J+12 Brassés par les eaux

Brassés par les eaux

Mathieu vous explique pourquoi ils ont tant de mal à avancer aujourd'hui. Vous allez devenir incollable sur le vocabulaire maritime. Mer croisée, ça parle à tout le monde ? Et bien après avoir lu les expliquations, vous aurez tout compris !

 

Depuis quelques jours à présent, le vent est orienté au Nord, s’égarant parfois dans le secteur Ouest, beaucoup plus furtivement malheureusement de l’autre côté. Dès l’aurore, les conditions se sont apaisées. On aurait pu penser que les skippers s’en soient réjoui mais c’est en fait tout le contraire qui s’est produit. En effet, lorsque le vent est suffisamment établi (au-delà de 8 nœuds au moins), il génère une houle franche qui limite les effets du courant. Dans la situation actuelle, le courant remonte du sud et suit un cap vers le nord-ouest, c’est-à-dire aux trois quarts de face au vent, ce qui entraîne une mer croisée insupportable où il est bien difficile de déterminer d’où viennent les vagues (voir carte ci-dessous avec vents et courants superposés). Le bateau est systématiquement arrêté par les vagues et ne parvient pas à conserver son erre, ce qui oblige les rameurs à le relancer en permanence au prix d’efforts très physiques pour un faible rendement. Si le vent continuait ainsi de mollir, les skippers pourraient espérer une mer calme, mais la houle résiduelle est tenace et reste entretenue par ce qui se passe au nord avec des vents plus forts. Inutile donc d’espérer une mer d’huile.  

 

Rémy Landier (n°84) et Olivier Montiel (n°7) se sont résolus comme tous les autres à accepter cette situation qui s’éternise. Bien difficile de faire autrement de toute façon. Lors des précédentes éditions, les skippers naviguaient entre 35 et 50 jours pour parcourir les 35 degrés de longitude qui séparent Dakar des îles du Salut, soit entre 45 minutes et 1 degré de progression par 24 h. Depuis le 18 octobre, date du départ, les skippers les plus avancés vers l’ouest ont péniblement arraché 2 degrés de longitude en 12 jours de course, soit une moyenne de 10 minutes par 24 heures. Si l’on suit le rythme de cette implacable arithmétique, il faudrait 35 x 6 soit 210 jours … ce qui est tout simplement impensable !!

 

Une chose est certaine en revanche : tant que les vents ne seront pas franchement orientés à l’Est ou au Nord-Est, les marins mettront encore plusieurs jours à atteindre ce flux des Alizés qui ne semble réellement efficace qu’à partir du 20ème méridien. Remy et Olivier sont actuellement au 18ème méridien et progressent environ de 15 minutes en 24 h. Autrement dit, si les conditions n’évoluent pas plus favorablement, il faudra encore une bonne semaine avant qu’ils ne soient enfin emportés par les Alizés vers le Grand Large.

 

Le chemin est donc encore long mais chaque minute gagnée les rapproche un peu plus et surtout les éloigne du risque encore bien réel de retour en arrière. Cette situation rappelle en tout cas à tous ceux qui pourraient encore en douter que les éléments naturels restent bien les maîtres du jeu lorsque l’on s’engage dans de tels voyages.

Vents et courants du 30 octobre
Vents et courants du 30 octobre

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