J+77 Une aventure partagée

Vianney et Eddy nous ont ramené à bon port nos deux rameurs du Large maîtrisant de bout en bout ce délicat remorquage au large des côtes de l’Amérique du Sud. Partis pour une semaine à bord de leur voilier «Béru» , il auront finalement passé plus de 15 jours en mer, découvrant au fil des milles l’authentique aventure partagée qu’ils allaient vivre. Il fallut d’abord rattraper Patrice Charlet (alias Mac Coy) emporté au cœur du Maelström sans espoir de pouvoir s’en extraire pas ses propres moyens.  Malgré les conditions particulièrement tourmentées sur zone, ils retrouvaient notre rameur breton à près de 400 milles des côtes et parvenaient à lui transmettre une salvatrice ligne de remorque. L’objectif consistait alors à le conduire en dehors de cette zone infernale pour l’emmener dans le fameux courant sud-équatorial des Guyane tant convoité par tous les rameurs. Sur leur chemin vers le Graal, l’ardéchois Olivier Montiel , épuisé par deux mois et demi de mer et par une situation de plus en plus contrariante, en appelait à son tour à leur assistance. Aucune obligation ne les contraignait à y répondre favorablement et pourtant, Vianney et Eddy acceptèrent de mener la tête de ce convoi hors normes jusqu’à Cayenne. Merci à eux et bravo à nos deux rameurs qui auront réussi à rester en mer jusqu’à rejoindre la terre ferme, comme un accomplissement de leur très longue traversée. Ces quatre-là auront vécu une aventure commune qui les marquera sans doute durablement ainsi qu’en témoignaient les visages émus de chacun d’entre eux au moment de se quitter. Guettant fébrilement leur approche depuis la Pointe du Fort Diamant, les proches et les équipes des marins finissaient par les retrouver en début d’après-midi au Port de Dégrad des Cannes en Guyane. Les traits tirés mais les mines réjouies, l’accueil sur les berges du Mahuri fut à la hauteur des efforts consentis par ces marins pour aller au bout de leur rêve d’une rive à l’autre de l’océan.


(Vidéos)

Rames Guyane J+77

Cette fin de périple en appelle une autre dans les toutes prochaines 48 h, celle de Matthieu Martin qui passait ce soir au large du Cap Orange, à moins de 100 milles de la ligne des îles du Salut. Avec cette foi inébranlable en l’océan et cette insatiable curiosité qu’il ne l’ont jamais quitté depuis le départ malgré toutes les difficultés endurées, il poursuit inlassablement son chemin, proche plus que jamais du dénouement heureux de ce long voyage initiatique. Matthieu aura ébloui par ses propos lucides et éclairés tous les observateurs de l’aventure. Avec sa patte si personnelle et si réjouissante, il aura marqué l’histoire de l’épreuve.

 

Patrice Maciel, admirablement suivi par Charly, insatiable routeur et confident hors pair, devrait arriver mercredi prochain. Aurait-il pris le départ de ce périple si il en avait mesuré au préalable la durée et la difficulté ? Pas certain que lui-même en ait la réponse pour l’instant. Seule la perspective de ses retrouvailles avec ses proches et la terre ferme concentre son attention chaque instant. Après bientôt 80 jours de mer, les rameurs finissent légitimement par être obnubilés par cet objectif. Le lien qui unit un routeur à terre à un marin au Large ne se résume résolument pas qu’à un simple transfert de données, il s’agit de bien plus, l’expérience peut être aussi forte d’un côté et de l’autre du rivage. Bravo à Charly pour ces analyses d’une rare pertinence qui auront profité à plus d’un rameur.

 

Depuis le Nord, Gérard Marie continue de nous étonner, il vient de traverser du Nord au Sud la zone de courants traversiers si problématique pour ceux qui l’y ont précédé. Porté par de forts vents de Nord-Est, il aura sans doute vécu le privilège des pires conditions de cette traversée 2014, avec des vagues déferlantes d’un bleu vert inquiétant contrastant avec l’écume écarlate de l’écume volatile et bruyante. Sa trace magnifique en forme de « S » perturbe ceux qui ont fréquenté cette zone, et plus encore ceux qui juraient grand dieu que ce passage du Nord était impossible. Gérard nous prouve le contraire et s’apprête maintenant à plonger dans le courant des Guyane qui le ramènera vers la Terre. Nul doute qu’ils seront nombreux à  l’accueillir admiratifs. Par son parcours, par sa philosophie et son incroyable aptitude à résister aux assauts incessants du sort et des éléments, Gérard figure d’ores et déjà au plus haut sur le podium du mérite.

 

Mathieu Morverand

     De retour sur terre après

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