurie de nourriture vers la fin de course. Les réserves de vivres embarquées avaient en effet été calculées sur la durée moyenne des précédentes éditions, soit environ 40 jours pour les plus optimistes, 50 pour les autres, mais certainement pas 60 ou plus comme cela risque pourtant d’être le cas.  Du côté de l’organisation, on estime une arrivée du premier rameur un peu avant le 10 décembre, Jean-Pierre pense de son côté qu’il lui faudra encore 4 à 5 semaines avant de couper la ligne d’arrivée devant les îles du Salut. Dans tous les cas, on se rapproche d’une hypothèse à deux mois. Cela signifie-t-il que les skippers devront tous se mettre à pêcher pour terminer leur traversée ? La réponse dépendra évidemment du stock embarqué au départ et bien entendu du temps passé en mer. Certains sont même prévoyants et anticipent déjà leur repas de noël … lyophilisé.

 

Malgré cette inquiétude et les premières ruptures de stock, la philosophie générale est bien meilleure que celle des semaines précédentes à l’image des deux féminines de l’aventure qui font toutes les deux une remarquable course. Au nord, Salomé relate une étonnante relation à l’espace et au temps, ne raisonnant plus qu’en degrés, minutes et secondes au milieu de ce vaste univers aux formes changeantes. Au sud, Catherine nous révèle que pour elle, tout est « calé comme à la maison », ce qui témoigne d’une parfaite harmonie avec les éléments et avec son bateau. Richard lui se régale de ses premières « grandes vacances » dans une tranquillité absolue sans aucun voisin. Seule une bière fraîche lui fait défaut pour être totalement heureux. Mathieu et Gérard savourent maintenant le plaisir de meilleures conditions de mer et n’ont plus maintenant que des choses toutes simples dans la tête, ce qu’ils apprécient particulièrement. Non loin, Patrice Maciel a lui aussi renoué avec un bon rythme qui le réjouit tout comme Didier qui, à la faveur d’un changement d’avirons, a repris de plus belle sa quête du grand sud vers le courant sud équatorial. De leurs côtés, Rémy et Patrice Charlet alias Mc Coy ont retrouvé le moral et sont plus déterminés que jamais à remonter dans le classement. Enfin, Philippe semble tellement serein qu’il annonce le temps d’une vacation sa position au sud des … Açores. Il est vrai que la traversée est à présent tellement bien engagée que nous ne sommes plus à un archipel près, l’important reste surtout de l’avoir dépassé !

 

Nous leur souhaitons à tous, quels que soient leurs motivations ou leurs sentiments, de continuer ainsi à vivre pleinement leur aventure physique et intérieure et de profiter à fond de cette tranche de vie aussi unique qu’éphémère dans l’existence.

 

Mathieu Morverand

Positions, vents et précipitation au 15 novembre

ven.

14

nov.

2014

24/24... that is the question...

Dans le cadre de 24/24 (Kesako 24/24 ?), Olivier et Delphine vont ouvrir leur porte le 19 décembre 2014. Vous allez me dire "Oui, mais bon, le 19 décembre, avec tout ce bazare de course, vous êtes bien sûres qu'il sera rentré au bercail, vot' skipper ardéchois ?!?"

 

Vous savez quoi ? ON EN SAIT RIEN ! Mais on continue quand même à préparer le mois de décembre, ça met du baume au coeur.

24/24 revient

 

Comme nous avons une imagination débordante, un esprit créatif incroyable et que l'apéro fait toujours partie de nos réunions de préparation, nous avons trouvé beaucoup trop de titres pour le 19/12. Et comme vous êtes tous un peu concernés par 24/24, je vous demande votre avis.

 

Alors? On la baptise comment, cette soirée?

Note : veuillez remplir les champs marqués d'un *.

ven.

14

nov.

2014

J+27 Le Mac Gyver des océans

Mac Gyver des océans

L’affaire n’était pas gagnée pour Olivier Montiel et le risque grand de perdre le téléphone satellite grâce auquel il peut recevoir les infos météo et communiquer avec la Terre. Sous l’action conjuguée des mouvements du bateau, de l’air marin et de l’humidité permanente, le câble d’alimentation s’était progressivement détérioré jusqu’à ne plus fonctionner ces jours derniers. Si les marins sont très méticuleux avant le départ, il ne pensent pas pour autant à doubler tous les accessoires et notamment les câbles d’alimentation de leurs appareils électroniques. Mais même au milieu de l’océan, Olivier a su faire preuve d’ingéniosité. Avec les conseils de son ami Philippe, il a réussi à bricoler un branchement digne de Mc Gyver avec simplement quelques cosses et son réchaud à gaz … 

 

Cette réparation de fortune fonctionne pour l’instant et lui permet à nouveau de communiquer sereinement, notamment avec son médecin qui lui prodigue des conseils de soin pour traiter ses douleurs dorsales et scapulaires persistantes.

 

De son côté, Rémy Landier (n°84) continue de voguer aux côtés de Catherine Barroy à quelques milles seulement de distance. A plusieurs reprises hier et aujourd’hui, ils auraient pu s’apercevoir tant leurs bateaux étaient proches. Une telle rencontre après bientôt un mois de mer a toujours quelque chose de magique.

 

Comme le montre la carte ci-dessous associée au calque de la positions des skippers, Remy, Catherine, Patrice (Mc Coy), Philippe et un peu plus loin Olivier Montiel se trouvent dans un courant faible mais favorable orienté au 280. Bien que porteur, ce léger flux ne permet pas de tenir de bonnes vitesses car la zone est marquée par une mer croisée qui rend la progression difficile. Plus à l’ouest, ce même courant oblique vers le sud et contraint Olivier Bernard à légèrement infléchir sa route vers le sud-ouest. 

 

Tous les marins au sud rencontrent eux aussi des courants faibles mais en provenance du sud, ce qui les maintient au nord et contraint notamment Didier Torre à reprendre momentanément un cap à l’Ouest avant de repartir vers le sud à la conquête du courant sud équatorial, sans doute après le 30ème méridien. Avec une certaine admiration, toute la communauté suit de près le déroulement de son audacieuse initiative.

 

A l’arrière, Mathieu et Gérard se sont définitivement libérés des côtes africaines et progressent maintenant à allure régulière. Certes, leur vitesse n’est pas élevée mais pas moins que celles des autres rameurs lorsqu’ils se situaient à la même longitude. La comparaison des positions actuelles avec celles de la semaine dernière montrent que pour eux aussi, la traversée est désormais engagée. Nous leur souhaitons tout le courage nécessaire pour dépasser très prochainement à leur tour la longitude des îles du Cap Vert (25ème méridien).

 

Pour tous ces skippers en queue de flottille, la position pourrait s’avérer moins désagréable qu’il n’ y paraît. En effet, depuis leurs positions en retrait, ils pourront observer avec un recul bienvenu comment leurs collègues aux avant-postes vont intégrer dans quelques semaines la zone de grande complexité à l’approche du courant sud-équatorial. Ainsi, il se pourrait qu’ils ajustent leur route en fonction ce qui se passera devant eux, en choisissant l’option qui se révélera la meilleure.

 

Menés par Jean-Pierre au nord et par Antonio au sud, les 6 skippers aux avant-postes continuent de creuser l’écart grâce à des conditions de plus en plus favorables. Le milieu de la traversée pourrait être atteint dans moins de 10 jours mais le chemin est encore long.

 

Mathieu Morverand

Positions et courant au 14 novembre
Positions et courant au 14 novembre
Avec beaucoup d'ingéniosité, la réparation du câble !
Avec beaucoup d'ingéniosité, la réparation du câble !

ven.

14

nov.

2014

Allo Olivier, Ici Vercheny !

Olivier a rendez-vous tous les jeudi avec les enfants de la Fondation Ardouvin. La classe de l'école Antoine Barnave s'est jointe à eux pour le rendez-vous du 13 novembre. Les enfants sont curieux et s'intéressent particulièrement à l'organisation de la vie à bord du bateau.

 

Allo Olivier ? Ici l'école de Verchny ! Nous sommes le 13 novembre 2014.

 

Est-ce que vous les marins, vous communiquez entre vous ? (Anissa)

Oui, nous communiquons ensemble. Il y a deux jours, j'ai envoyé deux SMS à deux autres marins.

Comment est la météo? (Flora)

La météo est très chaude car il fait 38°C et humide.

Est-ce que ton bateau s'est renversé? (Quentin)

Non, mon bateau ne s'est pas renversé.

As-tu rencontré des animaux marins? (Nathan)

J'ai vu hier une dizaine de dauphins au repas de midi. J'ai vu également des raies

et des daurades géantes.

En quelle position sur l'océan te trouves-tu? (Melvyn)

Je me trouve à 11° 26 min. de latitude nord et 23° 5 min. de longitude ouest.

Est-ce que tu as déjà perdu des rames? (Dosson)

Non, je n'ai n'ai ni perdu, ni cassé de rames.

Comment te sens-tu? (Yasmine)

C'est difficile mais cela va.

Comment fais-tu pour faire tes besoins personnels? (Ryan)

Je fais mes besoins dans un seau et je le vide par dessus bord.

Qu'est-ce que tu manges? (Jeanne)

Je mange souvent du riz et du maquereau en boîte mais aujourd'hui j'ai mangé de

la purée pour varier.

As-tu peur la nuit? (Robin)

Non, la nuit est très agréable car la mer me berce.

 

A la semaine prochaine Olivier !

ven.

14

nov.

2014

Olivier Montiel - Vacation du 14/11/2014

"Allo l'Ardèche, ici l'Atlantique! Olivier Montiel à bord de Grain de Poivre, numéro 07!"

 

Et BIM ! Pour vos beaux yeux (mais surtout vos belles oreilles), la vacation d'Olivier du 14 novembre.

 

(et ne me demandez pas pourquoi on dit vacation pour "coup de fil à un skipper de Rames Guyane", je n'en sais rien. Voilà, c'est dit. Faites donc comme moi, utilisez le mot comme si vous l'aviez toujours fait, avec un peu de désinvolture, du style "c'est l'heure de la vacation avec Mémé Ginette" ou bien "Il est 22h, mon mari n'est pas encore rentré, ça va lui valoir une vacation bien salée !" Vous voyez, c'est facile.)

jeu.

13

nov.

2014

J+26 Le dilemne du Nord ou du Sud

Le dilemne du Nord ou du Sud

Rémy Landier (n°84) et Olivier Montiel (n°7) ont choisi la route du nord en adoptant un cap au 260° vers l’Ouest-Sud-Ouest. Tandis que Rémy semble avoir adopté son rythme de croisière en augmentant chaque jour un peu plus sa vitesse moyenne, Olivier est confronté de son côté à quelques douleurs dorsales et scapulaires persistantes qui l’empêchent de se tenir aux avirons aussi longtemps qu’il le souhaiterait. Grace aux conseils prodigués depuis la terre, il se soigne et espère très prochainement repartir et reprendre son retard. En attendant, il profite pleinement de son expérience et savoure l’immense quiétude que lui confère cet isolement solitaire au milieu de l’océan.

 

On apprend par ailleurs ce soir qu’il est confronté à un épineux problème de câble défectueux qui l’empêche de recharger son téléphone satellite. Il va tenter de résoudre le souci mais il ne dispose pas à son bord de l’outillage requis pour de telles réparations.

 

Pour l’observateur extérieur, la lecture de la carte des positions peut laisser penser à deux, voire trois courses distinctes. Au nord, on trouve l’essentiel de la flottille avec 15 rameurs (dont Rémy et Olivier) filant vers l’ouest en quête de la fuyante orthodromie, cette route la plus courte entre Dakar et la Guyane. Au milieu, Antonio, le seul skipper castillan tente une route médiane tout en préservant son gain vers l’ouest. Au sud, fidèle à son objectif des premiers jours, Didier le Pont-l’Abbiste a délibérément choisi une route au plein sud et maintenant au sud-ouest pour tenter d’attraper le puissant courant sud-équatorial qui déchire tout l’Atlantique d’Est en Ouest au niveau de l’Equateur avec des vitesses avoisinant parfois les deux nœuds.

 

L’influence de ce courant sur ces petits bateaux est nettement supérieure à celle des modestes courants rencontrés jusqu’alors dans les eaux cap-verdiennes. L’intérêt de naviguer dans cette masse d’eau en mouvement ne souffre d’aucun doute pour quiconque voudrait traverser dans ce sens d’autant plus que les vents qui la balaient portent également vers l’ouest.

 

A ce jour, Didier se trouve entre le 7ème et le 8ème parallèle et a déjà parcouru 560 milles vers le sud-ouest. 350 milles environ le séparent encore de ce courant providentiel présent dès la latitude 3°N. S’il poursuit à sa vitesse actuelle, il pourrait l’atteindre dans approximativement 15 jours, soit vers le 28 novembre prochain. Lorsqu’il abordera cette veine dont la frontière peut s’avérer très franche voire même un peu agitée, il devrait à priori ressentir immédiatement les effets de ce véritable ascenseur océanique et partir bien plus rapidement vers la Guyane. Toute l’incertitude de ce pari particulièrement osé et tout à fait inédit dans les annales de l’épreuve réside justement dans l’influence que ce courant aura vraiment sur le bateau et sur la capacité de son rameur à l’atteindre face à des vents orientés au sud-est au moins jusqu’au 32ème méridien. La route que Didier suit actuellement semble précisément viser cette zone de contact. Si Didier y parvient et si ce courant le porte à la vitesse escomptée, il pourrait remonter bien plus vite que les rameurs du nord qui seront eux confrontés à un délicat exercice de slalom entre des zones de courants défavorables.

 

Le dilemme du choix d’une route au nord ou d’une route au sud trouvera donc son épilogue vers la fin novembre. Si Didier réussissait son pari, nous n’aurions plus qu’à nous incliner devant sa détermination et son extraordinaire opiniâtreté.

Nous lui souhaitons de tout cœur que son audacieuse tentative porte des fruits.

 

Mathieu Morverand

mer.

12

nov.

2014

J+25 Un contexte météo presque figé

Un contexte météo presque figé

Lors des dernières 24 h, les rameurs ont gagné vers l’ouest entre 42 minutes pour les plus au large et 28 minutes au milieu et à l’arrière de la flottille, soit un écart de 14 minutes ou près de 13 milles à cette latitude (environ  24 km). On peut pour partie attribuer cette différence significative aux positions respectives des rameurs. Les plus au nord-ouest bénéficient des vents les plus établis et les mieux orientés comme en attestent la carte ci-dessous.

 

Pour autant, il faut reconnaître que la vitesse aux avants postes ne s’explique pas que par une meilleure position et des conditions plus favorables mais aussi sans doute par la bataille que se livrent Jean-Pierre et ses plus immédiats poursuivants ; la bande des 4 inséparables au nord ainsi qu’Antonio le madrilène au sud. Les écarts restent quasiment identiques entre l’échappé solitaire et ces cinq-là. Par ailleurs, si les vents deviennent peu à peu favorables, les courants restent pour l’heure assez faibles et leur aide très modeste, ce qui tranche singulièrement avec ceux que les marins rencontreront dans quelques semaines en se rapprochant des côtes américaines. Mieux vaut donc cette année ne pas trop compter sur ce flux océanique et penser qu’il soit possible de se laisser tranquillement porter d’une rive à l’autre de l’océan à la dérive. Les îles du Salut se livreront d’abord aux rameurs les plus assidus.

 

Rémy Landier (n°84) et Olivier Montiel (n°7) ne sont pas aussi pressés et profitent de leur traversée pour vivre à fond leur aventure intérieure, sans se soucier réellement de ce qui se passe autour d’eux. Leur voyage initiatique leur offre à présent plus d’instants heureux que de moments pénibles même si ces vents de nord-est et cette mer croisée qui n’en finit plus de les ballotter continue de mettre leurs nerfs à rude épreuve.

 

Ce contexte météorologique paraît presque figé et aucun vent d’est ne semble pointer à l’horizon quelques que soient les sources utilisées. Le vent de nord-est devrait osciller entre 10 et 15 nœuds au moins jusqu’au dimanche 16. Il ne reste plus qu’à espérer que les bonnes vieilles « pilot chart » (carte ci-dessous) de novembre disent vrai pour la zone à l’ouest de la longitude du Cap Vert.

 

Mathieu Morverand

Pilot chart novembre
Pilot chart novembre
Positions, vents et précipitation au 12 novembre
Positions, vents et précipitation au 12 novembre

mar.

11

nov.

2014

J+24 Des ressources insoupçonnées

Au fil des milles, les skippers, même les moins aguerris, ont peu à peu réussi à faire corps avec leur bateau, en anticipant chacun de ses mouvements selon la force et la forme des vagues rencontrées, en acceptant les travers de cette carène pataude et en exploitant la moindre des occasions pour optimiser la glisse. Si ces occasions ont été rares lors des 20 premiers jours de course, on sent poindre à l’horizon depuis quelques jours des signes encourageants. Les vitesses augmentent à l’avant comme à l’arrière de la flottille et les caps sont beaucoup plus francs.

 

De son côté, Olivier Montiel, l’ardéchois (n°7), maîtrise de mieux en mieux son « Grain de Poivre », le cadet de la flottille, et se sentirait presque l’âme d’un coureur d’océan, lui le marin d’eau douce des rives du Rhône qui n’avait jamais goûté aux embruns du Large avant de s’embarquer dans la traversée. Et pourtant, comme d’autres avant lui par le passé, il a fini par s’accoutumer à cet environnement et à cette situation inédite, seul sur l’océan, vacant à la vitesse d’un modeste marcheur à la merci des vents et des courants. Il relativise ses petits tracas physiques ou matériels et analyse son quotidien avec lucidité, il s’amuse de cette escorte permanente de dorades aux couleurs vives et aborde chaque nouvelle journée comme elle vient sans vraiment se soucier ni de la course ni de la position des uns et des autres. Il se réjouit de quelques minutes d’arc gagnées sur une  grille virtuelle et se plait à soigner ses réglages de mieux en mieux. Il sait que le chemin est encore long et sans doute semé de nouvelles embûches mais il en faudrait plus désormais pour l’inquiéter, il reste serein et pressent la suite de son voyage comme l’occasion de nouvelles aventures intérieures dont il se régale.

 

Il faut au moins çà pour supporter ce cadre de vie spartiate, humide voir trempé, glissant et moite, salé à souhait et constamment balloté d’un bord à l’autre, de nuit comme de jour. Rémy Landier (n°84) s’étonne lui-même de réussir à surmonter ces conditions, à se fondre corps et âme  chaque jour un peu plus à cet environnement pourtant hostile. Lui l’aventurier des montagnes découvre là de nouvelles ressources humaines qu’il ne soupçonnait pas avant de partir vers l’horizon. Il se réjouit des contacts satellite quotidiens ou de la visite du bateau d’assistance venu hier lui rendre visite, mais il prend maintenant plaisir à retrouver sa solitude de marin du Large avec ses petites habitudes et sa relation intime avec le milieu. Lui aussi aura appris à apprivoiser son embarcation, à en surpasser les limites et à trouver le juste dosage d’effort à fournir pour le faire avancer comme il veut, ni plus ni moins.

 

Les rameurs franchissent les uns après les autres la longitude des îles du Cap Vert mais ils n’en ont pas pour autant terminé avec les turpitudes de l’océan. Certes le vent de Nord-Est qui sévit encore et toujours devient franchement Est-Nord-Est au-delà du 25ème méridien mais il faudra alors ébaucher une route idéale pour viser un passage forcément étroit à travers ce dédale de courants et de contre courants puissants et leur cortège de zones de convergence particulièrement agitées. La partie s’annonce pour le moins sportive et le sort de la course pourrait s’avérer moins scellé qu’il n’y paraît aujourd’hui selon les options qui seront choisies dans les prochains jours. Il reste bien difficile à ce jour de pronostiquer une date probable d’arrivée et plus encore de connaître l’effet précis qu’auront ces courants sur la route de nos petits bateaux. La force de ce flux sud équatorial n’a rien à voir avec les courants modestes rencontrés jusqu’alors par les marins au large des côtes sénégalaises. Nous ne disposons que de notre expérience des précédentes éditions pour s’en faire une vague idée, mais jamais, nous n’avons rencontré une telle configuration avec une zone de courants aussi étendue et des orientations aussi inhabituelles, contraires par endroits à la route des rameurs.

 

La suite de la traversée promet d’être passionnante tant pour les marins que pour tous ceux qui les suivent.

 

Mathieu Morverand

mar.

11

nov.

2014

Olivier Montiel - Vacation du 11/11/2014

Comme vous le savez probablement, les organisateurs de la course passent des petits coups de fil réguliers à chacun des skippers pour prendre la température, si je puis m'exprimer ainsi. Ces coups de fil sont soigneusement enregistrés, aussi je ne rate pas cette occasion de vous partager la première vacation d'Olivier avec vous.

Au passage, un grand merci à JP, grand maitre gourou du relai des infos de Rames Guyane.

lun.

10

nov.

2014

J+23 « Au milieu de nulle part entouré de silence »

Empruntée à Mathieu Martin, à bord de Lilo, cette expression traduit merveilleusement bien ce que ressentent les marins lorsque la journée se termine et que la mer se calme, octroyant ce moment de profonde plénitude à contempler cet univers  et à savourer le privilège d’être là, de cette façon si particulière. Depuis leurs positions au milieu de nulle part, les marins regardent le monde dans le prisme de leurs souvenirs, un océan de pensées traverse leurs esprits tourmentés par tant d’intensité et de réflexion. Ils sont heureux d’être là, de ressentir ce que nulle autre expérience leur permettrait de vivre.

 

Au 23ème jour de mer, la flottille profite enfin de conditions favorables qui permettent de faire route à l’ouest sans se battre obstinément contre ces vents du nord qui ont tant compliqué ce début de traversée. Mais cette quête de l’ouest est-elle bien la solution ? Et Si Didier, le breton évadé vers le grand Sud avait raison ? A lire la carte des courants ci-dessous extraite des données globales Mercator (http://bulletin.mercator-ocean.fr ), le doute est permis.

 

L’océan qui se profile au devant des étraves de nos marins du Nord s’annoncent pour le moins perturbé, brassé par un enchevêtrement inextricable et chaotique de courants dans tous les sens. Le flux sud équatorial est bien plus large devant les côtes guyanaises qu’il ne l’était en février et mars 2012. Son intensité génère des phénomènes de contre-courants tout aussi puissants. Seule la voie du sud, juste au-dessus de l’équateur paraît linéaire d’Est en Ouest sur toute la largeur de l’Atlantique. Au nord, il est difficile pour l’heure de déterminer un cheminement idéal tant les options paraissent toutes tôt ou tard confrontées à des courants défavorables.

 

Pour l’heure, Rémy Landier (n°84) et Olivier Montiel (n°7) poursuivent leur échappée vers l’ouest pour s’extirper définitivement de l’attirance des eaux côtières. Ils n’auront le sentiment d’y être parvenus que lorsque la longitude de l’archipel du Cap vert, au-delà du 25ème méridien, sera franchie. Encore quelques jours de mer les attendent avant d’y parvenir. De là, ils ébaucheront de nouvelles stratégies de route vers la Guyane à travers l’immensité du Grand Large.

 

Mathieu Morverand

10 novembre
Positions et courant au 10 novembre

sam.

08

nov.

2014

J+21 Tout l'océan se réveille

Tout l'océan se réveille

Au 20ème jour de course, la flottille occupe déjà une zone de plus de 4 degrés de longitude d’Ouest en Est et près de trois de latitude du Nord au Sud, chacun confirmant les stratégies mises en place au fil des jours de navigation. L’équipe du nord poursuit sa route parallèle à l’orthodromie tandis qu’au sud, Antonio et Didier tentent le pari osé de flirter avec la zone intertropicale de convergence en profitant de son flux d’est sous un ciel voilé. Cette option pourrait se révéler judicieuse si  la ZIC restait sous les latitudes actuelles d’autant que la configuration très particulière du courant sud-équatorial cette année devrait obliger la flottille à une approche plutôt par le sud si la situation devant la Guyane demeure en l’état actuel. Cela permettrait aux sudistes de naviguer l’essentiel de la traversée au portant. Le seul risque serait de voir la configuration de vents de Nord-Est rencontrée par les marins en 2012 s’établir plus tôt que prévu sur la zone, notamment à la faveur d’une descente générale de la ZIC sous l’Equateur.

 

D’autres ont préféré opter pour une bouée fictive à virer située approximativement au N 04° 50’ – W 50° afin d’appréhender la ligne d’arrivée avec une large marge de manœuvre. Ils feront de cet objectif transformé en « Waypoint » (position enregistrée sur le GPS) leur cap à suivre dès la longitude des îles du Cap Vert franchie. Ce passage symbolique entre le 23ème et le 25ème méridien est vivement attendu par tous les skippers qui aspirent à s’installer enfin dans ce que Jean-Pierre qualifie de « routine » du Large tant les conditions qu’il rencontre lui paraissent maintenant favorables. Malgré sa position de leader, il garde le souvenir de son départ laborieux et mesure donc d'autant mieux le plaisir de cette navigation quasiment  dénuée du risque de marche arrière. Le fait d'être en tête et de conserver son avance conforte son bonheur même si il relativise cette notion de course. Comme Salomé, Olivier B et d’autres, il s’émerveille des univers qu’il traverse avec  son frêle esquif, l'océan entier semble à ses yeux se réveiller, la faune qu’il entoure devient de plus en plus présente et le fascine autant qu’elle le surprend par son authentique grâce.

 

A l’instar d’Olivier Montiel, chacun mesure pleinement sa fragile condition d’être humain au plus fort de ses émotions lorsqu’il s’agit par exemple d’immerger son corps pour nettoyer sa coque, laissant ses jambes flotter au-dessus d’un vaste monde de plusieurs kilomètres de profondeur grouillant de vie. Difficile depuis la côte de bien appréhender là où se trouvent ces marins, de jauger le niveau d’intensité de ce que leurs sens perçoivent en permanence,  d’apprécier les proportions des espaces qu’ils parcourent qui sont de nature à donner le vertige à quiconque s’aventurerait à les mesurer. Derrière les petites illustrations qui évoluent lentement sur l’écran bleu, se trament de véritables aventures intérieures pour chacun des marins, nul d’entre eux n’en sortira indemne, quoique leur pudeur ou leur fierté puissent laisser transparaître. Tous ceux qui l’ont vécu, sans exception, ont fini par reconnaître non sans une grande émotion, le caractère profondément intrusif de ce type d’expérience. Le monde pour tous ces marins ne sera résolument plus le même après.

 

Même les quatre mousquetaires  du nord qui mènent une bagarre passionnante à la poursuite de Jean-Pierre trouvent le temps de la contemplation. Dans ces moments, les petits tracas deviennent secondaires, tous ont appris à faire corps avec la mer plutôt de lui opposer une vaine résistance. En ces lieux, l’esprit est bien plus utile que la force. Rémy Landier l’a bien compris et relativise ses conditions de vie spartiates et difficiles, baignées dans une atmosphère moite et humide en permanence.

 

Mais c’est à l’arrière de la flottille qu’il convient de décerner la palme de la combativité, à ceux qui voient leur compagnons s’évader à la faveur de meilleures conditions tandis qu’ils luttent toujours de leur côté contre ces vents persistants de nord-nord-est. Gérard, dans le sillage de ses amis, a retrouvé le moral, sa bonne humeur réjouit tout le petit monde de la course qui aspire à le voir enfin gagner le large à son tour. A présent, il ne voit plus les lumières de la côte ni même le halo qui l’inquiétait la nuit mais simplement le clair de Lune sous lequel il prend plaisir à naviguer. Il admire le vol des oiseaux qui lui ouvrent les portes du Large et observe ébahi le ballet des dorades coryphènes.

 

Les conditions météo pour la période à venir semblent se maintenir avec des vents modérés (8 nœuds) orientés au nord à l’est de la zone et établis nord-est à 12 nœuds à l’ouest de la zone.  Au sud, les rameurs pourront trouver un vent oscillant faible avec une houle résiduelle de nord-est. Le ciel pourra être couvert au sud et à l’ouest. Les conditions restent très favorables au-delà du 25ème méridien.

 

Quelques que soient désormais les options retenues, l’échiquier de l’épreuve semble peu à peu se mettre en place aux portes du grand Large mais à 20 jours du départ et à plus de 1700 milles de l’arrivée, toutes les hypothèses restent encore possibles.

 

Mathieu Morverand

Positions au 8 novembre
Positions au 8 novembre

sam.

08

nov.

2014

Un PC Course qui voit GRAND !

PC Course

Les amis, quelle bonheur de vous avoir vus au PC Course de vendredi dernier ! Merci à la mairie de St Georges nous avoir prêté la grande salle communale, ce qui nous a permis de discuter des choses de la traversée sans pour autant être empilés comme des macros dans une boite de sardines. Et je pèse mes mots.

 

Famille, amis, voisins, presse locale, conseillers municipaux, pfiooouuuu, y'en avait, du beau monde pour venir prendre des nouvelles d'Olivier !

 

Marc et Mathieu, les routeurs d'Olivier, n'ont pas pu se joindre à nous pour des raisons de préparatifs intensifs du Marathon des Gorges de l'Ardèche qui a lieu dimanche. L'Ardèche est en crue depuis les fortes pluies des derniers jours et il faut surveiller le niveau de la rivière comme du lait sur le feu pour que cette 30e édition puisse bien avoir lieu.

 

Un petit recap' pour ceux qui n'ont pas pu se joindre à nous :

- Nous avons parlé de la Fondation Robert Ardouvin et de son partenariat avec Grain de Poivre (voir aussi l'article dédié sur ce site).

- Delphine nous en a mis plein la vue, elle masteurise la météo marine presque aussi bien que Mathieu, à présent !

- Philippe nous a fait une petite séance de mime. J'avoue qu'il fait la dérive et l'étrave comme personne. Ben du coup, tout le monde a compris ce que c'était.

- Olivier a passé un bout de journée à l'eau pour nettoyer la carène (le dessous, quoi) de son bateau et nous a gratifié d'une petite photo rigolote (ci-dessous).

 

Notre champion, une fois au téléphone, nous a raconté souffrir encore un peu du dos mais qu'il en voyait le bout. Ce sont les brulures sous les bras (dues à son t-shirt imbibé de sel) qui l'escagassent le plus en ce moment. Alors il a tombé le haut et rame torse nu. Un peu radical, mais efficace. Il raconte également que son corps se met à ramer automatiquement à présent. En bonne voie pour la rame méditative, en quelques sortes.

 

Puis nous avons partagé un verre, quelques pizzas, des toasts à la Vache qui rit (en soutien à Olivier qui en mange 3 par jour) mais les avons tout de même agrémentés de Crudispir apporté par Olivier de Spirales de lux (fournisseur officiel d'Olivier en spiruline 100% drômoise).

 

Une bien belle soirée. Prochain rendez-vous samedi 15 novembre à l'Epervière à 10h !

Ou vendredi 21 à St Georges. Voire les deux, ne vous sentez pas obligés de choisir.

ven.

07

nov.

2014

I have a dream.

breve

Ma maman (qui suit cette course très attentivement, je lui fais un bisou au passage, tient) m'a toujours dit de ne pas raconter mes rêves à n'importe qui mais:

1. Vous n'êtes pas n'importe qui,
2. Ca va vous faire marrer.

Donc, devinez de quoi j'ai rêvé ? Ben oui, de bateaux.

Alors c'était un moment hors course, tout le monde se retrouvait dans un pré un peu en dévers (faut-il vous rappeler qu'ici, c'est l'Ardèche...) et tous les skippers arrivaient les uns après les autres sans grande organisation générale. Les bateaux étaient rangés un peu comme les premiers skippers avaient jugé pratique mais une fois que tout le monde arrivait, c'était un peu la pagaille.

Rémy s'était installé dans un coin du champ, peinard, il attendait les autres. Moi, j'étais au volant du Path Finder (aka "Le Tank") qui tractait la remorque et Grain de Poivre. Et comme je dois avoir un peu d'ambition, je me suis dit que j'allais faire une manoeuvre pour garer la remorque à c*l (en bataille, c'est plus poli, mais bon, les souvenirs du permis de conduire, pfff, c'est loin) pour mettre Grain de Poivre à côté du bateau de Rémy.

Or, il se trouve que le bateau d'Antonio de la Rosa était garé de manière perpendiculaire et que la manoeuvre s'avère (soyons honnêtes) complètement impossible. Mais moi, j'essaie quand même, j'avance le véhicule au max, jusqu'à me retrouver SOUS le bateau d'Antonio ! Au bout d'un moment, j'arrête parce que le pare-choc est contre le bateau suivant.

Je descends de la voiture, salue Antonio qui me répond en espagnol (malaise, je ne parle pas un foutu mot de cette langue...) et m'en vais contempler le résultat de mon oeuvre.

Bon, la carotte orange est à 45° perpendiculaire devant la carotte blanche, c'est un échec complet.

Le temps que je me demande comment rectifier le tir, tout le monde a décidé de repartir s'installer plus loin.

 

Belle journée à vous et à ce soir à St Georges pour le PC Course à 19h !

C'est à la Maison pour Tous, dans le centre du village.

Anaïs

jeu.

06

nov.

2014

Allo Olivier, ici le village d'enfants de Vercheny

Fondation Ardouvin

Aujourd'hui, les enfants de la Fondation Ardouvin ont passé un coup de fil à Olivier. Qui était le plus content, Olivier ou les enfants ? Les 2 ! Olivier étaient ravi des nombreuses questions des enfants et les enfants, trop content d'appeler au milieu de l'océan atlantique !

 

Quelques unes des questions-réponses qu'ils ont éhangé :

Bonjour ça va, tu n'as pas froid dans le vent ?

Non, il fait très chaud, 39°. Mais avec le vent, la température ressentie est d'environ 30°.

J'espère que tu ne vas pas tomber dans l'eau !

Pas de risque, je suis attaché avec ce qu'on appelle un liche, c'est comme une laisse ! Et actuellement, la mer est calme, les vagues ne sont que de 2ou 3 mètres !

 

Est-ce que tu as encore mal au dos ?

Oui, j'ai encore très mal au dos, je prends les médicaments, et je fais beaucoup d'étirements. Mais j'ai encore un bras qui marche ! Plus sérieusement, j'espère que cela va finir par passer car c'est très douloureux.

 

Comment va ton moral ?

J'ai un bon moral, du fait de ma douleur au dos je prends le temps de bien faire connaissance avec le bateau.

Quelle heure est-il ?

Il est exactement 13h10 en temps universel. Donc chez vous il doit être14h10.

Qu'est-ce que tu manges ?

Alors ce midi, j'ai mangé du riz avec des champignons, des filets de maquereaux aux aromates, une vache qui rit et … mais ou est mon dessert ? C'était un plaisir que de pouvoir mangé une crème Mont Blanc en dessert, mais je ne la trouve plus... Elle est peut être passée à l'eau, tout à l'heure il y a eu une grosse vague. Bon tant pis pas de dessert aujourd'hui !!!

Comment tu vas faire pour remonter sur la ligne ?

Cette ligne dont tu parles, est une ligne imaginaire. Elle s'appelle l’orthodoxie. C'est le chemin le plus cout pour se rendre d'un point à un autre de la surface du globe.

Il faut que vous regardiez sur la carte plutôt la ligne rouge qui descend au départ puis qui longe la ligne de l'équateur. C'est de cette route dont j'essaye de me rapprocher.

 

 

Les enfants de la fondation Ardouvin accompagnent Olivier dans sa traversée de l'Atlantique. Pour cela, ils lui ont confié un objet qu'ils ont réalisé eux même pour l'occasion. C'est un objet transitionnel, qui fait le lien entre leur village Vercheny, Dakar, le départ de la traversée et Cayenne, l'arrivée. Cet objet contient 2 sacs de sable de Vercheny et 2 reservoirs vides. Olivier a versé le sable de Vercheny sur la plage de Dakar, il a ensuite rempli le sac avec du sable de Dakar et le premier réservoir avec de l'eau de Dakar. Il renouvelera l'opération à Cayenne à son arrivée. En attendant, l'objet a trouvé sa place à bord du bateau d'Olivier.

 

Les enfants de la Fondation ont pris RV avec Olivier pour un nouvel appel téléphonique jeudi prochain. Une classe de l'école publique de Vercheny se joindra à eux.

jeu.

06

nov.

2014

J+19 Le méridien du Cap Vert en approche

Le méridien du cap vert

Pour Jean-Pierre, en tête, c’est déjà fait, il vient de franchir les longitudes des îles de Sal, Boa Vista et Maio qui marquent la ceinture orientale de l’archipel du Cap Vert. Demain matin, après une nuit porté par des conditions favorables, il aura probablement dépassé la grande île de Sao Tiago (Praia). Ce passage sous l’Archipel marque la réelle entrée dans la Traversée de l’Atlantique. Au-delà, c’est le grand large qui attend les skippers jusqu’aux côtes d’Amérique du Sud.

 

Dans son sillage, toute la flottille à sa poursuite aspire à vivre rapidement à son tour ce passage symbolique du Cap Vert et entrer enfin dans le vif du sujet. Lors de la précédente édition en 2012, au 8ème jour de sa traversée, Marc Chailan se situait approximativement sur la zone où se trouvent aujourd’hui Rémy Landier (n°84) et Olivier Montiel (n°7) après  10 jours de mer et 19 jours de course. Sa vitesse observée alors était de 1,6 nœuds en moyenne sur 24 h alors que l’on enregistre environ 1,3 nœuds sur la même période cette année. Les conditions ne sont donc pas encore tout à fait optimales même si on ne compte en fait que deux jours seulement de retard depuis que Rémy et Olivier ont réellement quitté la côte (le 28 octobre). On constate aussi sur la carte ci-dessous du 31 janvier 2012 (quelques jours après le départ de l’édition 2012) que les champs de vents étaient sensiblement identiques à la situation actuelle, voire moins favorables au large. Les conditions que rencontrent maintenant les rameurs paraissent donc se rapprocher sensiblement des conditions normales de traversée sous ces latitudes.

 

Comme l’indiquait ce soir Rémy, le vent est désormais plus au nord-est qu’au nord et la houle semble également prendre une orientation plus au sud-ouest qu’au sud, ce qui offre le confort d’une première navigation au largue, voire au grand largue pour les plus à l’Ouest. Avec des caps proches du 270°, l’essentiel des distances parcourues s’effectue désormais davantage à l’ouest qu’au Sud.  Tous ces indicateurs constituent des signes encourageants mais il faudra encore un peu de patience et de vigilance avant de se réjouir et de se concentrer pleinement sur le cap des îles du Salut.

 

Mathieu Moreverand

mer.

05

nov.

2014

Allo, Olivier ? Tu fais quoi, là ?

Ben... il rame, notre Olivier. Il en parlait à Christian Opéron de France Bleu Drôme Ardèche, lundi dernier. Et si vous n'avez vraiment pas eu l'occasion de l'écouter en direct, voici la séance de rattrapage!

mar.

04

nov.

2014

J+17 Etonnante ZIC

Après une courte nuit passée pour partie à ramer afin de gagner dans l’ouest, Rémy Landier (n°84) et Olivier Montiel (n°7) ont eu la surprise de trouver ce matin un ciel gris. Ils auront donc moins subi aujourd’hui cette chaleur accablante qui les assaille sans relâche depuis le départ. Excepté ce ciel changeant, la journée s’annonçait identique à la veille ; longue et interminable lutte pour tenir l’étrave du bateau vers l’ouest contre ces satanés vents du nord et cette mer croisée.

 

Mais c’était sans compter sur une surprise comme seul l’océan peut en offrir au détour des Alizés.

 

En début d’après-midi, le téléphone se mit à sonner en Ardèche. Au bout du fil, Rémy, avec sa voix des grands jours, nous annonçait que la situation qu’il était en train de vivre le laissait pour le moins perplexe. Non seulement, le vent du nord avait disparu, mais il semblait alors pouvoir adopter un cap au 300 légèrement aidé par un souffle en provenance cette fois du Sud-Est ... Après vérification (voir carte ci-dessous), son cas ne semblait pas isolé, plusieurs skippers positionnés sous N 12° 30" avaient eux aussi sérieusement redressé leur route.

 

Quelle est l’origine de ce changement de vent ? Serait-ce un coup de cette étonnante ZIC ?

 

Calée entre les anticyclones des Açores au Nord et celui de Saint Hélène au Sud, cette Zone Intertropicale de Convergence se balade au fil des saisons entre les latitudes Nord 12° et Sud 5° et génère un flux d'Est en Ouest au sud des Alizés.

Selon la description que Rémy nous fait, le ciel au-dessus de lui est couvert et il pense même distinguer de gros cumulus annonciateurs de grains. Son baromètre affichait ce soir 1015 hPa, en baisse, et il a entendu des orages dans le Sud.

Cela serait-il la signature de ces ondes tropicales qui se forment au large de l'Afrique d'avril à novembre ? Ces ondes sont porteuses d'une forte activité convective et orageuse. Sur la carte ci-dessous du National Weather Service (NOAA - www.nhc.noaa.gov ), on distingue assez nettement la zone de convergence.

 

La ligne verticale rouge en pointillés entre le 30ème et le 45ème W serait une ligne d’orage. Ce phénomène complexe peut mener à la formation de cyclones tropicaux dont la saison 2014 s'étire du 1er juin au 30 novembre 2014, selon la définition de l'Organisation météorologique mondiale. Nos marins arriveront après cette période mais il convient malgré tout de veiller à ces grains orageux qui peuvent survenir au cours de la traversée.

 

Pour l’heure, Rémy Landier et Olivier Montiel (n°7) comptent bien profiter de cette aubaine pour faciliter leur progression vers l’ouest d’autant plus que nul ne sait si ces vents porteurs constituent un phénomène furtif ou quelque chose de plus durable. Dans le doute, il vaut mieux ne pas laisser filer cette opportunité.

 

Nous verrons bien demain si la nuit aura été aussi  porteuse que les espoirs suscités par ce changement inattendu.

 

Mathieu Morverand

lun.

03

nov.

2014

J+16 Une évasion par l'ouest

Une évasion vers l'ouest

Nous focalisons tous sur la position des rameurs que nous suivons plus particulièrement, c’est légitime.

Mais à force, on en louperait presque la lente mais bien réelle évasion qui est en train de se jouer furtivement par l’Ouest. Il semblerait bien en effet que Jean-Pierre et Didier se fassent discrètement la belle aidés par la douce complicité des éléments qui commencent enfin à devenir des alliés pour eux. Derrière, on pourrait se dire qu’ils ont eu la chance, mais soyons plutôt francs jeux et reconnaissons que ces deux-là le méritent bien. Ils font partie de cette équipe d’évadés des toutes premières heures, et n’ont eu de cesse de lutter avec courage et détermination contre des conditions qui invitaient davantage à la déprime qu’à l’espoir. Il s’en est fallu de peu avant qu’ils ne soient ramenés vers les côtes de la Gambie ou de la Casamance, et pourtant, ils se sont accrochés vaille que vaille et ont su saisir la moindre opportunité pour grignoter de l’ouest, minute après minute.

 

C’est le sort heureux, espérons-le, de tous ceux dans leur sillage qui y croient aussi et qui sont prêts, comme au premier jour, à tout donner pour trouver à leur tour le vent du Large.

Pour cela, la carte ci-dessous, qui mêle positions, vents (Grib) et courants (Mercator) révèle qu’il faudra encore un peu de persévérance pour Rémy Landier (n°84) et Olivier Montiel (n°7) même si les conditions semblent s’améliorer progressivement.

 

La mer reste toutefois pénible, même lorsque le vent faiblit, et il leur est difficile de conserver leur route vers l’ouest.

Les distances parcourues sont importantes mais ils gagnent davantage au sud qu’à l’ouest.

Peut-être la zone de courants favorables située juste devant eux les aidera t-elle à infléchir leur route pour en profiter à leur tour.

Souhaitons que les courants les emportent enfin dans le sens du vent !

 

Mathieu Morverand

Positions, vents et courants au 3 novembre
Positions, vents et courants au 3 novembre

dim.

02

nov.

2014

J+15 Voir loin pour mieux comprendre

Voir loin pour  mieux comprendre

Ce soir, Mathieu nous explique sa stratégie.

 

Voilà 15 jours que nous annonçons la présence des vents des Alizés au Large et pourtant, malgré les efforts quotidiens des rameurs, on ne les sent toujours pas emportés par ce flux. A bord comme à terre, on peut alors légitimement avoir quelques difficultés à comprendre la situation. Pour bien réaliser ce qui se passe, voici ci-dessous une carte extraite du site de l’organisation avec la position des skippers relevée à 17 h sur laquelle a été ajouté le calque des vents extrait des données GRIB pour le même jour à la même heure.

 

Ce document montre clairement que ces vents du nord parfois du Nord – Nord / Ouest n’affectent que la zone où se trouvent actuellement les rameurs et plus encore la zone côtière du Sénégal où la situation n’a guère évolué depuis la semaine dernière. Les skippers les plus à l’ouest rencontrent déjà des vents de Nord – Nord / Est qui gagneront de plus en plus le secteur EST au fil de leur progression comme le montre la carte. On remarque d’ailleurs une corrélation assez marquée entre la ligne de foi des différents bateaux et le sens du vent où ils se trouvent. La lecture de la zone globale nous révèle un contexte de deux masses de vents antagonistes, l’une venant du nord au-dessus du 10ème parallèle et l’autre venant du sud sous le 5ème parallèle. Ces deux masses s’annulent dans une zone de convergence comprise entre ces deux parallèles et semblant s’ouvrir à partir du 23ème méridien avec des vents alors orientés de l’Est vers l’Ouest.  

 

Les rameurs ont-ils tous connaissance de ce contexte ? Au regard des trajectoires observées, on peut deviner des choix de navigation pris en connaissance de ces conditions. Partir au sud-ouest dans le contexte actuel ne paraît pas en effet comporter autant de risques que si toute la zone à l’ouest jusqu’aux côtes américaines était balayée par des vents de nord-est, comme en février 2012. En admettant que les trajectoires actuelles puissent être prolongées devant eux, on peut anticiper des positions à venir dans des zones de vent plus favorables même si cela les porte aux alentours du 10ème parallèle.

 

Cette analyse reste toutefois délicate car cela se fonde sur une situation figée à la date d’aujourd’hui qui n’est évidemment pas la réalité de la traversée et des semaines à venir. Rien nous certifie que la situation ne va pas évoluer différemment. Les 7 jours de visibilité météo dont nous disposons ne sont pas suffisants pour garantir aux skippers que la situation actuelle ne va pas changer, bouleversant ainsi les éventuelles stratégies. S’éloigner de l’orthodromie (ligne jaune matérialisée sur la carte et représentant la route la plus directe) comporte donc bel et bien un risque, notamment si les vents venaient à s’orienter plus au Nord-Est qu’à Est. Si les marins atteignaient dans ce début de course le 10ème parallèle, la marge de manœuvre deviendrait restreinte car ils ne disposeraient plus que de 5° de latitude pour couvrir l’essentiel de la traversée jusqu’à l’arrivée située sur le 5ème parallèle.

 

De leurs côtés, malgré une mer formée et déjà quelques frayeurs au passage des déferlantes qui leur sont latérales (par tribord), Rémy Landier (n°84) et Olivier Montiel (n°7) tentent de conserver une route le plus à l’ouest possible mais c’est un exercice inconfortable et épuisant. On comprend qu’il leur soit tentant d’abattre et de naviguer dans le sens du vent mais l’effet est alors immédiat, leur route réelle plonge quasi instantanément dans le sud.

 

Il nous faut donc tous les arguments objectifs et tout le soutien de leurs proches pour les encourager à maintenir à tout prix leur route vers l’Ouest plutôt que vers le Sud. Comme leurs collègues en tête qui les distancent d’une centaine de milles, ils se rapprochent lentement mais sûrement de ces zones où ils pourront savourer le plaisir de conditions de navigation au portant et considérer ces premières semaines de course comme une épreuve vécue dont ils peuvent d’ores et déjà être fiers. Nul doute que l’on se souviendra longtemps dans les annales de l’épreuve de ce début d’édition 2014.

Voir loin pour mieux comprendre
Position des skippers et orientation du vent au 2 novembre

dim.

02

nov.

2014

Le PC course de l'Epervière

Un samedi sur deux, c'est au YMCR (il faut le prononcer à l'anglaise et à voix haute, allez-y, personne ne vous écoute... j'attends... Voilà ! Vous voyez bien que c'est rigolo !) que se déroule un PC course. RDV à 10h du matin sous la capitainerie pour un point situation météo et un petit coup de fil au plus ardéchois de tous les skippers.

 

Un accueil chaleureux, un joli soleil, un petit café pour se mettre en jambe... et l'apéro pour terminer parce que c'est qu'on en avait, des choses à se dire !

 

Il faut dire que l'équipe du YMCR (en vrai, c'est Yacht Motor Club Rhodanien, c'est là où on peut passer son permis bateau à Valence), ils sont au taquet de la course, hein ! La position d'Olivier est soigneusement punaisée sur l'affiche, avec les coordonnées exactes étiquettées. Impossible de faire mine on s'y connait, tous les gens qui sont là s'y connaissent mieux que vous en navigation.

 

Et dans les rangs, une petite moue sur la tête de tout le monde qui dit: "pfff, avec ce départ de la Route du Rhum, aujourd'hui, aucune chance d'avoir une visibilité médiatique nationale dans les 10 jours qui viennent..." On est bien d'accord, n'est-ce pas ? Avec une voile, c'est triché !

 

Prochain PC course à l'Epervière le samedi 15 novembre à 10h.

(et si vous êtes trop impatients, rendez-vous vendredi 7 novembre à 19h à la Maison pour Tous de Saint Georges les Bains)

sam.

01

nov.

2014

J+14 ENFIN !! Les bonnes nouvelles arrivent !

Ca s'arrange !

Cette fois-ci, on peut y croire, enfin ! La situation évolue dans le bon sens !

Mathieu Morverand, qui m'avouait hier soir qu'il préférerait être en mer à bord du bateau à ramer avec eux plutôt que de leur dire "allez y les gars, ramer, ça va s'arranger !", vous explique tout ça.

 

Les données météo de type « GRIB » que nous utilisons pour fournir aux marins une information sur leur zone d’évolution sont brutes et non interprétées par des prévisionnistes. Exceptés les bulletins parcellaires disponibles en anglais pour la région comprise entre l’archipel et la péninsule du Cap Vert, les données analysées pour la zone où évoluent actuellement nos rameurs sont rares et peu étoffées. Il nous revient donc à nous d’interpréter ces données avec notre propre sensibilité et nos modestes outils. Toutefois, si l’on a pu pécher par excès d’optimisme à la veille du départ, convaincus que tout le monde allait partir sans encombre, nous ne nous sommes pas trop égarés ensuite dans les méandres de ce climat tourmenté. Les informations que nous avons distillées aux skippers jusqu’alors se sont révélées exactes, et nous n’avons pas transmis que des bonnes nouvelles …. Malgré tout , plusieurs paramètres nous échappent encore complètement : d’une part, le caractère très instable des vents pouvant forcir ou mollir dans la même heure sans que cela ne soit annoncé, et d’autre part, l’état de la mer sur une position exacte. Nous disposons bien de la hauteur de houle moyenne sur de vastes zones, mais pas sur une position précise. Le fait de suivre deux marins simultanément nous a révélé que l’on peut trouver à des distances très proches –de l’ordre de quelques milles seulement parfois - des conditions de mer sensiblement différentes. Cela s’explique notamment par ces courants qui tournoient dans toutes les directions, rarement dans le même sens que le vent. Difficile dans ces conditions de fournir aux skippers la réponse qu’ils attendent, à savoir quelle mer ils vont précisément trouver devant leur étrave. Peut-être les évolutions technologiques à venir offriront elles aux marins des futures éditions de tels outils pour une lecture fine et très localisée.

 

Cela dit, tout en conservant l’humilité et la méfiance que ces deux premières semaines de course nous ont enseignées, il semble que l’on puisse dire quand même que la situation a quelques peu évolué … dans le bon sens. La carte ci-dessous a bien meilleure allure que celles des jours passées. En fouillant dans les archives, on croirait même reconnaître la carte de l’édition 2012 … du 4ème jour.

 

Rémy Landier (n°84) et Olivier Montiel (n°7) ont bien conscience de la réalité mais il en faudrait bien plus désormais pour altérer leur détermination. La navigation au large leur apparaît presque un soulagement, ils entrent maintenant dans le vif du sujet, leur cap pointe enfin les îles du salut même si ce vent du nord s’échine encore et toujours à vouloir les pousser dans le Sud.

 

Cet infléchissement des routes vers l’ouest constitue-t-il la signature des Alizés tant convoités ? Nous pensons pour notre part que nous n’y sommes pas encore tout à fait et que la flottille entière, même éparpillée, n’est pas complètement à l’abri d’un retour de vents de nord-ouest. Il convient donc de poursuivre sans relâche cette quête de l’Ouest jusqu’à trouver enfin ces conditions qui nous confirmeront la présence des marins dans ce grand flux d’Est. Parmi ces indicateurs, nous pouvons notamment observer la distance parcourue en longitude par 24 h et la comparer aux éditions précédentes. Sous 45’ d’arc , il nous semble un peu enthousiaste de croire que les skippers auraient atteint ce flux. Les éclaireurs en tête de course ont parcouru au cours des dernières 24 heures entre 30 et 35 minutes. Il nous faudra donc encore être un peu patients avant de nous réjouir de manière certaine de leur entrée dans ce flux.

 

Rémy et Olivier puisent au plus profond de leurs ressources physiques et mentales pour gagner chaque heure un peu plus vers l’ouest. Ils nous révélaient à la mi-journée des conditions de mer difficiles avec une houle croisée, parfois déferlante. Ils apprennent peu à peu à optimiser leur maniement des avirons, en ne plantant leurs pelles qu’aux moments les plus opportuns, lorsque le bateau atteint le sommet de la vague et entame sa plongée vers le creux, laissant ensuite l’inertie faire le reste pour remonter au dos de la vague. Cette technique propre à la yole de mer est bien différente de l’aviron classique peu coutumier de ces vagues qui obligent à croiser les avirons et à jouer les équilibristes en permanence. Cet exercice est non seulement technique mais aussi physique, notamment pour le dos et les lombaires. Olivier en fait la douloureuse expérience et tente le plus souvent possible de changer de position pour soulager ses muscles et articulations endolories. Quant au matériel, il souffre aussi, Rémy aura dû passer une matinée à faire le funambule sur le pont à l’avant de son bateau pour extraire complètement sa dérive et changer le bout que les allers et retours incessants dans le puits depuis le départ ont fini  par user jusqu’à la rupture.

 

Malgré tous ces petits tracas, le baromètre du moral reste au beau fixe. Il devient simplement urgent à présent de prendre le Large pour de bon.

Position au 1er novembre
Position au 1er novembre

sam.

01

nov.

2014

La vidéo de Dakar. Merci qui ?!?

Mais merci Philippe, pardi ! (à quoi pensiez-vous... enfin...)

ven.

31

oct.

2014

Les limites du système

logo dauphiné libéré

Hop ! Un article de Yohan Ballore du Dauphiné Libéré dans l'édition du Grand Valence, aujourd'hui. Vous pouvez le consulter depuis la page Presse/média.

 

Et en parlant de cette fameuse page, cher internaute, je me confie à toi... Oui ! Je me confie. Car telle une skippeuse (oui, j'invente des mots, ce soir) devant la vague géante qui se dresse comme un mur devant la petite bicoque multicolore qu'est le monotype de Rames Guyane... eh bien je me retrouve le nez juste devant la limite de capacité d'articles sur la page Presse. Et que je ne suis pas certaines que notre Nain-Fort-Maticien préféré ait envisagé cette hypothèse avant de se saisir de ses avirons et de nous confier son blog.

 

Alors le sketch, je le connais: je vais me lancer à corps perdu dans la création d'une nouvelle page Presse pour pouvoir continuer à partager joyeusement articles, reportages et interviews avec vous. Mais je vais trembler en le faisant et je demanderai probablement à Delphine de me tenir la main pour me rassurer. L'inconnu de la duplication de la rubrique, le clic fébrile sur la souris, les  goutes de sueur qui perlent sur mon front, le [Ctrl]+C / [Ctrl]+V de la dernière chance, rah la la, le saut de l'ange informatique, quoi.

 

Souhaite-moi bonne chance, cher Internaute.

Anaïs

ven.

31

oct.

2014

En direct de l'Atlantique sur France Bleu

Olivier était interviewé par Christian Opéron en direct sur France Bleu Drôme Ardèche, lundi dernier. Vous trouverez l'interview dans l'onglet Presse/media mais comme vous êtes sympas, je vous le remets ici.

Et là, vous allez dire : "Encore ?!?" (pas "encore" vous êtes sympa mais "encore en direct sur France Bleu ?!?" Vous suivez ? Oui. Parfait.)

Alors oui, encore parce que figurez-vous que c'est tous les lundi à 18h30. Olivier. En direct. Sur Radio France Bleu Drôme Ardèche.

Si vous êtes comme moi -- c'est à dire que vous pensez à Olivier sur les flots environ tout le temps MAIS qu'à 18h30 le lundi, vous êtes parfois en train de fumer une clope, étendre le linge, préparer le diner, chanter à tue tête en écoutant Nostalgie, bref qu'exceptionnellement, vous n'y pensez pas -- alors vous pouvez (attention: ASTUCE !) mettre un petit rappel récurent sur votre téléphone pour vous brancher à l'heure dite et ne pas rater l'interview en direct !

 

jeu.

30

oct.

2014

Des brèves à la pelle !

logo rames guyane

Les amis, puis-je vous recommander de visiter régulièrement le site ramesguyane.com ? En effet, si vous lisez ces quelques mots, c'est que vous suivez la course d'Olivier régulièrement. Or, sur le site de la course, vous pouvez accéder à des brèves de bateau d'autres skippers. Rencontres saugrenues avec les baleines, les hauts et bas de moral des uns et des autres, la vie à bord... autant de petites anecdotes qui nous aident, nous qui sommes à terre, à envisager la vie à bord.

Bien sûr, vous y retrouverez également des données météo, force et orientation des vents, courants, mais si vous suivez déjà les posts réguliers de Mathieu, alors vous êtes déjà super callés.

 

Astuce informatique : dans le cas où les brèves du site ne seraient pas récentes, cliquez sur le petit drapeau bleu/blanc/rouge en haut à gauche. Ca ne se rafraichit toujours pas ? Videz le cache de votre navigateur. Vous ne savez pas ce que c'est ni comment faire ? Bon, OK, si vous insistez vraiment, je poste un tuto sur le cache la prochaine fois. Mais c'est bien parce que c'est vous.

jeu.

30

oct.

2014

J+12 Brassés par les eaux

Brassés par les eaux

Mathieu vous explique pourquoi ils ont tant de mal à avancer aujourd'hui. Vous allez devenir incollable sur le vocabulaire maritime. Mer croisée, ça parle à tout le monde ? Et bien après avoir lu les expliquations, vous aurez tout compris !

 

Depuis quelques jours à présent, le vent est orienté au Nord, s’égarant parfois dans le secteur Ouest, beaucoup plus furtivement malheureusement de l’autre côté. Dès l’aurore, les conditions se sont apaisées. On aurait pu penser que les skippers s’en soient réjoui mais c’est en fait tout le contraire qui s’est produit. En effet, lorsque le vent est suffisamment établi (au-delà de 8 nœuds au moins), il génère une houle franche qui limite les effets du courant. Dans la situation actuelle, le courant remonte du sud et suit un cap vers le nord-ouest, c’est-à-dire aux trois quarts de face au vent, ce qui entraîne une mer croisée insupportable où il est bien difficile de déterminer d’où viennent les vagues (voir carte ci-dessous avec vents et courants superposés). Le bateau est systématiquement arrêté par les vagues et ne parvient pas à conserver son erre, ce qui oblige les rameurs à le relancer en permanence au prix d’efforts très physiques pour un faible rendement. Si le vent continuait ainsi de mollir, les skippers pourraient espérer une mer calme, mais la houle résiduelle est tenace et reste entretenue par ce qui se passe au nord avec des vents plus forts. Inutile donc d’espérer une mer d’huile.  

 

Rémy Landier (n°84) et Olivier Montiel (n°7) se sont résolus comme tous les autres à accepter cette situation qui s’éternise. Bien difficile de faire autrement de toute façon. Lors des précédentes éditions, les skippers naviguaient entre 35 et 50 jours pour parcourir les 35 degrés de longitude qui séparent Dakar des îles du Salut, soit entre 45 minutes et 1 degré de progression par 24 h. Depuis le 18 octobre, date du départ, les skippers les plus avancés vers l’ouest ont péniblement arraché 2 degrés de longitude en 12 jours de course, soit une moyenne de 10 minutes par 24 heures. Si l’on suit le rythme de cette implacable arithmétique, il faudrait 35 x 6 soit 210 jours … ce qui est tout simplement impensable !!

 

Une chose est certaine en revanche : tant que les vents ne seront pas franchement orientés à l’Est ou au Nord-Est, les marins mettront encore plusieurs jours à atteindre ce flux des Alizés qui ne semble réellement efficace qu’à partir du 20ème méridien. Remy et Olivier sont actuellement au 18ème méridien et progressent environ de 15 minutes en 24 h. Autrement dit, si les conditions n’évoluent pas plus favorablement, il faudra encore une bonne semaine avant qu’ils ne soient enfin emportés par les Alizés vers le Grand Large.

 

Le chemin est donc encore long mais chaque minute gagnée les rapproche un peu plus et surtout les éloigne du risque encore bien réel de retour en arrière. Cette situation rappelle en tout cas à tous ceux qui pourraient encore en douter que les éléments naturels restent bien les maîtres du jeu lorsque l’on s’engage dans de tels voyages.

Vents et courants du 30 octobre
Vents et courants du 30 octobre

mer.

29

oct.

2014

J+11 En route vers l'ouest

En route vers l'ouest

Du Large, on commence à percevoir dans le lointain des complaintes de rameurs à l’égard de leurs routeurs : trop durs, trop exigeants, … C’est vrai, nous le sommes mais nous voyons ce qui se passe et sommes conscients que la moindre opportunité dans cette situation doit être impérativement saisie. Le moindre souffle du secteur Est constitue un véritable don d’Eole qu’il ne faut pas laisser passer, il faut s’en saisir et en profiter à tout prix pour avancer et regagner enfin ces fameux Alizés qui passent devant notre étrave à quelques portées d’avirons seulement sans que nous n’ayons jamais pu jusqu’alors les attraper.

 

Rémy Landier (n°84) et Olivier Montiel (n°7) sont désormais au large, la côte a disparu de leur sillage et ils ont maintenant plus de 1000 mètres d’eau sous leur coque, ballotée par cette houle de nord qui complexifie les réglages pour la dérive. La première nuit aura été courte, chacun s’employant à régler au mieux son bateau. Malgré quelques minutes perdues à l’Est pour Olivier, les deux skippers se sont maintenus au large et se sont employés toute la journée à filer vers l’ouest malgré cette furieuse envie de poser les avirons et de dormir.

 

La fatigue des jours passés, associée à cette chaleur écrasante et à ce roulis incessant auquel il faudra bien s’accoutumer, aura aujourd’hui encore malmené les organismes poussés dans leurs retranchements. Et il est fort probable qu’il en sera de même demain et les quelques jours d’après. Toute la flottille vogue sous la même enseigne et chaque skipper tente de tirer son épingle du jeu, de s’extirper de cette zone d’incertitudes à la faveur d’une saute de vent favorable ou de ce fort courant traversier qui porte les marins dans leur quête. Certains s’en sortent très bien, filant à plus de 2 nœuds au cap 270°, une prouesse dont on avait oublié qu’elle puisse être possible la semaine passée. 

 

Sans doute ce nouveau souffle providentiel et inattendu, légèrement oblique dans le secteur NNE, n’est pas étranger à ce superbe cap que semble pouvoir adopter la plupart des skippers. C’est en tout cas une véritable aubaine que tous ont saisi pour avancer. Qu’en sera-t-il dans les prochaines heures et demain ? et après ? Nous ne le savons pas vraiment de manière précise. La météo continue d’annoncer du nord et même un peu de NNW, sans jamais évoquer de NNE. Pourtant, c’est bien ce vent qui a permis aujourd’hui à la flotte de progresser de cette façon. Il vaut mieux pour nos marins qu’il en soit ainsi : que la réalité soit plus belle que les prévisions.

 

Mathieu Morverand

 

Position des skippers
Position des skippers au 29 octobre

mar.

28

oct.

2014

J+10 Point météo du soir

Point météo du soir

Petite explication de Mathieu pour bien dormir cette nuit :

 

Rémy Landier (n°84) et Olivier Montiel (n°7) ont sonné le départ ce matin en s’élançant dès 6 h de l’Anse Bernard. Ils furent rapidement suivis par les skippers placés aux avant-postes sous les Almadies.

Gagner vers l’ouest le plus rapidement possible : Tel est l’objectif de tous ces marins qui n’en pouvaient plus d’attendre au mouillage  et de regarder au loin dans le sud leurs amis se battre depuis bientôt 10 jours contre des conditions défavorables, perdant la nuit ce qu’ils gagnent péniblement le jour.

 

Certes, les conditions ne sont pas encore optimales, certes, les Alizés se maintiennent encore au large mais pour la première fois depuis le départ officiel, ce flux s’est rapproché, des vents de nord balaient la péninsule de Dakar et non plus seulement des vents de nord-ouest. Toute la journée d’hier fut consacrée à l’étude minutieuse de ces prévisions météo, au  croisement des différentes sources et à l’élaboration de la meilleure stratégie de départ. L’équilibre demeure précaire, à 20° près vers l’ouest, les vents pourraient à nouveau ramener nos marins vers l’Est dans la baie de Gorée. Là, sous Dakar, les vents deviennent franchement nord-ouest, les marins le savent, il ne faut plus perdre en longitude et prendre peu à peu des secondes et des minutes en longitude.

 

Depuis le Cap Manuel, un fort courant traversier a d’abord porté Rémy et Olivier comme un heureux présage. Nos deux complices ont alors navigué bord à bord jusqu’aux roches des îles de la Madeleine qu’ils ont laissé au nord avant de se saluer une dernière fois et de partir chacun de leur côté, Rémy vers le sud-ouest, Olivier au plein ouest. La journée s’est parfaitement déroulée mais après de longues heures à l’aviron, la fatigue se fait sentir et les trajectoires s’infléchissent vers le sud. Les prochaines heures et la nuit à venir seront déterminantes. Les marins vont s’affairer à trouver le meilleur compromis entre dérive et angle de safran afin que les bateaux continuent de progresser sans remonter vers le  vent (lofer) ni trop partir sous le vent (abattre). Tout l’art de ce réglage fin consiste à conserver une allure au bateau en évitant que celui-ci ne glisse latéralement, ce qui entraînerait une dérive à l’opposé du vent. Pour y parvenir, plusieurs essais sont nécessaires afin de vérifier au GPS sur une période de quelques minutes que la vitesse et le cap sur le fond soient corrects. Ces paramètres doivent être mesurés à l’intérieur de l’habitacle afin que la répartition des masses soit conforme à la configuration en période de repos. La petite taille de ces bateaux les rend très sensible au moindre changement d’assiette. En cas de vent trop orienté à l’ouest - ce que la météo n’annonce pas pour l’instant - les marins peuvent alors limiter la perte vers l’est à l’aide de l’ancre flottante sans pour autant l’annuler. La rupture rapide du plateau continentale dans la zone où ils se trouvent désormais exclut l’utilisation de l’ancre classique comme cela fut le cas pour l’équipe du sud au large de la Gambie.  

 

Les vents annoncés pour cette nuit sont établis entre 12 et 15 nœuds et devraient mollir en fin de nuit. Les prévisions météo confirment cette configuration pour toute la semaine avec un renforcement par le nord prévu vendredi 31.

Même avec des prévisions à 7 jours, on ne voit pas pour l’heure de vents de nord-est et encore moins d’est balayer la zone, comme en rêve pourtant l’ensemble de la flotte.

Il faut désormais s’y résoudre, ces vents providentiels ne viendront pas d’eux-mêmes à cette période, il faudra aller les chercher soi-même au large à la force des bras.

 

Souhaitons à tous ces marins que la nuit les portent enfin vers le Large et vers les Alizés qui sont là, juste devant, presque à portée d’avirons.

Position des skippers
Position des skippers au 28/10/2014

mar.

28

oct.

2014

La plancha KK en action

la plancha kk en action

A l'heure où Olivier commence sa course pour la troisième fois depuis 10 jours, vous allez dire: "Oh ben là, dit donc, ça fait une paie qu'on n'a pas eu un sujet de conversation un peu consistant !"
Heurement que j'ai gardé quelques archives de Dakar bien au chaud.

Non non, ami internaute, ne t'en va pas ! C'est promis, j'arrête immédiatement les allusions scabreuses pour rentrer dans le vif du sujet. Tu te souviens qu'un jour, on t'a présenté ça :

la plancha kk!

Toi aussi, tu t'es un peu demandé comment ça allait s'encastrer dans un si petit bateau, le pourquoi du comment, la nécessité du croc quand le coin, quelle jolie couleur pour une cheminée, tout ça. Ami internaute averti des choses de la selle, attention tes yeux :

la plancha kk en action

Il est utile de préciser que le seau qui est placé juste en dessous est un seau rétractable. Je vous laisse donc imaginer l'enjeu de toute l'affaire et la nécessité absolue d'un système qui fonctionne.

Quant à son utilisation en pleine tempête, seul Olivier pourra nous conter ses exploits d'équilibriste à son retour...

Amis de la poésie, bonne après-midi !

Anaïs

lun.

27

oct.

2014

J+9 Dernier jour de repos avant le départ

Dernier jour de repos avant départ

Demain c'est le grand jour, on repart ! Mais ça va pas être simple.

 

Demain à 6h du matin, le vent est moyen (10 nœuds) et arrive du 350 (NNO), ce qui autorise un cap 200 à 220, peut être un peu mieux avec le courant qui lui va vers le nord ouest. A 9 h, le vent est plein nord sur la péninsule avec la même intensité. La situation se maintient ainsi toute la journée mais … en fin de journée, le vent ré-oblique légèrement NNO au 350 en forcissant à 14 nœuds. La première nuit imposera donc aux marins de régler la dérive de leur bateau de manière optimale afin de ne pas repartir vers l’est pendant la nuit.

Mercredi 29 au matin, le vent repasse plein nord en mollissant 9 nœuds. La journée du mercredi et du jeudi sont similaires avec du vent systématiquement plus fort dans l’après-midi.

 

Leur objectif est donc dès demain de tout faire pour gagner le plus rapidement possible vers l’ouest et enfin gagner les Alizés.

 

Olivier s'est préparé à ça toute la journée. Il a nettoyé la coque de son bateau, déjà quelques anatyphes s'y étaient accrochés, il a re-reglé son safran (gouvernail), et refixé ses footstraps (là où il coince ses pieds quand il rame). Une bonne nuit de sommeil et il sera prêt à partir. Olivier sait que ce sera pas facile et que la nuit il faudra ramer pour ne pas perdre l'avance de la journée. Allez, battez vous pour rejoindre les alizés, on est derrière vous.

Prévisions des vents
Prévisions des vents au 28 octobre

dim.

26

oct.

2014

Les photos du premier PC Course !

les photos du premier pc course

Me revoilà! Toutes mes excuses pour ce décrochage un peu longuet de ce week end. Je me suis égarée dans un cave, noyée dans une cuve et faite assommée par un tonneau, bref, l'année 2014 sera bonne pour les rouges de la vallée du rhône et TRES bonne pour le St Peray.

Pardon? On n'est pas là pour parler de ça? Oui d'accord, les voilà, les photos que l'on a projetée (il est vrai un peu trop rapidement) au PC Course!

sam.

25

oct.

2014

J+7 Quand les vents tourneront, nous nous en alleront

Quand les vents tourneront...

Petit point météo de Mathieu qui va pouvoir se reposer un peu en attendant que les vents tournent.

 

Sans être agitées, les conditions de cette première semaine de course sont pour le moins agaçantes, tant pour les skippers que pour tous ceux qui les suivent. Pour autant, l’équipe qui constitue l’échappée du sud affiche un moral étonnant comme si toutes les taquineries d’Eole ces derniers jours ne les avaient même pas effleurées. En meneur, fier Triskel au vent, le breton Didier Torre se joue de cette malchance et continue brillement sa progression en tête dans le sud. En marin qu’il est, sûr qu’il préférerait à cette succession de pétoles et de petites brises un franc souffle des Alizés qui le porte loin au large dans l’ouest. Après tout, peut-être sa stratégie portera t-elle ses fruits, les vents actuellement d’Est au large pourraient durer suffisamment longtemps pour permettre de rattraper vent arrière ces deux petits degrés perdus vers le sud. Seul l’avenir le dira, nous lui souhaitons sincèrement que cela arrive !!

 

Comme nous souhaiterions aussi évidemment que l’amélioration prévue pour vendredi prochain 31octobre  et peut-être même  un peu avant ne soit pas qu’un leurre pour nous énerver encore un peu plus. Après des hauts et bas, Remy Landier (n°84) et Olivier Montiel (n°7) n’en finissent plus de remonter vers le nord-ouest. Ils ont rejoint la côte et la suive inlassablement passant de mouillage en mouillage et guettant au loin les contours de Dakar et de l’île de Gorée.

Ils mouillent ce soir devant la pointe de Bargny à quelques centaines de mètres de la côte.

 

Après quelques tracas : safran dans des filets de pêcheurs, clapot bruyant et inconfortable, ambiance moite et humide, … nos deux marins finissent peu à peu par s’accoutumer au petit univers de leur embarcation. Ils se découvrent de nouveaux muscles et de nouvelles douleurs mais qu’importe, ils avancent inlassablement et les moments de profonde lassitude laissent maintenant place au détachement et à une certaine sérénité, finalement cette mésaventure constitue une excellente façon de s’amariner avant le vrai départ..

 

On relève bien sûr une pointe de crispation surtout quand les expertises du pays se mettent à prodiguer généreusement leurs sciences à distance et à disserter sur  « un départ qui n’aurait pas dû se faire à cette période » ou sur l’éternel « je te l’avais bien dit » et sa litanie de certitudes. De grâce, laissez les marins vivre leur aventure sans vous sentir l’impérieuse obligation de prodiguer des conseils dont vous n’êtes même pas certains qu’ils soient fondés. Nous aurons largement le temps à Cayenne ou au retour de nous amuser au souvenir de cet étonnant départ. Au final, entre vents contraires et courants de pensée hasardeux, nos marins reviennent peu à peu à la raison et reconnaissent que cette situation certes incroyable n’est rien d’autre que le fruit d’un peu de malchance, rien de plus. Les Alizés sont bien là, un peu trop au large c’est vrai mais il suffit de regarder la carte des vents pour se rendre compte que ces satanés vents d’ouest qui nous retiennent à la côte ne couvrent qu’une toute petite zone d’à peine 5° du nord au sud et de l’ouest à l’est comme si un entonnoir de mauvaise augure se déversait hilare sur le sort de nos marins. Cela ne durera pas et le souffle d’Est ou de Nord-Est  finira bien par reprendre le dessus. Quant à la situation de Rémy et Olivier, eux-mêmes admettent volontiers que celle-ci n’est pas la plus critique. Les positions des skippers sur la carte le montrent bien. Pour mesurer ce qui se passe, on peut comparer cette carte du jour à celle d’il y a deux jours.

 

Que va-t-il se passer à présent ?

Tout dépendra de la météo des jours à venir. L’ensemble de la flottille se trouve encore sur le plateau continental avec des profondeurs qui n’excèdent pas 70 m. C’est en effet peu commun, mais avec 120 mètres de bout à bord, les skippers peuvent ancrer même s’ils ne voient pas la côte. C’est d’ailleurs précisément ce qu’ils font, profitant de la moindre occasion (panne de vent) pour reprendre un peu d’ouest et jetant l’ancre lorsque les vents du secteur W se remettent à souffler trop fort. Ainsi, ils s’immobilisent et stoppent leur dérive vers le sud-est. Cette activité assez physique (remonter 80 mètres de bout n’est pas de tout repos) risque de durer encore quelques jours. Mais lorsque les vents se remettront enfin dans le secteur est à nord-est, ils pourront lâcher les brides et filer vers le large depuis leur poste avancé.

 

Pour Rémy et Olivier, la situation est toute autre. L’objectif est de regagner – en plusieurs jours – une position idéale pour un départ au sud immédiat de la Pointe des Almadies. Déjà deux skippers s’y sont judicieusement placés et attendent le signal du départ pour s’élancer. Demain sans doute ou lundi matin, Rémy et Olivier pourront franchir – pour la 3ème fois - la ligne officielle de départ et se rapprocher de l’Anse Bernard où ils étaient il y 72 heures. Ensuite, à la faveur de vents calmes et de conditions le permettant, ils pourraient saluer une dernière fois l’île de Gorée,  virer le Cap Manuel, et longer la côte vers le nord-ouest en prenant soin de se tenir à bonne distance de l’île de la Madeleine et de ses brisants redoutables. Ainsi, ils regagneraient le sud des Almadies pour se tenir prêts eux aussi à prendre le Large dès le retour de conditions favorables.

 

S’agissant des vivres embarquées, de nombreux observateurs se posent légitimement la question de la quantité embarquée : Celle-ci sera-t-elle suffisante après ces 10 jours d’errance dans les eaux sénégalaises ? Les skippers ont embarqué des quantités suffisantes pour une période de 60 jours, prévoyant que la traversée puissent être plus longue que la moyenne des 40 à 50 jours des éditions précédentes. Pour autant, il est certain que si la situation venait à s’éterniser encore un peu, il faudrait alors envisager une solution. Chacun a bien conscience de cela.

 

Pour l’heure, rien d’alarmant, continuons de soutenir nos marins sans surcharger leur barcasse de contrariétés inutiles et laissons les vivre leur rêve à leur gré. Les marins et leurs routeurs n’en dormiront que mieux …

sam.

25

oct.

2014

1er PC Course à St Georges

L'appel téléphonique du jour

Vendredi 24 octobre 2014, hier soir, a eu lieu le 1er PC Course à St Georges. C'était très émouvant pour beaucoup d'entre vous, car il vous tardait d'avoir des nouvelles de Olivier et surtout d'entendre sa voix.

Nous vous avons enfin dévoilé les photos et la vidéo du départ de la course, on se croyait à Dakar hier soir, bon la chaleur et l'humidité en moins !

Mathieu Morverand nous a fait un magnifique, clair, précis et captivant récit de la situation depuis le départ de la course. Tout le monde a tout compris de la météo, des courants et des vents, j'en suis sûre, et dans 15 jours interrogation ! On vérifiera tout ça !

Nous avons ensuite appelé Olivier en direct, qui lui ne se rendait pas compte du monde et de l'ambiance qui régnait à St Georges. La prochaine fois, on lui enverra une petite photo pour qu'il voit vos bouilles avant de l'appeler ! On a pu constater que son moral est bon, que les 10 heures de rames quotidiennes, de nuit le plus souvent ne sont pas faciles, et que la frustation de tourner en rond et de revenir à Dakar pour la 3ème fois est bien réelle.

On n'a pas pu enregistrer la conversation (problème technique), on corrige ça pour la prochaine fois.

 

Pour les absents, vous pouvez visionner la vidéo du départ à Dakar, ça se passe par là dessous.

 

Et pour les photos, dès que Anaïs refait surface (je la soupçonne de fêter la fin des vendanges... pour décompresser de cette semaine émotionnelleent intense !), on vous met ça en ligne. Mais pas tout à la fois, n'allez pas nous faire une overdose de RamesGuyane non plus !

ven.

24

oct.

2014

Le Dauphiné Libéré ET le PC Course, tout en un.

le dauphiné libéré et le pc course

Un article paru dans le Dauphiné Libéré aujourd'hui qui fait un petit recap' de la situation et annonce le PC Course avec Mathieu Morverand et Marc Chailan. Article à retrouver sur la page Presse/média...

jeu.

23

oct.

2014

Avis aux instances supérieures

avis aux instances supérieures

Ceci est un message à l'attention des instances hautement supérieures (oui oui, Poséidon, Eole et vos copains là) :

Quand on dit qu'on se rejouit d'avance de voir nos skippers revenir pour célébrer leur retour... On voulait dire : revenir de Guyane, hein. PAS du continent Africain !

Non, il m'a semblé utile de le préciser, parce que je crois qu'on fait face à un grand malentendu, là. Alors peut-être que nous avons mal formulé notre souhait au départ, c'est possible, on s'en excuse, voilà... Maintenant, on aimerait bien que les choses prennent une tournure franchement plus d'Est en Ouest, si vous voyez ce que je veux dire... Non, vraiment, ça serait plus confortable pour tout le monde. Les rameurs, les routeurs, les amis, la famille, nous tous, on vous serait vraiment reconnaissants.

OK les gars? Allez, on compte sur vous. Merci. Bisous.
Anaïs

jeu.

23

oct.

2014

J+5 Un scénario bien compliqué

Un scénario bien compliqué

Mathieu nous explique la situation bien compliquée...

 

Comme chaque matin, bien avant l’aurore, nous espérions trouver sur la carte des skippers des positions  plus à l’ouest que celles de la veille. Dans une situation normale lors d’une telle traversée, on ne craint pas le recul des skippers mais simplement que la progression n’ait pas été aussi forte que celle espérée. Dans la situation actuelle, le contexte est complètement différent : c’est une flotte entière en marche arrière que nous avons découvert ce matin. Le pire des scénarios s’est donc produit dès les premières heures de la nuit, avec un déplacement du système légèrement dépressionnaire vers l’ouest au-dessus des Almadies, entraînant un flux de nord-ouest puis d’ouest dans la journée,  sans doute de sud-ouest ce soir comme l’annoncent les prévisions.

 

Conséquence immédiate : tous les bateaux même ceux qui avaient réussi à gagner loin dans l’ouest ont opéré un virage quasiment à 180° et repartent vers la côte sans pouvoir opposer la moindre résistance. Pour les skippers du sud, ils font route pour certains vers le Delta du Saloum, pour d’autres vers Banjul en Gambie. Pour ceux du nord, deux ont réussi à regagner sensiblement la même position qu’il avaient quitté avant-hier matin du côté de l’île de la Madeleine ou du Cap Manuel. Ceux qui sont un peu plus loin au large tentent d’y rester. Quant à Olivier et Rémy, dans une position médiane,  ils ont navigué toute la journée à moins de deux milles l’un de l’autre sans se voir. Ils ne sont plus qu’à quelques milles de la côte qu’il ne distinguaient pas encore en milieu d’après-midi. Seules quelques pirogues de pêcheurs ont croisé leur route.

 

Si les conditions ne changent pas, ils devraient pouvoir toucher les côtes de Mbour demain matin. Ils seront alors à 30 milles au sud-est de la position qu’ils ont abandonné hier matin à l’Anse Bernard sur la péninsule de Dakar. Sous réserve que l’état de la mer leur permette, ils pourront alors entamer une remontée en cabotage le long du littoral et retrouver le point de départ … pour la troisième fois. Même si cette situation les agace profondément, Rémy et Olivier parviennent malgré tout à garder le moral et restent bien conscients que leur sort bien que désagréable n’est pas le pire.

 

En attendant, continuons d’adresser à Rémy et Olivier tous nos encouragements, c’est maintenant qu’ils en ont le plus besoin.

Position des skippers au 23 octobre
Position des skippers au 23 octobre

mer.

22

oct.

2014

Allo l'Atlantique ? Ici St Georges !

Petit rappel pour les étourdis, le premier PC Course aura lieu vendredi 24 octobre 19H à St Georges les Bains au local assossiatif au centre du village.

Au programme : 

  • les derniers préparatifs et le départ en image, 
  • point sur la situation actuelle de notre skipper ardéchois, 
  • lumières de Mathieu et Marc, les routeurs d'Olivier, quant aux choses de la météo, 
  • un petit coup de fil à Olivier,
  • apéro pour se remettre de nos émotions.

 

Les PC Course auront lieu tous les 15 jours à St Georges les Bains.

 

J'en profite pour vous dire que des PC Courses auront également lieu au YMCR, Yacht Motor Club Rhodanien, au port de l'épervière à Valence le samedi matin à 10h, tous les 15 jours également, en décalé avec St Georges, soit le 1er novembre pour le premier PC Course du YMCR. Ces PC Course seront diffusé en direct à la radio sur Radio BLV.

 

Donc pas d'excuse, on a mis tous les moyens pour vous faire partager cette belle aventure, on vous attend !

mer.

22

oct.

2014

J+4 Olivier et Rémy ont pris le large

Point météo

Propos de Mathieu Morverand, notre routeur de compét !

 

Sans rien se dire entre eux, plusieurs skippers au mouillage devant les côtes du Cap Vert, certains sous les Almadies, d’autres au Cap Manuel, ont levé l’ancre ce matin avant l’aurore sur une mer calme avec l’espoir que cette fois soit la bonne.  Naviguant bord à bord, ils ont rapidement observé un cap au 240°, ce qui est très correct. Leur objectif est désormais de gagner le plus possible vers le large où les conditions sont plus favorables avant que l’arrivée du flux d’ouest annoncé ne viennent compromettre leur projet de route. Ce phénomène dépressionnaire est très proche et couvre une surface relativement modeste, assez grande malgré tout pour concerner toute la zone.

Plus ils parviendront à gagner rapidement vers le large, plus l’influence de ce flux d’ouest sera faible. Par ailleurs, les courants favorables sont plus forts au large. La route de Jean Pierre Lassalarié, un autre skipper qui mène la course à une vitesse du double de celle de ses poursuivants trahit sans doute sa présence dans la zone où les conditions deviennent favorables. Rémy et Olivier se trouvent à 40 milles nautiques (un peu plus de 70 km) derrière Jean-Pierre.

 

Une situation nerveusement difficile

 

 

Sur la table devant les cartes et l’écran, nous sommes Marco (Marc Chailan, second routeur) et moi confrontés à ce curieux sentiment, prisonniers de nos propres souvenirs du large qui stimulent nos sens à un degré que nous ne soupçonnions pas. Les nuits sont courtes et le sommeil léger, le café coule à flot. En fermant les yeux, nous ressentons physiquement ce qu’ils vivent, notre oreille interne nous rappelle avec une étonnante précision les mouvements du bateau, le bruit de l’eau qui glisse sous la coque, nos mains se souviennent de la pression exercée sur les avirons ou la pagaie et plus encore, nos pensées sont durablement marquées par cette incertitude permanente du proche avenir et cette relation si ambigüe avec les éléments. Nulle autre expérience ne confère une telle importance aux nuages et au sens du vent. Ces formes desquelles notre vie moderne nous a profondément éloignées se rappellent brutalement à notre considération. Tous nos sens sont en éveil, nous sommes de corps et d’esprit à bord avec eux, seule la température qu’ils subissent nous est étrangère. Depuis les rives de l’Ardèche, balayée aujourd’hui par l’air frais d’un fort Mistral, nous nous plaisons à espérer que celui-ci soit assez puissant pour pousser tout ce système perturbé vers le sud. Après tout, on peut encore y croire, l’optimisme ne fait-il pas partie des ingrédients indispensables à la réussite de tels projets ?

 

Les analyses météo convergent dans la même direction, la situation risque de devenir défavorable au moins jusqu’à … début novembre. L’animation le confirme.

C’est dur à lire et encore plus à observer, espérons simplement que l’intensité de ce phénomène sera suffisamment faible pour que les courants favorables prennent le dessus et emmènent nos marins au large, vers le graal auquel ils aspirent depuis maintenant plusieurs années. La route de la Guyane est là, juste devant leur étrave.

 

Merci Messieurs !

mer.

22

oct.

2014

Quelle classe, mais quelle classe !

quelle classe mais quelle classe

Ce matin, cher internaute, tu te demandes bien à quoi ressemble l'intérieur du bateau d'Olivier (aussi grand que des toilettes, tu l'as entendu à la radio). Alors permets moi de t'aiguiller vers la page Presse/média et tout particulièrement vers les articles du Point et du Monde parce que figurez-vous que c'est bien l'intérieur de Grain de Poivre qui illustre ces deux articles.

J'aime autant vous dire que la colleuse-de-moquette-au-fond-des-rangements que je suis est particulièrement fière de cette exposition nationale. Et vous voyez l'oreiller rose au fond, là bas? Et bien c'est Delphine qui en a cousu la housse étanche (il faut dire qu'elle est très très forte en couture, Delphine). Elle a aussi cousu la housse du matelas de notre matelot (pas pu m'empêcher, désolée) mais ce dernier ne figure pas sur la photo, probablement parce que ça donnerait l'impression qu'il ne reste plus de place. Ce qui retranscrirait bien la réalité des choses, en fait.

Et c'est le moment d'ajouter que c'est aussi Delphine qui a cousu le petit chapeau en tissu éponge et isolant aux UV de la bulle de Grain de Poivre (que vous voyez sur les photos depuis que le bateau est à Dakar) et que LA, il fallait vraiment être une couturière de compet' pour fabriquer une pièce en demie sphère.

Comment on en est passé de la presse à la couture... la magie de la digression. Cher internaute, bonne journée !

 

mar.

21

oct.

2014

J+3 En attendant des conditions favorables

En attendant des conditions favorables

En attendant que la météo s'améliore, Olivier ne se laisse pas abattre. Les 2 premiers jours en mer à ramer fort pour lutter contre les vents l'ont rassuré sur ces capacités à gérer le bateau. L'amarinage a été violent, mais efficace !

 

En attendant des nouvelles de la météo, voici quelques images du départ. Crédit photo Jody Amiet/Rames Guyane

lun.

20

oct.

2014

J+2 Point météo

Ce soir Mathieu Morverand vous fait un point de la situation :

 

De mémoire de marins de Rame-Guyane, on n’avait encore jamais rencontré pareille situation au départ de la traversée. Après deux jours de course, seul un skipper se trouve au large sur une longitude plus à l’ouest que celle du départ. Le reste de la flottille s’est séparée en deux groupes désormais bien distincts : d’une part, celui du nord avec les skippers qui ont choisi non sans mal de revenir au mouillage à la côte après deux jours de navigation très éprouvants, d’autre part, celui du sud avec un groupe parti très au sud avec sans doute l’espoir de pouvoir contourner le problème par le sud.

 

Olivier Montiel fait partie de ces skippers désormais à l’abri après des efforts athlétiques à la faveur d’accalmie leur permettant de serrer le vent, le premier par le sud de la Madeleine, le second par le Nord de Gorée en slalomant entre des tankers au mouillage. Ils partagent cet abri avec 6 autres skippers dont 2 à proximité immédiate.

 

Les deux options ont leurs avantages et leurs inconvénients, la pertinence d’une option plutôt que l’autre sera intimement liée à l’évolution de la situation.  Une certaine frustration s’est emparée des skippers (et des routeurs) car les conditions sont actuellement excellentes au large, meilleures qu’en 2012. La difficulté consiste à rejoindre cette zone encore trop éloignée. Une fenêtre météo pourrait s’ouvrir dès demain matin mais l’aubaine serait de courte durée puisque jeudi soir, un risque de retour du flux d’ouest d’abord par le nord puis par le sud s’annonce très probable sur une vaste zone allant du 15° au nord jusqu'au 11° au sud en s'étendant à l'ouest jusqu'au W 23° (longitude de l'archipel du Cap Vert). Si cela se confirme, le problème pourrait affecter l’ensemble de la flottille.

 

Le choix est donc difficile : Attendre jusqu’au 27 octobre (au moins) ou repartir dès demain avec à nouveau le risque d’un retour à la côte au prix d’un second périple en boucle épuisant tant pour le moral que pour l’organisme.

La situation peut encore évoluer mais à 18 h ce jour, rien de laisse entrevoir une amélioration à court terme.

Ci-dessous la carte (GRIB) de la situation prévue pour vendredi 24 oct 15 h 00 UTC pour se rendre compte de la difficulté à privilégier un choix plutôt qu’un autre. Toute la flottille est actuellement concentrée sous la croix rouge sur la carte. Le chemin est encore long …

 

 

Prévision météo du 24/10/2014

dim.

19

oct.

2014

J+1 Un départ compliqué

Olivier a passé la ligne de départ samedi à 10h (TU). C'est un Olivier heureux qui s'est installé aux avirons et nous avons pu le suivre pendant près de 2 heures à bord de la pirogue d'un pêcheur. C'est le coeur lourd et la larme à l'oeil (enfin surtout pour moi !) que nous l'avons laissé partir au large. Sa première épreuve a été de vouloir contourner l'île de la madeleine par le nord, meilleure route conseillée par son routeur. Mais des vents contraires ont eu raison de lui en le rapprochant dangereusement des déferlantes de l'île. Changement de cap, direction le sud pour contourner par le sud et se mettre au repos derrière l'île, car ces heures de rames contre le vent l'ont vraiement épuisé. Après avoir été rassuré par son routeur sur sa dérive, Olivier a bien mérité un peu de repos. Mais difficile de trouver le sommeil quand les premiers barbouillages font leur apparition et qu'on veut contrôler au mieux sa dérive. Difficile de trouver aussi le goût de s'alimenter, pourtant il le faut. Au final, 12 heures de rames pour cette première journée, c'est très difficile d'attaquer comme ça.

Olivier reprendra les avirons dès minuit jusqu'à 4h du matin dimanche, puis de 6h à 17h. Mais ces heures de rames n'auront pas raison des vents contraires qui le repoussent inlassablement vers la côte. Il est temps de s'arrêter, de récupérer et d'attendre des vents plus favorable.

Un peu de positif dans cette dure journée, Olivier a eu la visite d'une baleine curieuse attirée par l'étrangeté de son embarcation, à moins que ce soit la couleur orange qui l'ait attirée ! Olivier a pu l'observer alors qu'elle venait respirer tout près de son bateau. Un moment magique !

 

Olivier se repose, et je vais en faire de même. Une nuit de transit entre Dakar et Paris via Lisbonne ne m'a pas offert beaucoup d'heures de sommeil, et le dernier repas à Dakar a eu raison de ma flore intestinale, trop habituée à une alimentation européenne.

Demain, je vous fais un point météo avec Mathieu, son routeur. Et pleins de photos du départ à venir aussi. Bonne nuit à notre skipper préféré.

Delphine

sam.

18

oct.

2014

Mise à l'eau définitive de Grain de Poivre

La mise à l'eau de Grain de Poivre est faite, sa prochaine sortie de l'eau sera en Guyane !

Le départ est maintenant dans moins de 10 heures et c'est là ma dernière nuit à terre !

 

Encore merci à toutes et à tous pour votre implication et votre soutien, après les 1400 heures de construction du bateau et les 800 jours nécessaires pour tout ce projet, c'est l'heure du grand départ...

 

Rendez-vous dans 50 jours sur l'autre continent !

 

Olivier

jeu.

16

oct.

2014

Quoi mercato? Mais non: MercatoR!

Mercator

Présentation de la société Mercator, partenaire de la course, produit et envoie les cartes de courants qui vont permettre aux routeurs d'aider leurs rameurs à gérer les courants. Un article du team Rames Guyanes:

 

Les principales difficultés de Rames Guyane résident dans le franchissement obligatoire de courants dits « équatoriaux » et contraires au cap naturel, dans la proximité du fameux « Pot au Noir », zone intertropicale où les vents sporadiques et aléatoires sont parfois violents et, dans l’approche de la Guyane où sévissent de puissants courants côtiers qui poussent inexorablement les bateaux vers l’Arc Antillais. Pour aider les rameurs à faire les bons choix de routes, Mercator Océan, le centre français d’analyse et de prévision océanique, partenaire de la course depuis de nombreuses années, fournit quotidiennement aux routeurs, des prévisions de courants (jour J à J +2) sous forme de cartes, sur 8 zones, depuis Dakar jusqu'à Cayenne. Les cartes sont réalisées à partir de données issues des modèles d'analyse et de prévision Atlantique-Méditerranée, système Atl Méd. 1/12°. Les cartes sont identiques à celles affichées sur le site de Rames Guyane, mais ce sont des zooms sur plus petite échelle...

 

mer.

15

oct.

2014

Grain de Poivre à l'eau! Ca commence à sentir bon...

Snif snif snif... Vous sentez cette odeur? Ah mais oui! C'est bien le départ, que ça sent!

Après une semaine à finir de bricoler le bateau, le chouchouter, lui dire des mots doux, le charger comme une mule des océans, l'équiper des derniers instruments de bord, ranger le pâté Henaff à droite et les boites de sardine à gauche (ah non, finallement, le contraire, ça sera plus pratique), donner un coup de mains aux autres skippers lorsqu'ils en ont eu besoin, le tout sous un soleil dont les dents sont particulièrement affutées.... tadaaaaaaaaaaaa!!! Attention les yeux!

C'est donc un Olivier tout content qui se retrouve à flottouiller au gré des vaguelounettes à bord de Grain de Poivre.

Ca a du faire psssshhhhh quand Grain de Poivre a touché l'eau, tellement la température est élevée et le soleil méchant: 42°C en pleine journée!

Quelques clichés supplémentaires, pour vos beaux yeux...

mer.

15

oct.

2014

Leçon de choses: la balise Argos

la balise argos

La balise Argos mais Kesskeucé? (ou devrais-je dis Kesko, selon la plume d'Olivier)

 

Ecoutez attentivement, tout comme ce skipper très discipliné, les explications de Philippe de Saint Léger, de la société CLS:

 

  • à quoi ça sert,
  • comment ça fonctionne
  • quand s'en servir et
  • NON, même si la couleur jure un peu avec celle de Grain de Poivre, on ne peut pas en changer.

mar.

14

oct.

2014

Deux Montiel manquent... et tout St Georges est dépeuplé.

Brève

Ici Anaïs à la plume du blog...

C'est en déposant Delphine à la gare ce matin (équipée de ses 25kg de fruits secs, moult vaches qui rit et autres pièces métalliques curieuses de dernière minute) que j'ai pris ma claque de l'approche imminente du départ. Voilà, un boût de l'équipe à terre ne fait plus trop la maline.

Faut dire qu'après les dernières instructions de l'Olivier (du genre: "faire pas de conneries sur le blog", "t'as pas intérêt à recommencer tes boulettes de suppression de posts", "mais b****l, tu vas l'alligner, le texte, oui?!?") mais aussi les petits mots du départ, bouyouyou, ça faisait beaucoup pour un seul mousaillon St Georgeois!

Bon, allez, on se reprend. Delphine est bien arrivée à Paris, elle a pesté, râlé, maudit chacun des escalators qui ne fonctionnait pas dans le RER et se demande pourquoi Ô Grand Pourquoi ce petit sac de plongée (dont les fonctionnalités ont été reconverties pour l'occasion) n'est pas du tout adapté aux portiques de la RATP.

Que la force de la crème de marron soit avec toi, Delphine. Dans quelques heures, tu seras à Dakar par une petite brise nocture de 27°C...

Deux montiel manquent...
le petit sac de plongée...

mar.

14

oct.

2014

Le Dauphiné Libéré - 14/10/14

Dauphiné Libéré

Un article sur Olivier et la traversée dans le Dauphiné Libéré d'aujourd'hui! A retrouver dans la catégorie Presse/média, évidemment...

Dauphiné Libéré 14/10/14

mar.

14

oct.

2014

J-4 - Point Météo

J-3 Point meteo

Mi-Octobre à Dakar, l’Alizée n’est pas encore totalement établi et les skippers scrutent avec attention les fichiers météo d’y trouver la promesse de vent favorable en force comme en direction.
Depuis bientôt cinq jours, des vents de Nord à Nord Est modérés semblent s’établir sur la presqu’île du Cape Vert laissant augurer des conditions de navigations idéales le jour du départ de la course.

Réponse Samedi en début de matinée...

lun.

13

oct.

2014

Rames Guyane "course propre"

Rames Guyane Course Propre
Patrick Deixonne

Rames Guyane a signé une convention avec l'expédition 7e continent. Les concurrents engagés dans la traversée de l'Atlantique à la rame qui croiseront des déchets, prendront des photos et noteront leur position. Ces données seront transmises aux scientifiques de l'expédition 7e continent.

Les concurrents, eux, doivent conserver leurs déchets à bord, l'objectif étant « une course totalement propre ».


Pour Rappel: Patrick Deixonne Chef de mission des expéditions 7e Continent donnera une conférence au « Festival de la génération durable » le 16 Octobre dans l’agglomération d’Évreux. Patrick a participé par 2 fois à la course Rames Guyane, en 2006 et en 2009.

dim.

12

oct.

2014

Dakar J-6 - Bulletin Info Santé

Bulletin info Santé

Bien que toutes les consignes d’usage aient été données aux skippers de Rames Guyane à propos de la nourriture consommée avant le départ de la course plusieurs d’entre eux souffrent depuis 24h00 d’une Tourista carabinée qui oblige même les plus atteints à rester alités.
Fruits de mer, légumes, eau incertaine …, ou problème psychologique liés à l’imminence du « Grand Jour » ???

Quelles qu'en soient les causes, les intestins de notre Olivier international se portent, eux, à merveille et nous envoient leurs meilleurs souvenirs de Dakar!

ven.

10

oct.

2014

Coup de projecteur sur les deux St Bernards de la course

St Bernard de la course
arf.

Pendant que les skippers peaufinent leurs derniers préparatifs avant de mettre leurs bateaux à l'eau, un petit coup de projecteur sur les deux St Bernards de la course. En fait de St Bernard, vous allez voir qu'ils n'apportent ni gnôle ni rien de réconfortant...

Un article fort instructif tout droit tiré du site de Rames Guyane:

 

Le « Léon II », monocoque océanique de 40 pieds est entièrement dédié à la sécurité du plan d’eau et au contrôle de l’équité sportive de la course (ndlr: c'est pour vérifier que personne ne sort de voile géante de son bateau pour aller plus vite que les autres!), skippé par Benoit Soulies et Pascal Vaudé (concurrents eux même dans l’édition 2012).

 

Le « Guyavoile », catamaran océanique de 55 pieds dédié à la production audiovisuelle, « filme » les concurrents jusqu’à la longitude des Îles du Cape Vert puis à l’organisation et la surveillance du plan d’eau et le contrôle de l’équité sportive de la course jusqu’à l’arrivée du premier concurrent classé… a enfin touché du « bon » vent qui leur permet d’avancer mieux !! « ça envoit même du pâté », dixit le Captain Fred !...

Le Guyavoile
Le Guyavoile

jeu.

09

oct.

2014

Ca dépote à Dakar !

Tous les bateaux sont dépotés

Le dépotage des bateaux continue aujourd'hui, et Grain de poivre sort de son container, et Olivier est soulagé, Grain de Poivre va bien !

 

C'est Olivier qui vous le raconte :

 

Yes, le bateau a pu être sorti de son container et il est intact !

Un joyeux débalage a été lancé, il fallait tout, absolument tout sortir pour avoir une vision claire de quoi-va-où. Déménager n'est jamais un grand moment de joie, mais devoir vider un bateau - instable car posé sur des pneus - en enjambeant les arceaux dans un sens puis dans l'autre, en se baissant pour pouvoir attraper les éléments à déménager... tout ça sous un soleil de plomb avec 36°C et une hygrométrie de 76% et bien... ça fatigue ! Même pire, ça use...

Donc après un repas "rapide" (comptons 3h pour une entrée et un plat, formule unique) j'ai pu repartir pour ranger toute la nourriture, et seulement elle. Mon idée est simple : matosser correctement l'alimentation (comprendre "équilibrer les masses") pour identifier et visualiser les éléments fréquemment manipulés afin de les ranger dans les compartiments les plus accessibles. Et bien... ce fut long, fatiguant, transpirant mais c'est une bonne chose de faite ! Pour donner une idée, à ce jour, j'ai dénombré pas moins de 147 mini-paquets de céréales pour le petit-déjeuner, 72 mini-gourdes de compote, 57 madeleines individuelles, 92 sachets de riz express, 49 sachets de purée et 22 paquets de cracottes ! Delphine, Marc, Eric, Mathieu et Philppe amèneront le complément mercredi prochain.

 

J'ai décidé de tout ranger et de lever le camp vers 17h00 car les coups de barres s'accumulaient et la chaleur m'avait bien entamé... de retour à l'hôtel je passe 15 bonnes minutes sous une douche tiède avant de m'affaler sur le lit... pour me masser les pieds et surtout les fesses avec tout un tas de crèmes préventives des risques de brûlures et d'irritation ; honnêtement, je ne crois pas m'être déjà autant masser l'arrière-train !

 

 

mer.

08

oct.

2014

1er jour à Dakar

Plage de Dakar

La nuit a été courte, le réveil est difficile, mais ils sont tellement pressés de retrouver leur bateau, que rien d'autre ne compte ! Après avoir attendu un peu, puis encore attendu, voilà enfin le premier container qui arrive ! Enfin, voilà nos bateaux !

Le premier bateau est sorti sportivement à bras de skippers, puis le second. Pour la suite, le tardivarius fait sont apparition et là tout devient plus facile ! C'est le nom donné au portique mobile en l'honneur de son inventeur Jean-François Tardiveau, ingénieux concurrent de la 1ère édition de Rames Guyane en 2006. Il a mis au point un outil de levage avec un treuil manuel monté sur roue permettant de déplacer les bateaux et de les mettre à l'eau directement de la plage.

La nuit tombe très rapidement, Grain de poivre est encore dans son container, il y passera encore la nuit au chaud, mais demain promis, c'est le premier à sortir !

C'était la première journée à Dakar, 30°C à l'ombre, chaud, chaud !

mer.

08

oct.

2014

Le Dauphiné Libéré parle de Grain de Poivre

dauphiné libéré 8 oct 2014

Un bel article en page 2 du Dauphiné Libéré, quelques jour après le départ d'Olivier pour Dakar. Rendez vous sur l'onglet Presse/média de ce blog pour le consulter.

 

(Il fallait être TRES attentif pour ne pas avoir raté la page 3 du Sun quelques jours auparavant. Non, ne cherchez pas dans ce blog, vous ne trouverez pas l'article du Sun, partagé dans un cercle très restreint uniquement)

mar.

07

oct.

2014

En vol pour Dakar ...

en vol pour Dakar

C'est à l'aéroport de Paris que tous les skippers se sont retrouvés pour entamer leur périple. Quelques heures de retard et ils ont pu tous embarquer dans l'avion. 18 skippers heureux d'être là, l'ambiance était au rendez-vous dans l'avion !

L'organisation de la course Rames Guyane les accompagnaient et nous a rapporté quelques photos de ces moments de joie.

 

L'arrivée à Dakar s'est fait tard dans la nuit, la fatigue se lit sur les visages, mais tout le monde est heureux de se rapprocher un peu plus de son but ultime !

lun.

06

oct.

2014

France Bleu Drôme Ardèche - Interview 05/10/14

France Bleu Drôme Ardèche

Samedi matin, en entendant la douce voix d'Olivier sur France Bleu Drôme Ardèche, de surprise, vous avez laissé tomber votre tartine dans le café. Dans la panique, vous avez courru chercher du sopalin papier absorbant, trébuché sur le chat, vous êtes étalé de tout votre long dans la cuisine et RAGE! Vous avez raté tout l'interview.

Ouf, vous pouvez re-écouter ces 4 minutes, au calme, depuis l'onglet Presse/média.

(et surtout, méfiez-vous des chats)

dim.

05

oct.

2014

En route pour Dakar

En route pour Dakar

Comment on se rend compte que ça y est, il est parti ? C'est quand on retrouve sa table de salle à manger vide ! Ca fait près d'un an que des appareils électroniques en tout genre (AIS, GPS, camera, radio, antennes, ...) assortis de leur notices jonchaient la table dans notre salle à manger. Et voilà, aujourd'hui elle est vide ! Olivier a réussi à tout faire rentrer dans ses 2 valises, 35 kg d'électronique au total !

Tout ce joli petit monde a rallié la capitale aujourd'hui où une conférence de presse attend l'ensemble des skippers de RamesGuyane demain, lundi 6 octobre.

La maison se vide, mais il me reste de quoi me consoler ! 50 kg de nourriture, la planche KK (je viens de m'apercevoir qu'elle ne rentre pas dans le sac dans lequel j'avais prévu de l'emmener...), une pompe (la fameuse Bravo 10), une corde et des drapeaux. Tout ceci devra rejoindre le bateau avant le départ de la course. Heureusement que nous sommes nombreux à accompagner Olivier au départ de la course ! Chacun partira donc avec sa part du chargement, les personnes concernées sont prévenues !

Mardi, tous les skippers monteront dans l'avion direction Dakar. Et nous les rejoindrons une semaine plus tard.

Voilà, c'était les premières impressions de l'équipe à terre qui a hâte de partir à Dakar.

     De retour sur terre après

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