J+38 De belles progressions pour la Ste Catherine

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Hier soir, nous annoncions aux rameurs des vents d’Est-Nord-Est (dans un secteur compris entre 60° et 75° selon les positions) sur toute la zone. Pourtant, à l’aurore, la surprise fut de taille pour certains skippers de lire sur leurs GPS un déplacement vers le Nord-Ouest, eux qui la veille au soir, sous un vent bien établi au Nord-Est, étaient persuadés de perdre vers le sud dans la nuit. La lecture de la carte des positions ce matin confirmait cette dérive inattendue. Que se passait-il ? Pour répondre à cette question, souvenons-nous de l’épisode du 4 novembre dernier au cours duquel le même phénomène se produisit. Il semble qu’il s’agisse à nouveau d’une remontée de la zone intertropicale de convergence, cette fameuse ZIC à l’humeur orageuse.

J+38

Comme en atteste la carte ci-dessus (src : http://www.opc.ncep.noaa.gov/UA/Atl_Tropics.gif), cette zone perturbée, familièrement baptisée le « Pot-au-noir » suit un cheminement ondulatoire en se déplaçant de part et d’autre de l’Equateur. Les alizés du nord s'affrontent aux vents du sud  dans une atmosphère chaude oscillant entre 25 et 30°. La forte humidité qui y règne favorise l’émergence de phénomènes convectifs ascendants qui prennent la forme de cumulonimbus impressionnants pouvant s'élever jusqu'à 15 000 mètres d'altitude. La ZIC ne concerne donc pas que nos rameurs mais tous ceux qui naviguent dans ces parages qu’ils soient à la barre d’un navire ou aux commandes d’un aéronef. Sous ces formations météorologiques peuvent survenir des pluies diluviennes et des bourrasques violentes. Mais à l’inverse, cette zone étrange peut aussi être le siège de « pétoles » (calme plat) terribles qui ont immobilisé des jours durant plus d’un marin à voile. Ces sautes brutales de vent malmènent donc actuellement les nerfs de nos rameurs forcément sensibles aux formes obscures et menaçantes de ces nuages gigantesques sous lesquels il peut faire nuit en plein jour tant leur épaisseur est importante.

 

Lors des dernières 24h, une « bosse ondulatoire » a dépassé le 10ème parallèle Nord et a généré en conséquence pour les skippers de Rames-Guyane des vents variables d’Est-Sud-Est assortis de passages de grains très humides dont certains ont été visiblement assez forts. Cette période perturbée est actuellement prévue jusqu’à jeudi 6h UTC au moins avec un déplacement de l’ensemble vers l’Ouest. Compte tenu de leurs positions respectives désormais très distantes, les rameurs ne sont pas tous affectés de la même façon. Ceux qui le sont plus particulièrement en milieu de flottille devraient donc retrouver des conditions normales vers la fin de semaine avec un retour de vents établis au nord-est autour de 18 nœuds.

position skippers

Cet épisode n’a pas empêché certains rameurs de profiter au maximum de conditions qui deviennent globalement de plus en plus favorables. Comme le souligne Pierre Verdu, Antonio a en effet explosé le record avec 63,4 milles nautiques parcourus en 24h, et plusieurs autres dépassent ou flirtent avec les 50 milles. A l’arrière, Olivier Montiel (45 milles) et Philippe Malapert (49 milles) ont retrouvé des forces et progressent de mieux en mieux. Sans doute font ils corps désormais avec leur embarcation. Le relevé de ces données bouleverse les prévisions et pourraient laisser entrevoir des arrivées plus tôt que prévu. Il convient toutefois de rester prudents car la situation peut changer très vite et on ne sait toujours pas comment les bateaux vont réagir lorsque les rameurs vont aborder prochainement les turbulences qui précèdent le courant sud-équatorial.

 

Cette situation certes instable reste malgré tout assez favorable avec des vents bien établis sauf au Sud ou Patrice et Didier continuent à naviguer sous des vents faibles ponctués de grains au cœur de la ZIC. Pour profiter de ces bonnes conditions dont bénéficient les rameurs restés au nord, le réglage du bateau est primordial. Plusieurs d’entre eux, à l’instar de Rémy ou de Patrice C (alias Mac Coy) peinent à optimiser au mieux les appendices de leur embarcation et perdent la nuit ce qu’ils gagnent le jour au prix de longues journées de plus de 10 heures aux avirons. Cet apprentissage réel leur permettra certainement de trouver rapidement les solutions adéquates. A l’inverse, d’autres tels Philippe, Olivier ou encore Catherine semblent maintenant faire corps avec leur bateau tant leurs trajectoires sont rectilignes et leur vitesse stable, de belles progressions pour la Ste Catherine !

     De retour sur terre après

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