J+53 Le doute n'est plus permis

A force de scruter les cartes de courants et leurs effets sur la route des rameurs, certains observateurs commençaient à douter de cette influence des courants en pensant que celle-ci restait modérée et que les vents pouvaient en toutes circonstances les compenser. Mais les rameurs n’ont en fait été observés jusqu’alors qu’au travers de courants faibles ou moyens (blancs et bleus sur l’échelle d’intensité Mercator). Ce qui vient de se passer à l’avant de la flottille nous a rappelé en un instant le souvenir des précédentes éditions lorsque que les rameurs se mirent à entrer dans ces zones fortement brassées. Ce contact eut lieu précisément à 23h (heure française) la nuit dernière pour Jean Pierre, Harry et Salomé qui furent littéralement aspirés par ce fameux courant traversier redouté depuis quelques jours et dont l’intensité (jaune) semble bien plus forte que celle des courants rencontrés jusqu’alors. A la lecture de la carte du jour, le doute n’est plus permis, l’impact de ces courants dont la vitesse peut dépasser 1 nœud voire bien plus ont donc un impact réel et considérable sur ce genre de bateau. Le contexte actuel alimenté par une rare complexité laisse ouvertes toutes les hypothèses au point qu’il reste difficile aujourd’hui encore de se prononcer sur la pertinence d’une option plutôt que autre.

 

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L’objectif des trois rameurs de tête est de s’échapper au plus vite par le Sud de ce courant traversier pour basculer ensuite dans le courant sud équatorial dont les eaux tempérées conduisent tout droit vers la Guyane et les îles du Salut. Lors des précédentes éditions, on pouvait relever au cœur de ce courant des vitesses de 4 nœuds ou plus. Le danger de la manœuvre réside dans le risque d’être embarqué trop vers l’Est dans le cœur du mouvement circulaire. Un peu plus au Nord, Richard qui n’a pas encore obliqué vers le sud parvient à conserver la route de l’orthodromie mais relève des conditions de plus en plus « bizarres », lui signifiant que quelque chose est en train de se passer sous sa coque. Il ne devrait plus tarder avec Laurent et Antonio à atteindre à leur tour le point de contact.

 

De son côté, Olivier D. paraît retrouver des conditions un peu plus favorables après avoir été malmené dans le cœur du maelström. Il pourrait rapidement lui aussi toucher les faveurs du courant sud-équatorial et inquiéter à nouveau le trio de tête. Un peu plus à l’Est, les deux courageux sudistes ont été confrontés à des vents de Sud-Est qui ont compliqué leur quête de l’Ouest. Patrice M. entraîné dans le Nord-Ouest commence à s’interroger sur ses chances de pouvoir appliquer la stratégie mise en place depuis plusieurs semaines. Didier, qui a réussi à maintenir son cap sans trop remonter vers le Nord, reconnaît que cette course malmène chaque jour le moral des rameurs. Lui qui pensait trouver de meilleures conditions au Sud rencontre en fait des obstacles de plus en plus difficiles au fil de sa progression.

 

Avec des pointes à plus de 3 nœuds, Rémy se plait à nous révéler qu’il « a pris son pied » aujourd’hui sur une mer belle et sous des vents réguliers. Tout près de lui, Patrice se montre indécis sur le choix de la route à adopter : Doit il s’engager sur le sillage de Catherine et Philippe ou suivre la route du nord ? Mathieu a lui viré de bord et semble reprendre un cap à l’Ouest, renonçant ainsi à la route du Sud. Confronté à un courant portant vers le Nord, Olivier M. a subi ces dernières 24 h une mer forte et croisée. Gérard quant à lui se situe à l’extrémité d’une zone de courants défavorables dont il pourrait s’échapper par le Nord.

 

Mathieu Morverand

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