J+15 Voir loin pour mieux comprendre

Voir loin pour  mieux comprendre

Ce soir, Mathieu nous explique sa stratégie.

 

Voilà 15 jours que nous annonçons la présence des vents des Alizés au Large et pourtant, malgré les efforts quotidiens des rameurs, on ne les sent toujours pas emportés par ce flux. A bord comme à terre, on peut alors légitimement avoir quelques difficultés à comprendre la situation. Pour bien réaliser ce qui se passe, voici ci-dessous une carte extraite du site de l’organisation avec la position des skippers relevée à 17 h sur laquelle a été ajouté le calque des vents extrait des données GRIB pour le même jour à la même heure.

 

Ce document montre clairement que ces vents du nord parfois du Nord – Nord / Ouest n’affectent que la zone où se trouvent actuellement les rameurs et plus encore la zone côtière du Sénégal où la situation n’a guère évolué depuis la semaine dernière. Les skippers les plus à l’ouest rencontrent déjà des vents de Nord – Nord / Est qui gagneront de plus en plus le secteur EST au fil de leur progression comme le montre la carte. On remarque d’ailleurs une corrélation assez marquée entre la ligne de foi des différents bateaux et le sens du vent où ils se trouvent. La lecture de la zone globale nous révèle un contexte de deux masses de vents antagonistes, l’une venant du nord au-dessus du 10ème parallèle et l’autre venant du sud sous le 5ème parallèle. Ces deux masses s’annulent dans une zone de convergence comprise entre ces deux parallèles et semblant s’ouvrir à partir du 23ème méridien avec des vents alors orientés de l’Est vers l’Ouest.  

 

Les rameurs ont-ils tous connaissance de ce contexte ? Au regard des trajectoires observées, on peut deviner des choix de navigation pris en connaissance de ces conditions. Partir au sud-ouest dans le contexte actuel ne paraît pas en effet comporter autant de risques que si toute la zone à l’ouest jusqu’aux côtes américaines était balayée par des vents de nord-est, comme en février 2012. En admettant que les trajectoires actuelles puissent être prolongées devant eux, on peut anticiper des positions à venir dans des zones de vent plus favorables même si cela les porte aux alentours du 10ème parallèle.

 

Cette analyse reste toutefois délicate car cela se fonde sur une situation figée à la date d’aujourd’hui qui n’est évidemment pas la réalité de la traversée et des semaines à venir. Rien nous certifie que la situation ne va pas évoluer différemment. Les 7 jours de visibilité météo dont nous disposons ne sont pas suffisants pour garantir aux skippers que la situation actuelle ne va pas changer, bouleversant ainsi les éventuelles stratégies. S’éloigner de l’orthodromie (ligne jaune matérialisée sur la carte et représentant la route la plus directe) comporte donc bel et bien un risque, notamment si les vents venaient à s’orienter plus au Nord-Est qu’à Est. Si les marins atteignaient dans ce début de course le 10ème parallèle, la marge de manœuvre deviendrait restreinte car ils ne disposeraient plus que de 5° de latitude pour couvrir l’essentiel de la traversée jusqu’à l’arrivée située sur le 5ème parallèle.

 

De leurs côtés, malgré une mer formée et déjà quelques frayeurs au passage des déferlantes qui leur sont latérales (par tribord), Rémy Landier (n°84) et Olivier Montiel (n°7) tentent de conserver une route le plus à l’ouest possible mais c’est un exercice inconfortable et épuisant. On comprend qu’il leur soit tentant d’abattre et de naviguer dans le sens du vent mais l’effet est alors immédiat, leur route réelle plonge quasi instantanément dans le sud.

 

Il nous faut donc tous les arguments objectifs et tout le soutien de leurs proches pour les encourager à maintenir à tout prix leur route vers l’Ouest plutôt que vers le Sud. Comme leurs collègues en tête qui les distancent d’une centaine de milles, ils se rapprochent lentement mais sûrement de ces zones où ils pourront savourer le plaisir de conditions de navigation au portant et considérer ces premières semaines de course comme une épreuve vécue dont ils peuvent d’ores et déjà être fiers. Nul doute que l’on se souviendra longtemps dans les annales de l’épreuve de ce début d’édition 2014.

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Position des skippers et orientation du vent au 2 novembre

     De retour sur terre après

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