J+75 Cinq marins encore en mer

Depuis la maison de leurs hôtes, soignés aux petits soins par leurs proches, les deux rameurs Rémy Landier et Didier Torre ont pu savouré les plaisirs d’un chaleureux réveillon bien entourés par une joyeuse assemblée attentive aux récits de leurs traversée. Le mal de terre ne les a pas épargné et il leur faudra sans doute un peu de temps avant d’être à nouveau synchronisés avec les repères fixes du monde terrestre. Ce petit déséquilibre qui génère un léger tangage et fait « bouger » les meubles ne les aura pas empêché de dévorer avec gloutonnerie toutes ces bonnes choses qui leur ont tant fait défaut à bord. Ce n’est que le lendemain que s’opère réellement le retour à la vie normale, avec l’amorce du travail de réflexion sur cette expérience hors normes tout juste vécue et pourtant déjà dans le sillage des souvenirs. Les nuits peuvent enfin renouer avec la nécessaire quiétude d’un repos réparateur, sans stress ni veille permanente. Ce temps de réflexion sera long et certaines images resteront durablement, voire définitivement, ancrées dans la mémoire de nos marins. Allégés de 10 à 15 kg de masse corporelle, il leur faudra aussi reprendre une hygiène de vie normale, notamment avec une alimentation saine et équilibrée.

Rames Guyane J+75

En mer, pour ce 1er jour de la nouvelle année, cinq marins poursuivent leur route vers la Guyane, les premiers attendus au port de Dégrad des Cannes à Cayenne samedi matin tôt. Il s’agit de l’ardéchois Olivier Montiel et du breton Patrice Charlet (alias Mac Coy). Remorqués depuis plusieurs jours par le voilier « Béru », les deux marins, désormais confrontés à des problèmes de santé, ont finalement décidé de mettre un terme à leur aventure sans tenter de reprendre les avirons dans le courant sud-équatorial. Le convoi marche à vive allure et pourrait dépasser le Cap Orange dès demain.

 

Au sud de leur trace, Mathieu Martin se trouve précisément dans cette généreuse veine de courant et entretient une vitesse régulière de plus de 3 nœuds dans la direction des îles du Salut. Il pourrait en terminer dimanche ou lundi après près de 80 jours de mer. Patrice Maciel bénéficie à présent du même courant un peu plus de 200 milles derrière Matthieu. Il lui faudra quelques jours de plus pour en terminer à son tour.

 

Mais c’est au nord que toutes les attentions ont aujourd’hui été concentrées. Gérard Marie avait en effet amorcé sa descente hier dans le fameux courant traversier qui a posé tant de problèmes à plusieurs skippers. La crainte de le voir emporté dans la spirale défavorable du grand maelström comme d’autres avant lui se justifiait amplement. Mais à la mi-journée, la juxtaposition de sa route sur les cartes Mercator (cf ci-dessus) pouvait laisser penser qu’il était parvenu à franchir la zone problématique et à atteindre une zone moins affectée par ces mouvements. Mais ce soir, rien ne permet de certifier qu’il en soit réellement sorti, d’autant plus que la configuration des vents devrait lui permettre de descendre dans le Sud-Ouest. A défaut d’une veine clairement mentionnées sur les cartes, comment expliquer la route de Gérard alors que la zone dans laquelle il évolue semble libre de tous courants ? Il serait vraiment intéressant de disposer d'une carte précise affichant cette fameuse veine, cause de tous nos soucis. Tous à terre espèrent en tout cas que Gérard  trouve le plus rapidement le chemin du retour .

 

Mathieu Morverand

     De retour sur terre après

77 JOURS

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