J+7 Quand les vents tourneront, nous nous en alleront

Quand les vents tourneront...

Petit point météo de Mathieu qui va pouvoir se reposer un peu en attendant que les vents tournent.

 

Sans être agitées, les conditions de cette première semaine de course sont pour le moins agaçantes, tant pour les skippers que pour tous ceux qui les suivent. Pour autant, l’équipe qui constitue l’échappée du sud affiche un moral étonnant comme si toutes les taquineries d’Eole ces derniers jours ne les avaient même pas effleurées. En meneur, fier Triskel au vent, le breton Didier Torre se joue de cette malchance et continue brillement sa progression en tête dans le sud. En marin qu’il est, sûr qu’il préférerait à cette succession de pétoles et de petites brises un franc souffle des Alizés qui le porte loin au large dans l’ouest. Après tout, peut-être sa stratégie portera t-elle ses fruits, les vents actuellement d’Est au large pourraient durer suffisamment longtemps pour permettre de rattraper vent arrière ces deux petits degrés perdus vers le sud. Seul l’avenir le dira, nous lui souhaitons sincèrement que cela arrive !!

 

Comme nous souhaiterions aussi évidemment que l’amélioration prévue pour vendredi prochain 31octobre  et peut-être même  un peu avant ne soit pas qu’un leurre pour nous énerver encore un peu plus. Après des hauts et bas, Remy Landier (n°84) et Olivier Montiel (n°7) n’en finissent plus de remonter vers le nord-ouest. Ils ont rejoint la côte et la suive inlassablement passant de mouillage en mouillage et guettant au loin les contours de Dakar et de l’île de Gorée.

Ils mouillent ce soir devant la pointe de Bargny à quelques centaines de mètres de la côte.

 

Après quelques tracas : safran dans des filets de pêcheurs, clapot bruyant et inconfortable, ambiance moite et humide, … nos deux marins finissent peu à peu par s’accoutumer au petit univers de leur embarcation. Ils se découvrent de nouveaux muscles et de nouvelles douleurs mais qu’importe, ils avancent inlassablement et les moments de profonde lassitude laissent maintenant place au détachement et à une certaine sérénité, finalement cette mésaventure constitue une excellente façon de s’amariner avant le vrai départ..

 

On relève bien sûr une pointe de crispation surtout quand les expertises du pays se mettent à prodiguer généreusement leurs sciences à distance et à disserter sur  « un départ qui n’aurait pas dû se faire à cette période » ou sur l’éternel « je te l’avais bien dit » et sa litanie de certitudes. De grâce, laissez les marins vivre leur aventure sans vous sentir l’impérieuse obligation de prodiguer des conseils dont vous n’êtes même pas certains qu’ils soient fondés. Nous aurons largement le temps à Cayenne ou au retour de nous amuser au souvenir de cet étonnant départ. Au final, entre vents contraires et courants de pensée hasardeux, nos marins reviennent peu à peu à la raison et reconnaissent que cette situation certes incroyable n’est rien d’autre que le fruit d’un peu de malchance, rien de plus. Les Alizés sont bien là, un peu trop au large c’est vrai mais il suffit de regarder la carte des vents pour se rendre compte que ces satanés vents d’ouest qui nous retiennent à la côte ne couvrent qu’une toute petite zone d’à peine 5° du nord au sud et de l’ouest à l’est comme si un entonnoir de mauvaise augure se déversait hilare sur le sort de nos marins. Cela ne durera pas et le souffle d’Est ou de Nord-Est  finira bien par reprendre le dessus. Quant à la situation de Rémy et Olivier, eux-mêmes admettent volontiers que celle-ci n’est pas la plus critique. Les positions des skippers sur la carte le montrent bien. Pour mesurer ce qui se passe, on peut comparer cette carte du jour à celle d’il y a deux jours.

 

Que va-t-il se passer à présent ?

Tout dépendra de la météo des jours à venir. L’ensemble de la flottille se trouve encore sur le plateau continental avec des profondeurs qui n’excèdent pas 70 m. C’est en effet peu commun, mais avec 120 mètres de bout à bord, les skippers peuvent ancrer même s’ils ne voient pas la côte. C’est d’ailleurs précisément ce qu’ils font, profitant de la moindre occasion (panne de vent) pour reprendre un peu d’ouest et jetant l’ancre lorsque les vents du secteur W se remettent à souffler trop fort. Ainsi, ils s’immobilisent et stoppent leur dérive vers le sud-est. Cette activité assez physique (remonter 80 mètres de bout n’est pas de tout repos) risque de durer encore quelques jours. Mais lorsque les vents se remettront enfin dans le secteur est à nord-est, ils pourront lâcher les brides et filer vers le large depuis leur poste avancé.

 

Pour Rémy et Olivier, la situation est toute autre. L’objectif est de regagner – en plusieurs jours – une position idéale pour un départ au sud immédiat de la Pointe des Almadies. Déjà deux skippers s’y sont judicieusement placés et attendent le signal du départ pour s’élancer. Demain sans doute ou lundi matin, Rémy et Olivier pourront franchir – pour la 3ème fois - la ligne officielle de départ et se rapprocher de l’Anse Bernard où ils étaient il y 72 heures. Ensuite, à la faveur de vents calmes et de conditions le permettant, ils pourraient saluer une dernière fois l’île de Gorée,  virer le Cap Manuel, et longer la côte vers le nord-ouest en prenant soin de se tenir à bonne distance de l’île de la Madeleine et de ses brisants redoutables. Ainsi, ils regagneraient le sud des Almadies pour se tenir prêts eux aussi à prendre le Large dès le retour de conditions favorables.

 

S’agissant des vivres embarquées, de nombreux observateurs se posent légitimement la question de la quantité embarquée : Celle-ci sera-t-elle suffisante après ces 10 jours d’errance dans les eaux sénégalaises ? Les skippers ont embarqué des quantités suffisantes pour une période de 60 jours, prévoyant que la traversée puissent être plus longue que la moyenne des 40 à 50 jours des éditions précédentes. Pour autant, il est certain que si la situation venait à s’éterniser encore un peu, il faudrait alors envisager une solution. Chacun a bien conscience de cela.

 

Pour l’heure, rien d’alarmant, continuons de soutenir nos marins sans surcharger leur barcasse de contrariétés inutiles et laissons les vivre leur rêve à leur gré. Les marins et leurs routeurs n’en dormiront que mieux …

     De retour sur terre après

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