J+14 ENFIN !! Les bonnes nouvelles arrivent !

Ca s'arrange !

Cette fois-ci, on peut y croire, enfin ! La situation évolue dans le bon sens !

Mathieu Morverand, qui m'avouait hier soir qu'il préférerait être en mer à bord du bateau à ramer avec eux plutôt que de leur dire "allez y les gars, ramer, ça va s'arranger !", vous explique tout ça.

 

Les données météo de type « GRIB » que nous utilisons pour fournir aux marins une information sur leur zone d’évolution sont brutes et non interprétées par des prévisionnistes. Exceptés les bulletins parcellaires disponibles en anglais pour la région comprise entre l’archipel et la péninsule du Cap Vert, les données analysées pour la zone où évoluent actuellement nos rameurs sont rares et peu étoffées. Il nous revient donc à nous d’interpréter ces données avec notre propre sensibilité et nos modestes outils. Toutefois, si l’on a pu pécher par excès d’optimisme à la veille du départ, convaincus que tout le monde allait partir sans encombre, nous ne nous sommes pas trop égarés ensuite dans les méandres de ce climat tourmenté. Les informations que nous avons distillées aux skippers jusqu’alors se sont révélées exactes, et nous n’avons pas transmis que des bonnes nouvelles …. Malgré tout , plusieurs paramètres nous échappent encore complètement : d’une part, le caractère très instable des vents pouvant forcir ou mollir dans la même heure sans que cela ne soit annoncé, et d’autre part, l’état de la mer sur une position exacte. Nous disposons bien de la hauteur de houle moyenne sur de vastes zones, mais pas sur une position précise. Le fait de suivre deux marins simultanément nous a révélé que l’on peut trouver à des distances très proches –de l’ordre de quelques milles seulement parfois - des conditions de mer sensiblement différentes. Cela s’explique notamment par ces courants qui tournoient dans toutes les directions, rarement dans le même sens que le vent. Difficile dans ces conditions de fournir aux skippers la réponse qu’ils attendent, à savoir quelle mer ils vont précisément trouver devant leur étrave. Peut-être les évolutions technologiques à venir offriront elles aux marins des futures éditions de tels outils pour une lecture fine et très localisée.

 

Cela dit, tout en conservant l’humilité et la méfiance que ces deux premières semaines de course nous ont enseignées, il semble que l’on puisse dire quand même que la situation a quelques peu évolué … dans le bon sens. La carte ci-dessous a bien meilleure allure que celles des jours passées. En fouillant dans les archives, on croirait même reconnaître la carte de l’édition 2012 … du 4ème jour.

 

Rémy Landier (n°84) et Olivier Montiel (n°7) ont bien conscience de la réalité mais il en faudrait bien plus désormais pour altérer leur détermination. La navigation au large leur apparaît presque un soulagement, ils entrent maintenant dans le vif du sujet, leur cap pointe enfin les îles du salut même si ce vent du nord s’échine encore et toujours à vouloir les pousser dans le Sud.

 

Cet infléchissement des routes vers l’ouest constitue-t-il la signature des Alizés tant convoités ? Nous pensons pour notre part que nous n’y sommes pas encore tout à fait et que la flottille entière, même éparpillée, n’est pas complètement à l’abri d’un retour de vents de nord-ouest. Il convient donc de poursuivre sans relâche cette quête de l’Ouest jusqu’à trouver enfin ces conditions qui nous confirmeront la présence des marins dans ce grand flux d’Est. Parmi ces indicateurs, nous pouvons notamment observer la distance parcourue en longitude par 24 h et la comparer aux éditions précédentes. Sous 45’ d’arc , il nous semble un peu enthousiaste de croire que les skippers auraient atteint ce flux. Les éclaireurs en tête de course ont parcouru au cours des dernières 24 heures entre 30 et 35 minutes. Il nous faudra donc encore être un peu patients avant de nous réjouir de manière certaine de leur entrée dans ce flux.

 

Rémy et Olivier puisent au plus profond de leurs ressources physiques et mentales pour gagner chaque heure un peu plus vers l’ouest. Ils nous révélaient à la mi-journée des conditions de mer difficiles avec une houle croisée, parfois déferlante. Ils apprennent peu à peu à optimiser leur maniement des avirons, en ne plantant leurs pelles qu’aux moments les plus opportuns, lorsque le bateau atteint le sommet de la vague et entame sa plongée vers le creux, laissant ensuite l’inertie faire le reste pour remonter au dos de la vague. Cette technique propre à la yole de mer est bien différente de l’aviron classique peu coutumier de ces vagues qui obligent à croiser les avirons et à jouer les équilibristes en permanence. Cet exercice est non seulement technique mais aussi physique, notamment pour le dos et les lombaires. Olivier en fait la douloureuse expérience et tente le plus souvent possible de changer de position pour soulager ses muscles et articulations endolories. Quant au matériel, il souffre aussi, Rémy aura dû passer une matinée à faire le funambule sur le pont à l’avant de son bateau pour extraire complètement sa dérive et changer le bout que les allers et retours incessants dans le puits depuis le départ ont fini  par user jusqu’à la rupture.

 

Malgré tous ces petits tracas, le baromètre du moral reste au beau fixe. Il devient simplement urgent à présent de prendre le Large pour de bon.

Position au 1er novembre
Position au 1er novembre

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