J+26 Le dilemne du Nord ou du Sud

Le dilemne du Nord ou du Sud

Rémy Landier (n°84) et Olivier Montiel (n°7) ont choisi la route du nord en adoptant un cap au 260° vers l’Ouest-Sud-Ouest. Tandis que Rémy semble avoir adopté son rythme de croisière en augmentant chaque jour un peu plus sa vitesse moyenne, Olivier est confronté de son côté à quelques douleurs dorsales et scapulaires persistantes qui l’empêchent de se tenir aux avirons aussi longtemps qu’il le souhaiterait. Grace aux conseils prodigués depuis la terre, il se soigne et espère très prochainement repartir et reprendre son retard. En attendant, il profite pleinement de son expérience et savoure l’immense quiétude que lui confère cet isolement solitaire au milieu de l’océan.

 

On apprend par ailleurs ce soir qu’il est confronté à un épineux problème de câble défectueux qui l’empêche de recharger son téléphone satellite. Il va tenter de résoudre le souci mais il ne dispose pas à son bord de l’outillage requis pour de telles réparations.

 

Pour l’observateur extérieur, la lecture de la carte des positions peut laisser penser à deux, voire trois courses distinctes. Au nord, on trouve l’essentiel de la flottille avec 15 rameurs (dont Rémy et Olivier) filant vers l’ouest en quête de la fuyante orthodromie, cette route la plus courte entre Dakar et la Guyane. Au milieu, Antonio, le seul skipper castillan tente une route médiane tout en préservant son gain vers l’ouest. Au sud, fidèle à son objectif des premiers jours, Didier le Pont-l’Abbiste a délibérément choisi une route au plein sud et maintenant au sud-ouest pour tenter d’attraper le puissant courant sud-équatorial qui déchire tout l’Atlantique d’Est en Ouest au niveau de l’Equateur avec des vitesses avoisinant parfois les deux nœuds.

 

L’influence de ce courant sur ces petits bateaux est nettement supérieure à celle des modestes courants rencontrés jusqu’alors dans les eaux cap-verdiennes. L’intérêt de naviguer dans cette masse d’eau en mouvement ne souffre d’aucun doute pour quiconque voudrait traverser dans ce sens d’autant plus que les vents qui la balaient portent également vers l’ouest.

 

A ce jour, Didier se trouve entre le 7ème et le 8ème parallèle et a déjà parcouru 560 milles vers le sud-ouest. 350 milles environ le séparent encore de ce courant providentiel présent dès la latitude 3°N. S’il poursuit à sa vitesse actuelle, il pourrait l’atteindre dans approximativement 15 jours, soit vers le 28 novembre prochain. Lorsqu’il abordera cette veine dont la frontière peut s’avérer très franche voire même un peu agitée, il devrait à priori ressentir immédiatement les effets de ce véritable ascenseur océanique et partir bien plus rapidement vers la Guyane. Toute l’incertitude de ce pari particulièrement osé et tout à fait inédit dans les annales de l’épreuve réside justement dans l’influence que ce courant aura vraiment sur le bateau et sur la capacité de son rameur à l’atteindre face à des vents orientés au sud-est au moins jusqu’au 32ème méridien. La route que Didier suit actuellement semble précisément viser cette zone de contact. Si Didier y parvient et si ce courant le porte à la vitesse escomptée, il pourrait remonter bien plus vite que les rameurs du nord qui seront eux confrontés à un délicat exercice de slalom entre des zones de courants défavorables.

 

Le dilemme du choix d’une route au nord ou d’une route au sud trouvera donc son épilogue vers la fin novembre. Si Didier réussissait son pari, nous n’aurions plus qu’à nous incliner devant sa détermination et son extraordinaire opiniâtreté.

Nous lui souhaitons de tout cœur que son audacieuse tentative porte des fruits.

 

Mathieu Morverand

     De retour sur terre après

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