J+33 L'arrivée des Alizés par le Nord

météo

Une telle traversée peut parfois s’apparenter à une course cycliste dans une interminable côte dont on ne verrait jamais la fin. Au détour de chaque virage, on espère trouver le sommet, mais au lieu de cela, c’est l’ascension qui se poursuit encore et toujours sans que l’on puisse en distinguer le terme. L’arrivée des Alizés, c’est un peu le sommet des rameurs, comme le 25ème méridien est un palier, après un mois d’errance dans une mer capricieuse et indécise. D’autres paliers attendent encore les marins comme autant d’étapes à franchir avant d’atteindre les côtes de la Guyane.

 

Les semaines passées nous avaient appris à être méfiants, à ne croire que nos propres observations et à consulter avec prudence toutes les prévisions disponibles.  Difficile en effet d’annoncer à nos skippers l’imminence d’une bonne nouvelle qui en fait n’arrive jamais en raison d’évolutions climatiques légèrement divergentes des prévisions annoncées. Ces points de détail à terre deviennent des calvaires pour les rameurs confrontés à des espoirs déçus.

 

Mais cette fois, il semble bien que le plan d’eau ait évolué sensiblement comme cela avait bien été annoncé, gagné par des vents de nord-est établis d’abord par le Nord et progressivement un peu plus au sud. Grâce au tableau de Pierre Verdu (en PJ), on constate que le record de distance parcourue en 24 h a été battue par Salomé, avec quelques 54 milles au compteur ! Une prouesse qui conforte la pertinence de sa position au nord, tout près de l’orthodromie.

 

Par ailleurs, comme en atteste la carte ci-dessous, une large couverture nuageuse et pluvio-orageuse est remontée du Sud et de la ZIC affectant plusieurs marins au sud et à l’est de la zone. Plusieurs d’entre eux ont subi des averses et même quelques grains orageux accompagnés de fortes rafales de vent, des conditions que ne rencontraient jusqu’alors que Didier et Antonio.

carte J+33

Certains de ces marins, notamment à l’arrière de la flottille, confirment bien un renforcement des vents par le nord-est mais sans évolution positive de l’état de la mer qui reste croisée et délicate à gérer. Quelques rameurs ont reçu des paquets de mer suffisamment violents pour se faire déséquilibrer complètement jusqu’à tomber à l’eau en dehors du cockpit. Les dégâts de telles acrobaties restent pour l’heure globalement mineurs mais peuvent s’avérer beaucoup plus dommageables si une seule des ouverture de l’habitacle restait ouverte. Une fausse pelle dans une vague un peu creuse peut aussi occasionner un risque de casse des avirons et endommager les dames de nage. Il convient donc pour les rameurs de rester prudent avec l’espoir que cette houle résiduelle disparaisse au profit d’une houle accordée avec les vents, lorsque les Alizés se seront installés depuis plusieurs jours.

 

Rémy Landier (n°84) et Olivier Montiel (n°7) poursuivent leur progression et ont hâte eux aussi de bénéficier des mêmes conditions idéales que celles de leurs collègues quelques degrés devant eux à l’ouest et au nord-ouest. La lecture du prochain relevé de Pierre Verdu sera très instructive pour connaître précisément l’évolution de leur progression.

 

Mathieu Morverand

     De retour sur terre après

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