Les dernières news !

mer.

30

déc.

2015

Toute l'équipe reconnue !

 

Le skipper ardéchois élu "Personnalité de l'année Drôme-Ardèche 2015" !!

Merci à tous pour vos votes ! C'est toute l'équipe, les partenaires et votre soutien qui sont mis à l'honneur à travers ce sondage ! C'est grâce à vous tous qu'un tel projet de 2 ans a pu voir le jour, être réalisé et ainsi reconnu ! Merci 32 000 fois !

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jeu.

12

nov.

2015

Grain de Poivre exposé au salon Nautic (Paris)

Le Nautic (Salon Nautique de Paris) ouvrira ses portes du 5 au 13 décembre 2015 au Parc des Expositions, Portes de Versailles et c'est Grain de Poivre qui sera exposé et visitable sur le stand de Rames Guyane !

Donc si vous souhaitez embarquer sur ce canot, venez nombreux pour l'essayer ! Ce sera au stand H 49 du Hall n° 1

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dim.

18

oct.

2015

Souvenirs Souvenirs...

Olivier et Delphine Montiel Départ Rames Guyane 2014 Dakar

 

Alors que l'édition 2017 se prépare, que certains skippers sont engagés et travaillent sur leurs bateaux, vous vous souvenez de ce qu'il se passait, il y a pile un an ?

 

Olivier faisait le malin avec son ami Laurent, sur la plage à Dakar. Quelques larmes coulaient. De bonnes vieilles embrassades s'enchainaient... Des bises claquaient, des photos en rafale et droit devant (ou presque), l'Océan.

 

 

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lun.

14

sept.

2015

Cause nouveau défi...

La vie est pleine de projets...

et si celui concernant cette traversée s'achève, d'autres commencent à se dessiner dans ma tête encore pleine de mer-veilleuses images oranges !

 

Grain de Poivre est une embarcation exceptionnelle et fût mon fidèle destrier pendant ces deux dernières années... mais il a déjà les avirons qui le titille et est prêt à affronter de nouvelles vagues !

 

Ami internaute, seras-tu ce nouveau compagnon ?!

 

Fonce donc découvrir tous les détails ici

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mar.

01

sept.

2015

Les DVD sont arrivés !!!

Les DVD officiels de la course Rames Guyane, édition 2014 sont arrivés !! Ils ont été envoyés à tous nos partenaires par voie postale.

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mar.

14

juil.

2015

C'est la Fête du Rhône

Grain de Poivre Olivier Montiel Fête du Rhône

Lundi 6 juillet, à Bourg-lès-Valence, c'était le dernier jour de la Fête du Rhône et Grain de Poivre était invité d'honneur. Olivier l'a même accompagné, grand prince qu'il peut être, à ses heures estivales.

 

Au menu, retrouvailles du public avec le canot (vous pouvez prononcer [kanɔt]/cannot, si vous voulez, c'est plus rigolo et c'est autorisé).

 

Souvenez-vous, il avait été présenté voilà déjà deux ans lors de sa toute première mise à l'eau. Retrouvailles, embrassades, émotion et... petit coup de chiffon sur la coque car Grain de Poivre n'avait pas encore été débarbouillé depuis son voyage en container.

Reines Bourg les Valence Fête du Rhône 2015 Grain de Poivre

 

Il faut dire que quand on est accueilli par trois Reines Bourcaines, c'est brin de toilette obligatoire.

 

Olivier ayant chaussé ses baskets assorties à son canot, on peut dire sans rougir que la fashion week à Milan n'a qu'à bien se tenir.

Grain de Poivre visite enfants

 


Les enfants ont pu faire un petit tour à l'intérieur. L'opération "ouvrez les écoutilles" ayant été menée avec brio, personne n'a été victime d'intoxication olfactive.

Telle une exploration de la grotte Chauvet pour la première fois, quelques vestiges ont réapparu des tréfonds de Grain de Poivre :

  • La pharmacie, cuite à l'étouffée (aucune trace de la boite "Je bande... mes plaies")
  • Des dosettes de sucre
  • Un coupe-ongles spécial tétanos, rouillé à 80%
  • Un baume à lèvres fondu ET moisi (oui, c'est possible)
  • Du gel douche spécial océan
  • Deux brosses à dents moisies
  • Une tasse étonnamment propre
  • Un drapeau du Yacht Motor Club Rhodanien (celui qui a voyagé à l'intérieur puisque celui qui a flotté aux (non) vents de l'Atlantique est retourné au port de l’Épervière)
  • Un livre tout gondolé et un peu moisi
  • La seringue de secours en cas de choc anaphylactique (= méchante piqure de méduse), toujours à portée de main, mais probablement périmée à présent
  • Le coussin anti escarres, garant d'un postérieur gaillard, même après 77 jours de rame
  • Des trucs non identifiés
Olivier Montiel Fête du Rhône 2015

 

Et puis Olivier a été invité sur scène pour répondre à quelques questions relatives à sa traversée de l'Atlantique.

 

Tel un doudou, un grigri, un vieux compagnon de voyage, il s'est équipé d'un accessoire précieux qui lui est cher, invitant les spectateurs à venir lui demander ensuite de quoi il s'agit.

Merci à Philippe, passionné et fidèle au poste. Merci à Fred qui manœuvre la remorque les yeux fermés mais s'éclipse bien moins discrètement...


Anaïs

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lun.

18

mai

2015

It's coming home! It's coming home!

Grain d'Poivre's coming home!

AAAAAHHH AH AAAAAHHHH, Olivier a fait l'erreur de me confier la plume du blog pour vous annoncer l'arrivée imminente (ce soir !) de Grain de Poivre en Ardèche. Je me rue donc sur ma tubothèque préférée, assortie cette fois d'un peu de nostalgie de mes années en Grande Bretagne.

Extrait.

Retour à (et de) notre carotte ardéchoise à qui il est arrivé bien des aventures depuis ce moment là.


Le Team Grain de Poivre a fait quelques emplettes en Guyane, de quoi réchauffer les gosiers ardéchois avec la Belle Cabresse, de quoi décorer les salons des uns et des autres, trois bricoles.

 

Olivier, le mec sympa, laisse les clés du bateau et propose à McCoy (le plus gros mangeur de crème de marron que je connaisse, soit dit en passant) d'y mettre ses slips sales et croustillants de sel au lieu de les remporter par avion en métropole.

 

[Parenthèse logistique n°1 : La Rebelle, l'embarcation de McCoy, devait rester en Guyane, ce qui obligeait le skipper Pont-l'Abbiste de rapporter l'intégralité du contenu de son bateau dans sa petite valise. Air France n'autorisant pas encore les bagages de 150 kg, l'arrangement était plutôt pratique, vous admettrez.]

 

A ce stade de l'histoire, c'était sans compter que les gosiers ardéchois ET bretons étaient TRES secs, après toute cette attente du retour de leurs skippers. SU-PER asséchés, les gosiers. Et puis McCoy, il s'est aussi procuré de quoi décorer son salon, après tout. Tout ça, paf, dans Grain de Poivre. Dernier tour de clé. Empotage (ça veut dire mettre dans un container). Attente du départ.

 

Le douanier de Guyane (nous l'appellerons Marcel), se dit un jour, "Tient ! Re-voilà les étranges bateaux qu'on voit passer tous les deux ans en aller simple pour la métropole." Il appelle René, son collègue, et il lui dit "Sont quand même fadas, ces rameurs. Tu viens, on va voir comment c'est équipé, à l'intérieur ? Plouf-Plouf, ce se-ra-toi-que-je-vais-con-trô-ler !"

Ouverture du container.

"Oh ! Numéro 7 ! Mon chiffre porte bonheur !"


Ouverture du bateau..........

Pô déçus, le Marcel et le René.

 

(McCoy avouera par la suite à Olivier qu'on n'aurait pas pu mettre une petite cuillère de plus dans Grain de Poivre)

S'en suit la décision d'ouvrir TOUS les bateaux pour vérifier si TOUS les gosiers métropolitains sont aussi asséchés que les gosiers ardéchois et bretons et si TOUS les skippers ont besoin de redécorer leurs salons avec des objets exotiques.

 

Ca a pris un peu de temps, vous vous en doutez.

 

A l'heure où nous mettons cet article sous presse, nous ignorons tout du contenu du bateau à son arrivée en métropole.

Et avec toutes ces histoires, Grain de Poivre n'était pas encore rentré à la maison. Suite au prochain numéro...

Vous serez là ?

 

Anaïs

 

[Parenthèse nostalgie et diversion : vous vous souvenez de ce qu'on faisait, il y a un an et un jour ?]

 

Le retour de Grain de Povire en Ardèche
Grain de Poivre au Havre le 18 mai 2015 au matin
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sam.

18

avril

2015

7 mois après le départ...

7 mois après le départ de la 4ème édition de la course Rames Guyane et juste histoire de se remémorer de bons moments, voilà ce que donne les vents aujourd'hui.

En rouge l'orthodromie (approximative).


Rhooooo... c'est quand même beau de voir des vents aussi alignés !

Modélisation des vents au dessus de l'océan atlantique le 18/04/2015 - 12h00 UTC
Modélisation des vents au dessus de l'océan atlantique le 18/04/2015 - 12h00 UTC
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ven.

10

avril

2015

Rétrospective de l'aventure

Ce vendredi 10 avril, à 18:30, à la salle communale de Saint Georges les Bains se tenait un événement... pardon, L'EVENEMENT avec la rétrospective de l'aventure Grain de Poivre !
Il y a eu beaucoup de désistements de dernières minutes et... heureusement ! Car la salle était pleine, les chaises et le buffet suffisaient à peine... Donc un grand merci aux présents... mais aussi aux absents !
Beaucoup de monde dans la salle communale de Saint Georges les Bains pour la rétrospective de l'aventure d'Olivier Montiel
Une salle pleine de spectateurs captivés par une bande son sans équivalent...
Et alors le programme, c'était quoi ?!
Juste une présentation qui retrace 3 ans de projet en 30 minutes et un mini-film qui vous fait traverser l'atlantique en 15 minutes !! Attention, on va a l'essentiel et ça va vite !
Le tout monté sur une bande son concoctée par Anais, Laurent et Séverine, en parfaite adéquation avec ma playlist... ça fait rêver !
Encore merci à toutes et tous, sans vous rien de rour ça n'aurait ou voir le jour...

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jeu.

26

mars

2015

Epilogue d'une aventure pas ordinaire...

Pas de carotte ardéchoise ? Ca s'arrose quand même !

Bonjour à Toutes et Tous !


Trois mois après la pose du pied d'Olivier sur la terre ferme, c'est Anaïs qui reprend, avec grand plaisir, la plume de la Newsletter de Grain de Poivre.

Alors voilà, ça fait longtemps qu'on ne s'est pas vu et je viens juste vérifier que vous n'avez pas oublié notre prochain rendez-vous dans 2 semaines (mon dieu que le temps passe vite quand on s'amuse...). Et comme le changement d'heure  n'a épargné personne, l'heure de rendez-vous est passée à 18h30 (et non 19h comme annoncé dans la newsletter précédente) :

invitation 10 avril 2015 18h30
Ce sera l'occasion de :
  • se faire conter une traversée de l'Atlantique par le plus ardéchois de tous les marins en 2014 ;
  • regarder de jolies images filmées pendant la traversée (sensibles au mal de mer, prendre Cocculus Indicus avant de venir) ;
  • remercier de vive voix et de visu les partenaires de Grain de Poivre, peut-être même qu'Olivier leur fera un petit câlin ;
  • apporter notre soutien à Delphine car ça n'est pas parce qu'Olivier est rentré que la vie est plus facile pour elle (cette femme est une championne du monde, toutes catégories, vous le savez, ça ?!?) ;
  • faire monter Olivier sur la balance pour voir où il en est de sa reprise (ou non) de poids après 3 mois de régime pommes de terres sautées et poisson pané ;
  • se délecter des belles histoires de Mathieu Morverand et Marc Chailan, les deux routeurs d'Olivier ;
  • monter dans Grain de... euh en fait non, euh, voilà, comment vous dire... le bateau n'est pas encore rentré de Guyane. Voilà, c'est dit. Donc on vous dit pourquoi le 10 avril. Promis.
  •  Et attention ALERTE BONNE NOUVELLE...
coucher de soleil Grain de Poivre 07 Rames Guyane

Vous vous souvenez qu'Olivier avait perdu toutes les photos de son iPhone au cours d'une décision unilatérale d'Apple de synchroniser on sait pas quoi au plus mauvais moment ?

Et bien mesdames et messieurs... sautillements de joie, claquettes, mains au ciel et petite larme d'émotion : LES PHOTOS ONT REAPPARU !!!

Un conseil : apportez vos Ray-Ban parce que les couchers de soleil sont ma-gni-fiques.

A très bientôt !

Le Team Grain de Poivre

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mer.

28

janv.

2015

Le saviez-vous ?

Ne le dites pas, je sais que je vous ai un peu manqué. Allez, dites oui... Même un petit peu...

Je reviens pour vous raconter un histoire drôle. Enfin, moi, elle m'a fait marrer.

Je termine en ce moment ma boite de Vache qui Rit (parce qu'on ne va pas se mentir, on n'en avait pas mangé depuis notre enfance et là, on s'y est juste remis parce qu'il y avait du surplus et qu'on voulait être solidaire avec Olivier). Je me suis alors rappelé un des récits de notre skipper à son retour.

Il disait que qu'un (le?) moment(s) fun de sa journée, c'est quand il ouvrait une vache qui rit, il soulevait l'étiquette, roulement de tambour... et HOP ! Il jouait tout seul à trouver des objets avec la lettre trouvée sous l'étiquette.

Et moi, j'avoue que sur le moment, j'ai pas bien compris et, limite, je me suis dit que trop de solitude en mer, ben, ça ne réussit pas à tout le monde.

Et puis sur les trois dernières portions de fromage en plastique, j'ai soulevé. Voilà :

jeu Vache qui Rit

Donc pour me faire pardonner de ma vilaine pensée (oui, Olivier, je t'ai un peu pris pour un benêt, sur le coup), je joue :

  • Plan de travail
  • Purée
  • Pois chiche (protéine pour les végétariens, ça marche)

Pardon mon copain. Je pense que j'aurais joué aussi pendant 77 jours.

Anaïs

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ven.

16

janv.

2015

Retour au pays !

Un grand bonjour et une heureuse année à tous !

... et surtout un énorme MERCI pour votre soutien !!!

Me voilà de retour après 77 jours de traversée et une petite dizaine de jours de réadaptation à la terre ferme ! Le mal de terre joue encore un peu et j'ai tendance à rebondir sur tout ce qui se trouve à proximité mais cela devrait rapidement s'atténuer.

Je suis en train d'organiser les photos et vidéos de mon périple pour les mettre en ligne au plus tôt sur ce site, en attendant le retour du bateau courant Mars pour organiser soirées et apéros de présentation.

Le blog sera mis à jour fréquemment avec les médias déjà triés.

 

Encore merci pour votre suivi et votre soutien et à très bientôt !!

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sam.

10

janv.

2015

Le sourire et la force tranquille, la fin d'une belle aventure

Mathieu Morverand Rames Guyane

Longtemps, l’humanité s’est tenue loin du rivage, effrayée par cette immensité insondable et mystérieuse, puis un jour, un audacieux s’est élancé sur un tronc d’arbre … dès cet instant, une autre aventure commençait. Traverser l’Atlantique à la rame n’est pas qu’un défi sportif, chacun s’y engage à la recherche de son propre graal, en quête de ses propres rêves, mais tous vivent une profonde expérience intérieure et initiatique, personne n’en revient vraiment indemne.

 

Avec le sourire radieux de sa force tranquille, Gérard Marie, 67 ans, a franchi la ligne d’arrivée aux îles du Salut à 20h10 heure locale (minuit heure française), après 83 jours et 22h. de mer. Sur une mer formée par les Alizés tous proches, il aura pu apprécié hier soir sous les couleurs du crépuscule ses derniers instants de solitude en compagnie de cet océan facétieux qui lui aura joué tant de tours et de détours. Au fil des jours, malgré cette adversité finalement coutumière en cet univers si différent, Gérard en a peu à peu compris le langage, adoptant son rythme à celui des éléments plutôt que de s’y opposer vainement. La mer le lui a bien rendu, le portant sur ses flots vers les Amériques et le nourrissant de façon de plus en plus généreuse.

 

Sa détermination et son endurance, associées à la sérénité avec laquelle il abordait son propre voyage, auront forcé l’admiration de tous. Gérard a certes réussi à concrétiser son projet océanique, mais il aura en fait été bien plus loin que cela, pour lui-même en repoussant ses limites jusqu’à des frontières qu’il ne soupçonnait certainement pas au départ, mais aussi pour tous ceux qui l’ont observé et découvert que l’on peut encore aller au bout de ses rêves, même les plus ambitieux.

 

Son mal de terre sera sans doute un peu plus durable que celui de ses amis rameurs qui l’ont précédé de quelques jours, mais il nous tarde de l’écouter nous relater le récit de son épopée. Sans doute en gardera-t-il toutefois un peu pour lui, secrètement, comme pour conserver cette relation si particulière qu’il aura noué avec l’océan. Ces deux-là sont désormais indissociables.

 

L’horizon ne cessera jamais de nous fasciner, il nous a montré le chemin, d’autres partiront sur ses traces.

 

à bientôt Gérard

et bravo à tous pour cette belle histoire que vous nous avez apportée.

 

Mathieu Morverand

http://ilua.free.fr

Traces Rames Guyane 2014
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ven.

09

janv.

2015

J+83 La terre en vue pour Gérard

A 18 h (heure française), 14 h en Guyane, Gérard Marie, doyen de la traversée de l’Atlantique « Rames – Guyane 2014 » n’était plus qu’à 16 milles de la ligne d’arrivée entre les îles du Salut et la bouée K0 de l’entrée du chenal de Kourou. Son cap WNW au 278° est parfait et sa vitesse d’approche se cale sur une moyenne de 2,2 nœuds, un paramétrage idéal pour une arrivée sous les meilleurs cieux que la houle du jour et les marées (PM Kourou à 19 h 28 avec coef. de 73) ne devraient plus perturber.

Rames Guyane J+83

Gérard a été informé par les membres de son équipe de l’arrivée musclée la nuit dernière de son ami Patrice Maciel devant les côtes de Guyane entre Cayenne et Kourou. S’approchant trop près des côtes, Patrice a été surpris par la houle et les déferlantes levées par les hautfonds du banc de Macouria à quelques encablures du village de Tonate. Sans l’aide courageuse et efficace de Pascal et Benoît qui se sont rapidement dépêchés sur place à l’aide d’une puissante vedette à moteur, Patrice, qui avait préventivement enfilé sa combinaison de survie, aurait eu beaucoup de mal à s’en sortir. Dans le fracas des vagues puissantes, seul le marin a pu être sauvé, son bateau a été emporté par les déferlantes, sans doute jusqu’à la mangrove où il se trouve certainement encore.

 

Prévenu de cette mésaventure, Gérard mesure bien le risque et conserve en conséquence une distance respectable à la côte au moins équivalente à la longueur qui sépare le rivage de la bouée K0 (marque d’eau saine) qui matérialise la sortie du chenal de Kourou mais aussi l’extrémité Sud de la ligne d’arrivée officielle de l’épreuve. Malgré le dépassement des délais de course, Gérard a en effet tenu, comme Matthieu Martin il y a 4 jours, à terminer sa traversée au même endroit que tous les autres, ce qui est tout à fait à son honneur et parfaitement légitime. Le temps pour lui n’a maintenant plus d’importance, la victoire se trouve désormais juste devant son étrave, sans doute même à portée de vue, à quelques coups de pelle seulement. Un vent bien établi entre 17 et 20 nœuds dans le secteur 080° (ENE) le porte dans la bonne direction en compensant les courants moins forts que ceux des jours précédents. Préservant ses ressources dans la perspective de son arrivée prévue ce soir vers minuit, il s’est accordé une petite sieste en milieu de journée tout en assurant une veille attentive sur son cap pour ne surtout pas dévier de sa trajectoire.

 

Cette fois, il semble bien Gérard s’apprête à mettre un terme à son formidable voyage océanique et à clôturer dans le même temps la surprenante édition 2014 de l’épreuve « Rames-Guyane ». En s’assurant ainsi qu’il ne laisse plus aucun rameur dans son sillage sur les eaux tourmentées de l’Atlantique, il sera le seul habilité à saluer une dernière fois l’océan au nom de tous les autres. Sa relation aux éléments et son extraordinaire philosophie nous auront chaque jour étonné et il peut sans nul doute s’enorgueillir aujourd’hui d’être le meilleur ambassadeur de cette courageuse tribu de galériens solitaires.

 

Encore bravo à toi Gérard !


Mathieu Morverand

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jeu.

08

janv.

2015

J+82 Y croire jusqu'au bout

Patrice Maciel et Gérard Marie, les deux rameurs encore en mer, paraissent si près de l’arrivée et pourtant, les derniers milles s’éternisent comme si la terre ferme se refusait obstinément à ces marins du grand Large. Cette force de répulsion malmène frontalement la détermination des skippers dévorés par cette envie désormais viscérale de retrouver leurs proches et d’abandonner enfin cet univers tellement éloigné de leur condition humaine. L’océan fascine ses voyageurs mais les confronte au fil  du temps à des frustrations insondables qui ne peuvent se résorber sans poser le pied à terre. Il n’existe pas d’autre issue sinon la désespérance ou la folie. Mais même les situations les plus difficiles finissent par connaître un terme plus heureux, la quiétude et la compassion succèdent à la tourmente et à l’adversité, le sort des rameurs s’oriente forcément vers cette délivrance tant attendue, seul le délai reste incertain, il faut y croire jusqu’au bout. Il manque sur la zone à nos deux amis un peu de vent, ce qui est un comble à quelques encablures seulement d’alizés puissants qui les auraient propulsé vers les eaux douces des rivières guyanaises. Ces conditions mollassonnes tranchent avec celles plus généreuses qui ont bénéficié à ceux qui les ont précédé au même endroit, jusqu’à la semaine dernière.

Rames Guyane J+82

Mais les prévisions météo semblent s’accorder vers la probabilité de vents plus généreux et mieux orientés dès vendredi matin (voir point météo plus bas), ce qui permettrait à Patrice et Gérard de mieux viser leur point de contact à la côte en évitant ses écueils nombreux. Patrice se présente devant le phare de l’Enfant Perdu et devrait rejoindre le Port du Larivot à Cayenne avant la fin de journée, chaleureusement accueilli par ses proches et ses amis. Son épopée à travers l’Atlantique, à mille lieux de tout ce qu’il aurait pu prévoir, constitue d’ores et déjà une expérience hors du commun.

 

Gérard quant à lui lutte pour ne pas partir au nord et quitter la ligne des îles du Salut, il résiste aux prix d’efforts considérables à ce flux de vents et de courants de Sud-Est. Tous les observateurs saluent son courage incroyable et lui souhaitent le retour des vents de Nord-Est qui lui offriraient une arrivée magnifique digne de l’épopée fabuleuse qu’il nous a offert durant tout au long de sa traversée. Par son courage et sa détermination, par sa capacité à résister aux très nombreux coups durs qu’il aura encaissé, et par les valeurs qu’il véhicule de si belle manière, Gérard mérite vraiment une arrivée en apothéose. Souhaitons-lui bon vent !


A très bientôt Gérard  !!


Mathieu Morverand

 

Point météo (GRIB.US - NOAA) sur zone Cap Orange

situation générale : anticyclone 1035 Mb calé sur N 38° 45 - W 19° 50 stationnaire à l'Est des Açores avec vents forts (25 à 30 nœuds) sur la partie sud jusqu'à 150 milles au nord du Cap Orange évoluant vers l'ouest. Bordure Nord de ZIC en cours de remontée sur le Cap Orange avec risque de grains

jeudi 8 : vent EST 12 nœuds au 089 forcissant en journée, 1011 Mb, précipitations faibles

vendredi 9 : vent NE 19 nœuds au 069 variable, 1010 Mb, précipitations faibles

samedi 10 : vent NE 18 nœuds au 070 variable, 1013 Mb, précipitations marquées

dimanche 11 : vent NE 20 nœuds au 060 variable, 1011 Mb, fortes précipitations, passage de grains toute la journée

lundi 12 : vent NE à Est 14 à 16 nœuds variable, 1010 Mb, précipitations avec risque de grains marqués

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jeu.

08

janv.

2015

Les Montiel en résidence permanente sur France Bleu Drôme Ardèche

logo France Bleu Drôme Ardèche

Ecoutez, je ne peux pas franchement vous dire mieux que cela. Quand Olivier n'était pas disponible, c'est Delphine, lorsqu'elle était en Guyane qui a pris le relai au bout du fil de France Bleu Drôme Ardèche.

Interview...

(scroll un peu plus bas quand vous aurez écouté la douce voix bronzée de Delphine...)

Et vous qui n'avez pas encore tâté des joues du skipper ardéchois depuis son retour sur le plancher des chèvres, eh bien oui, sachez que Florence Gotschaux, elle, a eu ce privilège !

Oui oui, vous pouvez être jaloux... Bon, comme elle est sympa, elle a partagé avec nous des extraits de son entretien avec Olivier. On y parle même de taille de pantalon.

Et les plus geeks d'entre vous auront remarqué que ce n'est plus le compte Soundcloud "traversée-atlantique" qui héberge les interviews... La limite du système, vous vous souvenez ? Nous y voilà encore. Le compte a épuisé sa limite d'upload. A l'heure où je vous écris, si on fait le compte des patates (plat préféré d'Olivier depuis son retour) :

  • Plus de 2 ans de préparation
  • 77 jours en mer
  • 40 pistes audio (interviews radio et autres PC Courses)
  • 1764 écoutes par vos belles oreilles.
  • (j'ai pas commencé le décompte de likes depuis le début alors je ne vous cache pas que là tout de suite, j'ai pas bien le courage, y'en a beaucoup trop...)

Je crois qu'Olivier n'a pas encore réalisé tout ça. Chuuuut... Il faut lui laisser le temps d'atterrir...

Anaïs

 

PS : Olivier, quand tu auras un instant, tu pourras m'expliquer comment on duplique une page parce que ça déborde complètement, j'ai trop raconté ma vie sur ton blog, en ton absence... Désolée... :/

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mer.

07

janv.

2015

J+81 Derniers jours de rame longs et difficiles

Après une nuit de forte progression, nos deux valeureux rameurs ont quitté les veines de courants les plus forts et leur vitesse d’approche de l’arrivée s’en est quelque peu ralentie. Jusqu’au bout, l’océan les retient et se régale de leur compagnie. Mais pour les marins, le temps qui s’éternise devient de plus en plus lourd à porter si près des côtes. Sous une légère brise d’Est-Sud-Est, annonciatrice des rideaux de pluie de la ZIC, les bateaux s’apprêtent à dépasser les côtes du Brésil et le Cap Orange. Ce cap mythique franchi, il ne leur restera plus qu’à franchir le delta de l’Oyapoque et à foncer vers la Guyane toute proche

Rames Guyane J+81

Patrice Maciel parvient peu à peu à regagner les eaux du Large afin de passer demain au-delà des îles du Connetable et rejoindre la route de l’arrivée empruntée par les skippers de la flottille. Il ne possède plus qu’une cinquantaine de milles d’avance sur Gérard Marie qui conserve un bon cap vers la ligne des îles du Salut dont il n’est plus distant à présent que de 120 milles. Ces derniers jours de rame le long des côtes du Brésil et de la Guyane sont longs et difficiles mais la délivrance est maintenant imminente. Il se pourrait que nos amis terminent leur incroyable traversée finalement assez près l’un de l’autre.


Mathieu Morverand

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mer.

07

janv.

2015

J+80 Retour des vents bienfaiteurs après 80 jours de mer

80 jours seul sur l’océan … une éternité ou un simple intermède dans l’existence ? Selon que l’on se place dans la peau d’un marin encore en mer ou dans celle d’un autre marin de retour à terre depuis déjà quelques temps, cette notion de temps n’a plus la même signification. Et pourtant, même dévoré par l’impatience incommensurable de retrouver les siens, les sentiments peuvent être ambigus, on imagine mal que dans quelques jours, la vie sera complètement différente, dans un monde de repères fixes auxquels il conviendra de s’habituer à nouveau, non sans un peu de mal de terre. Pour Patrice Maciel et Gérard Marie, les deux rameurs encore au Large, cette expérience est d’ores et déjà pleine de sens et tranche singulièrement avec tout ce qu’ils avaient pu vivre auparavant. Ils savourent la perspective de l’instant où ils retrouveront la terre ferme mais restent néanmoins prudents, ils savent mieux que quiconque que l’univers qu’ils traversent peut encore leur réserver quelques ultimes surprises tels ces grains énormes qui les accompagnent désormais depuis plusieurs jours, les obligeant à se blottir au fond de leur bateau pour le stabiliser avec l’espoir que la houle levée ne vienne pas retourner leur bateau. Dans ces moments de tourmente heureusement orientés dans le bon sens, le GPS s’affole et peut annoncer des pointes de vitesse au-delà de 5 nœuds. Même l’arrivée ne sera pas de tout repos.

Rames Guyane J+80

Pour Patrice, les dernières heures ont été difficiles, il a dû poser l’ancre à moins de 15 milles des côtes orientales du Cap Orange (Brésil) contre lesquelles un fort vent de Nord-Est le poussait inexorablement en l’empêchant de remonter au Nord et de dépasser le cap. Ces mauvais coups de l’océan seraient largement de nature à décourager plus d’un marin mais Patrice en aura vu bien d’autres depuis son départ de Dakar et il en faudrait maintenant davantage pour le décourager. Avec les conseils aussi précieux que pertinents de Charly son routeur, il aura patiemment attendu le retour de vents bienfaiteurs. Au 80ème lever du jour sur l’étrave de son bateau, les vents annoncés étaient là et il a pu reprendre à près de 3 nœuds le chemin de la Guyane qu’il espère atteindre demain soir ou jeudi matin.

 

Complètement échappé du maelström qu’il a formidablement bien traversé, laissant derrière lui un formidable sillage, comme une signature au nom de tous les rameurs qui y ont enduré de telles souffrances, Gérard file à présent parfois à près de 4 nœuds cap droit vers les îles du Salut. Il s’étonne lui-même d’être encore là après 80 jours de mer alors que sa plus longue expérience jusqu’alors était de 27 jours entre les Antilles et les Açores, une navigation à la voile qu’il avait déjà trouvée longue. Tapi au fond de son bateau au passage des grains, ses pensées lui transpercent l’esprit à gros débit, il se souvient notamment de son ancienne vie de stewart alors qu’il traversait l’Atlantique entre Dakar et Rio à bord du Concorde à la plus grande vitesse possible, fier d’être un des rares humains à avoir parcouru les mêmes espaces de la façon la plus rapide et la plus lente qui puisse être. A l’approche de la ligne qu’il pourrait rejoindre avant la fin de semaine, il commence d’ores et déjà à remplacer son pavillon délavé par le temps et les embruns comme pour mieux saluer cet univers qui l’aura tant fasciné au cours de son voyage.


Mathieu Morverand

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lun.

05

janv.

2015

J+79 "De retour sur la terre de hommes"

Par la générosité de ses vacations et par sa relation si particulière avec l’océan, mélange de bien-être et de fascination, Matthieu Martin est sans doute l’un des rameurs auxquels on s’attache le plus avec plaisir et admiration. Porté depuis plusieurs jours par le fameux courant des Guyane, il a bouclé son périple dans la nuit de dimanche à lundi à 3 h 52 devant les îles du Salut, accompagné par ses proches et ses amis qui lui avaient fait la surprise de venir à sa rencontre à bord d’un voilier parti la veille de Kourou. Après près de 80 jours de mer, il n’était pas question pour lui de terminer ailleurs que sur cette ligne des îles qui fut son objectif ces onze semaines durant. Au-delà de toutes autres considérations, même légitimes dans le cadre d’une telle épreuve, l’Histoire retiendra surtout qu’il aura réussi son pari de relier en solitaire à l’aviron et sans assistance les côtes Africaines du Sénégal à celles du Salut en Guyane. C’est bien là l’unique objectif qu’il s’était assigné, la mesure du temps n’étant finalement pour lui que relative, bien moins importante en tout cas que l’expérience humaine elle-même. Il aura largement trouvé dans ce voyage initiatique ce qu’il était venu y chercher. De « retour sur la Terre des Hommes », Matthieu a alors été accueilli par d’autres rameurs venus sur le quai de Pariacabo à Kourou saluer son authentique exploit.

Rames Guyane J+79

Seuls deux marins restent à présent en mer, Patrice Maciel et Gérard Marie. Tous deux sont actuellement confrontés à des vents de Nord-Est (secteur 050°) qui ne facilitent pas le dépassement du Cap Orange par le Nord malgré la force du courant sud-équatorial. Les prévisions laissent toutefois prévoir une orientation plus à l’Est dans les heures à venir. Le risque de vents établis au Nord-Est pendant plusieurs jours pourrait se traduire par une arrivée à la côte sous le Cap Orange, ce qui serait problématique en raison du caractère inaccessible de ces zones.

 

Pour Patrice, ces jours-ci sont bien plus plaisants que les semaines précédentes. La mer se montre plus clémente et les courants le portent fréquemment à plus de 2 nœuds. Cela lui laisse le loisir de mesurer l’importance des anecdotes qu’il vit chaque jour, telle cette rencontre inédite avec un oiseau venu se poser directement dans sa main après avoir longuement volé autour de son bateau. Situé ces dernières heures au nord de l’île de Marajó (Brésil) devant le delta de l'Amazone, il savoure désormais chaque instant de son expérience comme pour ne rien en perdre. Il est maintenant en proie à des sentiments ambigus, partagé entre cette immense impatience de retrouver enfin ses proches et cet espoir inavoué mais bien réel de pouvoir faire durer cette relation magique avec l’océan le plus longtemps possible.

 

Non sans émotion, Gérard relate lui son superbe parcours au travers du maelström, évitant les pièges de ces courants si défavorables. Il redoutait de se voir emporté à son tour vers l’Est, à contre sens de son objectif. Mais cette fois, les vents se sont accordés avec  lui et l’ont même propulsé en dehors de cette zone tourmentée pour finalement le plonger au cœur du courant sud-équatorial, en route vers la Guyane. Quiconque à sa place se réjouirait de cette situation mais le rameur vendéen reste prudent, c’est encore « un Golfe de Gascogne » à traverser avant d’en finir nous indique-t-il. Gérard préfère même ne pas trop penser à l’arrivée de façon à ce que ce moment qu’il espère tant depuis si longtemps ne devienne pas l’obsession de chaque instant. On lui souhaite désormais la plus belle des arrivées, à la mesure de l’incroyable traversée qu’il nous aura offert à tous, sans doute avant la fin de semaine.

 

Mathieu Morverand

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dim.

04

janv.

2015

Quid de Grain de Poivre ?

Bon, on a bien compris, le skipper à peine débarqué des flots remonte dans un avion pour revenir en métropole. MAIS que fait-il de sa fière embarcation ? Elle prend l'avion aussi ? Que nenni, que nenni... Heureusement, il y a Findus mais surtout Fifou sur place qui nous explique tout...


Grain de Poivre est vidé. Oui. Comme un poisson qui a sauté sur le pont d'un monotype avant de passer à la casserole.

PUIS, Grain de Poivre est nettoyé. Grand ménage de printemps (enfin, bon, ma bonne dame, y'a plus de saison...).

ET Grain de Poivre est pesé, tel un judoka avant la compétition ou une miss France avant de monter sur le podium... 496 kg !!! Mazette, c'est weight watchers pour le skipper mais AUSSI pour le bateau ! J'en appelle à votre mémoire, à Dakar, on avait 800 kg de matériel... et de nourriture. Philippe dit "mais non, ce n'est pas le supermarché de la mer..." Faut dire qu'il en charrié, de la nourriture dans son sac en allant à Dakar... J'espère qu'il ne reste pas une Vache qui Rit parce que ça va nous le foutre en pétard, le Fifou !

levée de Grain de Poivre
Exercice contre le mal de terre. Bon, faut pas avoir le vertige.

Et ENFIN, Grain de Poivre est soigneusement stocké dans un coin avant d'être chargé à bord d'un container qui le ramènera en métropole pour le printemps environ.


Et ben vous, je sais pas, mais moi, ça me fait tout chose de revoir ce bateau de si près...

Anaïs

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dim.

04

janv.

2015

Retour à la maison

*Flash Info*


Olivier rentre en métropole avec Delphine !
Ils atterriront ce mardi 6 janvier à Lyon St Exupéry par le vol AF7400 en provenance d'Orly.
A tous ceux qui peuvent se libérer pour les accueillir, envoyez-moi un mail ou passez moi un coup de fil au 06 88 29 93 78 pour que je puisse tenter de coordonner un genre de covoiturage au départ de la région valentinoise.


Bref, pour continuer sur ma lancée d'illustration musicale, voilà ce que ça m'inspire... (les talons et les bustiers à paillette en moins, évidemment) C'est un film que j'adore et c'est une très belle chanson...

Anaïs

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dim.

04

janv.

2015

Album photo de l'arrivée

Olivier Montiel après 77 jours en mer

Pêle-mêle ! Des photos de Fifou (aka Philippe Pons) pour vivre l'instant en direct (merci merci merci à toi !), des photos de Jody Amiet, le photographe officiel de la course, des photos de Pascale (under cover sur place pour Jipé, le webmaster de Rames Guyane) : des sourires, des larmes, des embrassades, des retrouvailles, une gamèle (tu crois que je t'ai pas vu, Marco ?), des bières, des fleurs, des skippers, bref, du bonheur.


Un de mes vieux amis disait... "One day, we'll look back on this and laugh."

Well, if you ask my, we're already laughing about all this...

Anaïs

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sam.

03

janv.

2015

J+77 Une aventure partagée

Vianney et Eddy nous ont ramené à bon port nos deux rameurs du Large maîtrisant de bout en bout ce délicat remorquage au large des côtes de l’Amérique du Sud. Partis pour une semaine à bord de leur voilier «Béru» , il auront finalement passé plus de 15 jours en mer, découvrant au fil des milles l’authentique aventure partagée qu’ils allaient vivre. Il fallut d’abord rattraper Patrice Charlet (alias Mac Coy) emporté au cœur du Maelström sans espoir de pouvoir s’en extraire pas ses propres moyens.  Malgré les conditions particulièrement tourmentées sur zone, ils retrouvaient notre rameur breton à près de 400 milles des côtes et parvenaient à lui transmettre une salvatrice ligne de remorque. L’objectif consistait alors à le conduire en dehors de cette zone infernale pour l’emmener dans le fameux courant sud-équatorial des Guyane tant convoité par tous les rameurs. Sur leur chemin vers le Graal, l’ardéchois Olivier Montiel , épuisé par deux mois et demi de mer et par une situation de plus en plus contrariante, en appelait à son tour à leur assistance. Aucune obligation ne les contraignait à y répondre favorablement et pourtant, Vianney et Eddy acceptèrent de mener la tête de ce convoi hors normes jusqu’à Cayenne. Merci à eux et bravo à nos deux rameurs qui auront réussi à rester en mer jusqu’à rejoindre la terre ferme, comme un accomplissement de leur très longue traversée. Ces quatre-là auront vécu une aventure commune qui les marquera sans doute durablement ainsi qu’en témoignaient les visages émus de chacun d’entre eux au moment de se quitter. Guettant fébrilement leur approche depuis la Pointe du Fort Diamant, les proches et les équipes des marins finissaient par les retrouver en début d’après-midi au Port de Dégrad des Cannes en Guyane. Les traits tirés mais les mines réjouies, l’accueil sur les berges du Mahuri fut à la hauteur des efforts consentis par ces marins pour aller au bout de leur rêve d’une rive à l’autre de l’océan.


(Vidéos)

Rames Guyane J+77

Cette fin de périple en appelle une autre dans les toutes prochaines 48 h, celle de Matthieu Martin qui passait ce soir au large du Cap Orange, à moins de 100 milles de la ligne des îles du Salut. Avec cette foi inébranlable en l’océan et cette insatiable curiosité qu’il ne l’ont jamais quitté depuis le départ malgré toutes les difficultés endurées, il poursuit inlassablement son chemin, proche plus que jamais du dénouement heureux de ce long voyage initiatique. Matthieu aura ébloui par ses propos lucides et éclairés tous les observateurs de l’aventure. Avec sa patte si personnelle et si réjouissante, il aura marqué l’histoire de l’épreuve.

 

Patrice Maciel, admirablement suivi par Charly, insatiable routeur et confident hors pair, devrait arriver mercredi prochain. Aurait-il pris le départ de ce périple si il en avait mesuré au préalable la durée et la difficulté ? Pas certain que lui-même en ait la réponse pour l’instant. Seule la perspective de ses retrouvailles avec ses proches et la terre ferme concentre son attention chaque instant. Après bientôt 80 jours de mer, les rameurs finissent légitimement par être obnubilés par cet objectif. Le lien qui unit un routeur à terre à un marin au Large ne se résume résolument pas qu’à un simple transfert de données, il s’agit de bien plus, l’expérience peut être aussi forte d’un côté et de l’autre du rivage. Bravo à Charly pour ces analyses d’une rare pertinence qui auront profité à plus d’un rameur.

 

Depuis le Nord, Gérard Marie continue de nous étonner, il vient de traverser du Nord au Sud la zone de courants traversiers si problématique pour ceux qui l’y ont précédé. Porté par de forts vents de Nord-Est, il aura sans doute vécu le privilège des pires conditions de cette traversée 2014, avec des vagues déferlantes d’un bleu vert inquiétant contrastant avec l’écume écarlate de l’écume volatile et bruyante. Sa trace magnifique en forme de « S » perturbe ceux qui ont fréquenté cette zone, et plus encore ceux qui juraient grand dieu que ce passage du Nord était impossible. Gérard nous prouve le contraire et s’apprête maintenant à plonger dans le courant des Guyane qui le ramènera vers la Terre. Nul doute qu’ils seront nombreux à  l’accueillir admiratifs. Par son parcours, par sa philosophie et son incroyable aptitude à résister aux assauts incessants du sort et des éléments, Gérard figure d’ores et déjà au plus haut sur le podium du mérite.

 

Mathieu Morverand

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sam.

03

janv.

2015

Les vidéos de Cayenne. Merci qui ?!?

Mais merci encore et toujours à Philippe de nous avoir permis de partager ce moment émouvant, même de métropole !

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sam.

03

janv.

2015

3 janvier 2015 : arrivée d'Olivier en Guyane

Voilà. Olivier est arrivé cet après-midi en Guyane après plus de 77 jours en mer, dont 72 en solitaire.

Comme les 17 autres concurrents de la course Rames Guyane, il était parti pour une traversée d'une cinquantaine de jours mais les conditions météo ont joué avec les nerfs des rameurs comme avec ceux des familles, proches, époux, épouses...

Faute de l'avoir laissé passer, l'Océan nous l'a rendu, notre Olivier. Et pour cela, je dis merci.

Ce soir, Olivier pourra prendre une douche d'eau douce, panser ses plaies, boire du Colardèche (ou équivalent), manger des mangues fraiches et juteuses pleines de vitamines, serrer Delphine dans ses bras, rigoler avec ses copains, dormir dans un grand lit sec...  et il ne l'aura pas volé !


N'oublions pas Mathieu Martin, Patrice Maciel et Gérard Marie qui sont encore en mer. Ils ont encore besoin de tout notre soutient et nos encouragements pour terminer cette traversée incroyablement longue...

arrivée Olivier Montiel à Cayenne
Marc Chailan, Mathieu Morverand, Rémy Landier et Olivier Montiel
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sam.

03

janv.

2015

Le YMCR, ce repaire de doux brigands...

Ah non, y'avait pas PC Course au YMCR, ce matin, mais j'ai pas pu m'empêcher d'aller y faire un tour pour faire des bises de bonne année à l'équipe que je n'avais pas vue depuis fin novembre et qui, il faut bien être honnête, me manquait un peu.

On s'est raconté les dernières aventures d'Olivier, on s'est encore dit qu'il était très fort d'avoir fait tout ce parcours, que le mot "abandon" nous faisait un peu du mal et qu'on allait très vite se revoir lorsqu'Olivier serait revenu par chez nous.

Le poster Rames Guyane avec son parcours l'attend. C'est le sien à présent !

Rames Guyane YMCR Trace Olivier Montiel
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ven.

02

janv.

2015

La der' des vac'

"Allo l'Ardèche ? Ici Olivier Montiel, sur l'Atlantique, à bord du Beru."

C'est la dernière vacation avant le retour prévu sur terre, demain, samedi 3 janvier 2015, après 76 jours passés en mer dont 72 en solitaire.

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ven.

02

janv.

2015

Le convoi des mers

Une autre aventure a commencé pour Olivier et McCoy depuis le 31 décembre. Après 2 jours de remorquage pour l'emmener vers des courants favorables, des problèmes cutanés intenses sont venus pimenter son voyage. Couvert de la tête aux pieds de plaques rouges qui grattent et brûlent, sans aucun traitement pour le soulager, avec l'eau de mer qui accentue ses douleurs, Olivier ne pouvait pas reprendre la rame comme c'était prévu. Après discussion avec le skipper du Béru, Olivier est monté à bord du voilier pour se soigner, mais il n'était pas question de laisser Grain de Poivre tout seul sur l'eau. 

Dès lors qu'ils se sont fait remorquer par le Béru, Olivier et McCoy sont devenus compagnons d'infortune, et Olivier n'a pas voulu laisser son copain tout seul sur l'eau. Ils ne vont plus vouloir se quitter même à terre ces 2 là ! McCoy, affaibli physiquement lui aussi, a donc négocié son retour avec le Béru, il reste sur la Rebelle pour surveiller de près le convoi.

 

C'est là que commence une nouvelle aventure pour nos 2 skippers. Il a fallu d'abord démonter le safran de grain de poivre, car Grain de Poivre a tendance à partir au surf, le bout (ça veut dire "la corde") se coince dans le safran et le bateau fait un tête à queue. Cela a valu 2 bains à Olivier pour aller dégager le safran dans une mer inconfortable. Une fois le safran démonté, Olivier a récupéré ses affaires principales (téléphone) et l'eau qu'il avait à bord (car le Béru a une avarie d'eau douce). Il a ensuite rejoint la Rebelle à la nage par le bout qui relie les 2 bateaux, puis le Béru de la même façon. Une sacrée expérience dans une mer très formée et à une vitesse de 4 nœuds, car le Béru continuait à filer !

 

Olivier a pu enfin se laver à l'eau douce et commencer à se soigner avec la pharmacie à bord du Béru.

Il a été très heureux de manger une salade ! Des produits frais après 75 jours en mer, c'est un délice !

 

Le voyage n'est pas de tout repos. Le lendemain matin, Grain de Poivre gîtait fortement. Olivier s'est jeté à l'eau, a remonté les bouts pour rejoindre son bateau qui s'était rempli d'eau suite à la disparition d'un couvercle de trappe. Il a du vider son bateau, et a pu remplacer le couvercle manquant. 

Aujourd'hui, l'amarre principale entre le Béru et la rebelle a lâché. Olivier et McCoy on dut se mettre à l'eau pour la changer. Ce matin, ils étaient sur la bordure du plateau continentale et la mer est très agitée à cet endroit là. Mathieu leur a conseillé de se rapprocher des côtes pour avoir une mer plus calme.


Leur arrivée est prévue samedi matin heure guyanaise (et il faut compter 4 heures de plus pour la métropole).

 

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jeu.

01

janv.

2015

J+75 Cinq marins encore en mer

Depuis la maison de leurs hôtes, soignés aux petits soins par leurs proches, les deux rameurs Rémy Landier et Didier Torre ont pu savouré les plaisirs d’un chaleureux réveillon bien entourés par une joyeuse assemblée attentive aux récits de leurs traversée. Le mal de terre ne les a pas épargné et il leur faudra sans doute un peu de temps avant d’être à nouveau synchronisés avec les repères fixes du monde terrestre. Ce petit déséquilibre qui génère un léger tangage et fait « bouger » les meubles ne les aura pas empêché de dévorer avec gloutonnerie toutes ces bonnes choses qui leur ont tant fait défaut à bord. Ce n’est que le lendemain que s’opère réellement le retour à la vie normale, avec l’amorce du travail de réflexion sur cette expérience hors normes tout juste vécue et pourtant déjà dans le sillage des souvenirs. Les nuits peuvent enfin renouer avec la nécessaire quiétude d’un repos réparateur, sans stress ni veille permanente. Ce temps de réflexion sera long et certaines images resteront durablement, voire définitivement, ancrées dans la mémoire de nos marins. Allégés de 10 à 15 kg de masse corporelle, il leur faudra aussi reprendre une hygiène de vie normale, notamment avec une alimentation saine et équilibrée.

Rames Guyane J+75

En mer, pour ce 1er jour de la nouvelle année, cinq marins poursuivent leur route vers la Guyane, les premiers attendus au port de Dégrad des Cannes à Cayenne samedi matin tôt. Il s’agit de l’ardéchois Olivier Montiel et du breton Patrice Charlet (alias Mac Coy). Remorqués depuis plusieurs jours par le voilier « Béru », les deux marins, désormais confrontés à des problèmes de santé, ont finalement décidé de mettre un terme à leur aventure sans tenter de reprendre les avirons dans le courant sud-équatorial. Le convoi marche à vive allure et pourrait dépasser le Cap Orange dès demain.

 

Au sud de leur trace, Mathieu Martin se trouve précisément dans cette généreuse veine de courant et entretient une vitesse régulière de plus de 3 nœuds dans la direction des îles du Salut. Il pourrait en terminer dimanche ou lundi après près de 80 jours de mer. Patrice Maciel bénéficie à présent du même courant un peu plus de 200 milles derrière Matthieu. Il lui faudra quelques jours de plus pour en terminer à son tour.

 

Mais c’est au nord que toutes les attentions ont aujourd’hui été concentrées. Gérard Marie avait en effet amorcé sa descente hier dans le fameux courant traversier qui a posé tant de problèmes à plusieurs skippers. La crainte de le voir emporté dans la spirale défavorable du grand maelström comme d’autres avant lui se justifiait amplement. Mais à la mi-journée, la juxtaposition de sa route sur les cartes Mercator (cf ci-dessus) pouvait laisser penser qu’il était parvenu à franchir la zone problématique et à atteindre une zone moins affectée par ces mouvements. Mais ce soir, rien ne permet de certifier qu’il en soit réellement sorti, d’autant plus que la configuration des vents devrait lui permettre de descendre dans le Sud-Ouest. A défaut d’une veine clairement mentionnées sur les cartes, comment expliquer la route de Gérard alors que la zone dans laquelle il évolue semble libre de tous courants ? Il serait vraiment intéressant de disposer d'une carte précise affichant cette fameuse veine, cause de tous nos soucis. Tous à terre espèrent en tout cas que Gérard  trouve le plus rapidement le chemin du retour .

 

Mathieu Morverand

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mer.

31

déc.

2014

J+74 Réveillon et retrouvailles sur la ligne d'arrivée

Au départ de Dakar au Sénégal, ils avaient choisi des routes complètement différentes, le premier dans le grand Sud, le second dans le Nord, et ne s’étaient jamais revus depuis. Et pourtant, ils se sont retrouvés à quelques encablures seulement de la ligne d’arrivée. Malgré ses travers, l’océan du Large peut aussi offrir des moments d’une rare improbabilité, nos deux rameurs du jour, le breton Didier Torre et l’aptésien Rémy Landier ont coupé la ligne à moins de deux heures d’écart, après une folle poursuite à plus de 3 nœuds dans les faveurs du courant sud-équatorial jusqu’aux îles du Salut sous des vents d’Alizés enfin de retour. Épuises et durablement marqués par 74 jours de mer, près de deux mois et demi d’une vie de solitaire, nos deux comparses ont aperçu la terre ferme ce matin à peine 10 milles avant de l’atteindre. Cette frontière du retour à la vie normale est brutale, les nerfs et l’émotion intense de la réussite les maintiennent éveillés, les marins ressentent légitimement un mal de terre aux effets autant physiques que psychologiques. Le fait de choisir une arrivée le jour du réveillon de la St Sylvestre contribue sans nul doute à conforter ce retour à la vie normale.

Rames Guyane J+74

Les joies immenses de ces deux marins et de leurs proches contrastent avec la situation encore compliquée des marins encore en mer. Comment ne pas souhaiter directement la bonne année à son être cher, alors que d’autres savourent ce plaisir simple mais immensément fort en la circonstance ? Soyez assurés messieurs les rameurs au Large que nous ne vous abandonnerons jamais avant votre retour assuré sur la terre ferme !

 

Au Nord, tous les yeux sont rivés sur la route de Gérard Marie qui aborde le courant traversier. Malgré l’aide des Alizés à près de 20 nœuds, ce mystérieux flux de nord invisible sur les cartes de courants reste présent sur zone et a affecté le cap de Gérard qui suit presque à l’identique la route de ceux qui l’y ont précédé. Gageons que l’intensité actuelle des Alizés lui permette de partir à l’Ouest plutôt qu’à l’Est dans cette infernale boucle du maelström. Au Sud, Mathieu Martin passe lui aussi son second réveillon en mer et partage cette fête avec ce généreux courant sud-équatorial qui le porte à plus de 3 nœuds vers la Ligne, suivi de Patrice Maciel quelques 200 milles dans son sillage.

 

Au centre, Olivier Montiel et Patrice Charlet (alias Mac Coy) continuent d’être remorqués par le voilier « Béru » qui devrait toucher terre dimanche 4 janvier prochain.


D’ici là, du large, nos meilleurs vœux à tous pour cette nouvelle année !

 

Mathieu Morverand

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mar.

30

déc.

2014

J+73 Le routeur, une aide à la navigation ou un simple confident ?

En Guyane, la chaleur et l’hygrométrie de l’air peuvent rendre le sommeil léger, surtout lorsque le cerveau bouillonne de réflexions et d’interrogations à postériori. Aurions-nous en effet pu éviter à nos rameurs de renoncer ainsi à leurs rêves en leur prodiguant de meilleurs conseils ? Aurions-nous pu les placer à coup sûr dans les veines de courants et de vents les plus favorables. Cette question nous a tiraillé toute la nuit dernière jusqu’à ce que le vent des Alizés, plus frais et plus sec que celui de la ZIC, se fasse entendre dans la végétation toute proche. Cette descente de l’anticyclone, à laquelle plus personne ne croyait, sauf les fragiles prévisions météorologiques, a fini par arriver sur la zone de nos marins, quelques heures seulement après qu’ils décident, à bout de force et d’espoir, d’abandonner et d’accepter la remorque du voilier d’assistance. Cette édition 2014 est réellement cruelle pour ces marins qui avaient repoussé très loin leur limites en puisant avec courage et abnégation au plus profond de leurs ressources physiques et morales. Ces péripéties qui ne seront bientôt plus qu’un bref intermède dans le cours du temps et des souvenirs nous amènent néanmoins à nous interroger sur le rôle du routeur. Celui-ci est-il vraiment indispensable ? En l’espèce, ce 22 décembre dernier, Rémy Landier, Patrice Charlet (alias Mac Coy) et Olivier Montiel n’étaient distants les uns des autres que d’une trentaine de milles à peine et quasiment sur la même longitude. Pourtant, seul Rémy a réussi à trouver la voie vers l’Ouest, Patrice et Olivier étant eux irrémédiablement emportés vers l’Est par un flux très puissant et pourtant invisible sur les cartes. Leurs routeurs respectifs auraient-ils pu empêcher cette bifurcation diamétralement opposée et les conséquences qui en ont suivi ? Les cartes quotidiennes des courants sur zone ne laissaient pas présager un tel scénario et les rameurs se trouvaient alors plus à l’ouest que les positions de ceux qui les avaient précédé quelques jours plus tôt et qui avaient finalement réussi à s’évader par l’Ouest. Avec l’émergence des nouvelles technologies et la capacité des skippers à recevoir à bord toutes les informations nécessaires, cette expérience pose clairement la question de l’intérêt de recourir aux services d’un routeur, est-il vraiment une aide à la navigation ou simplement un confident ? Les marins des célèbres courses au large sont-ils tous épaulés par un routeur ? Ceux de Rames Guyane ont-ils tous recouru aux services d’un routeur ? En d’autres termes, la réussite d’une telle traversée océanique n’est-elle pas exclusive du marin qui s’y engage corps et âme ? L’avenir de ce type d’épreuves sera certainement bien différent de tout ce que nous avons connu jusqu’alors. A méditer.

Rames Guyane J+73

Lorsque à l’aurore, ce si généreux vent des Alizés se confirmait, nous aurions pu nous en réjouir. Mais ce ne fut pas le cas, ce vent était en retard, son souffle n’aura jamais la saveur qu’il aurait pu avoir il y a à peine 24 h.

 

A l’ouest de la zone, ce brutal renforcement causa en revanche toutes les peines à Rémy Landier pour remonter sur le plateau continental le long de l’orthodromie, brassé par une mer hachée et effrayante l’empêchant de se mettre aux avirons. Mais le vent de Nord-Est, supérieur à 20 nœuds, se montrait si puissant que sa dérive l’emmenait tout droit vers la ligne à plus de 2 nœuds. Dès la bordure continentale franchie, la mer devint plus régulière et  il put reprendre sa route aux avirons. Il n’est plus maintenant qu’à 75 milles de l’arrivée tout comme le breton Didier Torre qui en termine également par la route du Sud à près de 3 nœuds. Partis sur cet élan, ils pourraient bien nous jouer la farce d’une arrivée pour le réveillon de la St Sylvestre. Nul doute que nous y serons nombreux, ces deux-là, comme tous les autres, le méritent bien !

 

Derrière, ces Alizés facilitent les progressions des uns et des autres mais malmènent les organismes et soumettent les nerfs à rude épreuve. La mer formée comme jamais depuis le départ pourrait se maintenir ainsi au moins jusqu’à jeudi soir avec des points à plus de 25 nœuds, voire 30 nœuds par endroits. Gérard Marie, au Nord en sera le plus affecté, mais cela lui permettra peut-être de franchir sans même freiner ces veines de courants si problématiques pour ceux qui y sont passés avant lui sous des vents indécis et mollassons. S’il y parvenait, ce que tout le monde lui souhaite, il pourrait en terminer plus rapidement que prévu. Au Sud, Mathieu Martin et Patrice Maciel progressent à vive allure, parfois à plus de 4 nœuds. Leur souci des jours à venir sera désormais de conserver leur cap vers l’Ouest puis le Nord-Ouest pour passer le Cap Orange malgré ces vents de Nord-Est désormais stables, bien établis et accordés avec la houle du Large.

 

Au centre, Patrice et Olivier ont été partiellement extraits des courants défavorables par le voilier « Béru » qui s’apprête à les relâcher dans une zone moins sensible afin qu’ils puissent reprendre leur route vers les îles du Salut. Désormais sans pression, ils envisagent de naviguer ensemble et de recourir à l’aide du cerf-volant si les vents le leur permettent.

 

Mathieu Morverand

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lun.

29

déc.

2014

J+72 Une sage décision

Toute la nuit dernière, malgré la fatigue et les paupières lourdes, les yeux sont restés rivés sur les écrans pour guetter la descente de l’anticyclone sur la zone de nos marins. A l’aurore, on notait bien un léger changement mais loin de s’accorder avec les prévisions météorologiques. Ce phénomène de décalage entre les modèles proposés et la réalité en mer semble être une coutume de cette zone de convergence intertropicale particulièrement tourmentée quelques soient les couches barométriques. En de telles circonstances, l’optimisme des conseils à terre n’est plus d’aucun secours pour les rameurs. Ils n’y croient plus et ont sans doute raison. Le calvaire qu’ils endurent depuis si longtemps valide toutes leurs convictions, même traversées par les pires idées noires. C’est dans ce contexte qu’Olivier Montiel, étonnement réaliste et serein après une semaine de reculade à contre sens de l’objectif, a pris la décision d’accepter la remorque du voilier d’assistance le « Béru » . Son skipper Vianney, marin d’expérience, a désormais deux bateaux en remorque dans son sillage, Patrice Charlet (alias Mac Coy) et Olivier. Pour nos deux rameurs breton et ardéchois, ce coup de main pour s’extirper de cette zone infernale de contre- courants défavorables constitue une opportinité exceptionnelle de pouvoir sauver leur bateau. Dans le cas d’un sauvetage, seules les personnes, pas les biens, auraient été rappatriés à terre. Dans l’esprit d’un marin ayant consacré entre deux et trois ans de sa vie à concrétiser un projet et vécu plus de 71 jours dans une barcasse trempée de la proue à la poupe, c’est forcément à contre cœur que l’on abandonne une telle aventure. Mais c’est aussi une sage décision. Même si les sources météo semblent toutes s’accorder à confirmer la descente anticyclone et l’imminence de vents de Nord-Est à près de 20 nœuds, la situation n’a que trop duré et la frontière entre expérience initiatique et calvaire quotidien est désormais largement franchie. Par ailleurs, l’aide du voilier le « Béru » n’est qu’éphémère et ne vise qu’à extraire nos deux marins de ces maudits courants pour les placer dans la veine du flux sud-équatorial. Aux alentours du 4ème parallèle, la remorque sera larguée et nos deux marins devront reprendre leur navigation aux avirons vers la Guyane portés par ce flux tant convoité, le seul légitime en ces lieux à cette période.

Rames Guyane J+72

Malgré leurs disqualifications, l’aventure risque encore d’être longue et agitée. Pour Philippe Malapert, l’aventure touche à sa fin. A 18 h TU, une dizaine de milles seulement le séparait encore de la ligne d’arrivée des îles des Salut. En fin tacticien qu’il est, il aura géré magnifiquement son arrivée, profitant au dernier moment de la renverse des marées pour viser la ligne juste sous l’île St Joseph du Salut. Les prochains qui pourraient se présenter devant Kourou sont l’aptésien Rémy Landier par le Nord et le breton Didier Torre par le Sud. Pour eux aussi, l’approche de la ligne s’avère très délicate, là encore, les vents de Nord-Est annoncés sont vivement attendus. Si l’intensité des vents se confirme en flux d'Est-Nord-Est, aux alentours de 20 nœuds, voire 30 nœuds sur les basses couches (850 hPa), il se pourrait que leur arrivée soit musclée. Pour les deux rameurs, une nouvelle déconvenue météorologique pourrait être lourde de conséquences et entraîner une récupération au large des îles du Salut. Les prochaines 24 heures seront déterminantes, la tension est à son comble de part et d’autre du rivage guyanais.

 

Au nord de la zone, Gérard Marie a entamé la descente dans le courant sud-équatorial et espère que la traversée de cette zone à haut risque lui sera plus clémente que pour ceux qui y sont passés avant lui. Au sud, Mathieu Martin et Patrice Maciel filent vers l’Ouest à allure régulière et tentent de capter à leur tour le flux qui a porté si généreusement Didier ces dernier jours.


Mathieu Morverand

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lun.

29

déc.

2014

Difficile mais sage décision

Après être repassé pour la 12ème fois à la latitude N05 15, après 6 jours de navigation vers l'est, après un retournement, après lui avoir dit (je ne compte plus le nombre de fois) que les vents vont se lever et tourner à l'est pour le pousser dans le bon sens, après avoir ramer nuit et jour pour limiter la dérive à l'est, Olivier a décidé aujourd'hui de se faire remorquer par le Béru.

A peine sa décision prise, il pose les avirons, le bateau reprend du nord (grrrr), et là il tourne la tête et aperçoit le Béru au loin ! Le Béru qui remorque déjà Mac Coy a accepté de prendre Olivier également pour les emmener dans la veine du courant pour qu'ils arrêtent de faire des tours dans l'eau et filent enfin en direction de la Guyane.

Soulagement pour Olivier et pour nous tous. Les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures, il est temps qu'il prenne la route de la Guyane !

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dim.

28

déc.

2014

J+71 Un voyage trop long pour continuer à apporter du plaisir

En assistant impuissants au calvaire des rameurs qui restent en mer, on se demande bien comment les marins d’autrefois pouvaient-ils atteindre à bord de leurs navires peu rapides les côtes de l’Amazone et de la Guyane. Si Philippe Malapert semble sorti d’affaire avec la ligne d’arrivée quasiment en ligne de mire, il n’en est pas de même pour tous les autres skippers au Large. Seul Didier Torre est en capacité de tirer le meilleur parti du courant sud-équatorial grâce à une arrivée sur le Cap Orange par une route très au Sud. A moins de 150 milles de l’objectif, Rémy Landier remonte lui un peu trop au Nord. Une puissante veine de courants, peu marquée sur les cartes Mercator, l’emporte actuellement dans le Nord-Ouest à des vitesses supérieures à 3 nœuds. Ce flux se trouve renforcé par des vents repassés au Sud-Est qui compliquent considérablement la tâche. Le rameur aptésien espère que le basculement des vents annoncé va réellement se produire et lui permettre d’infléchir son cap pour reprendre à nouveau la route des îles du Salut. Dans le cas contraire, le danger de dépasser la ligne par le Large est bien réel. Pour lui apporter tous les éléments, son équipe tente de communiquer avec lui mais le service Geolink Iridium qui lui permet de téléphoner par satellite est défaillant et ne permet pas de tenir des communications d’une durée supérieure à quelques secondes. Ce problème pour lequel le prestataire a été sollicité, pour l’instant en vain, complique de plus en plus les échanges à un moment pourtant crucial. Les sources météo disponibles sont celles des fichiers « GRIB » mais aussi des modèles de Météo France (Arpège et CEP - centre européen de prévision). Tous ces outils convergent vers un contexte de vents d’Est-Nord-Est dominants de 15 à 20 nœuds dès demain et pour plusieurs jours. Cela signifierait la possibilité de changer de cap mais après toutes les déconvenues météorologiques depuis le début de la traversée, Rémy comme son équipe se montrent désormais très prudents, voire même dubitatifs.

 

Rames Guyane J+71

Au Nord, Gérard Marie  subit lui aussi ces vents de Sud-Est qui l’ont repoussé aujourd’hui de l’autre côté de l’orthodromie. Le basculement des vents serait providentiel d’autant plus qu’il s’apprête à traverser la fameuse zone de courants traversiers à l’intérieur de laquelle il ne souhaite pas être emporté à l’Est comme Olivier Montiel et Patrice Charlet (alias Mac Coy). Ce dernier a accepté la remorque du voilier « Le Béru » dont le skipper, Vianney, a pris la route du Sud-Ouest pour sortir de cet infernale zone de courants défavorables. Il devrait croiser Olivier dans une quinzaine d’heures afin de s’assurer que la situation du rameur ardéchois demeure supportable. Pour Olivier, même si celui-ci dispose de vivres en quantité suffisante, il ne faudrait pas que cette situation ne s’éternise trop longtemps. Bien au-delà de l’espoir que cette perspective suscite, le retour de ces vents d’Est-Nord-Est pourrait même constituer la condition de son maintien dans l’épreuve.

 

Au Sud, Mathieu Martin poursuit sa route presque tranquillement en dépit d’une envie de plus en plus pressante d’en terminer avec ce voyage désormais trop long pour continuer à apporter du plaisir. Quant à Patrice Maciel, ce dernier vient de passer sous la barre des 700 milles de distance le séparant encore de la ligne d’arrivée. Sa route est désormais très correcte et il semble avoir rejoint à son tour les faveurs du grand courant du Sud.


Mathieu Morverand

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dim.

28

déc.

2014

Les dents de la mère

Beaucoup d'aventures pour Olivier ces derniers jours. Des dents, des esquimaux, des loopings, j'en passe et des meilleures. Attachez vos ceintures et montez à bord de Grain de Poivre !

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dim.

28

déc.

2014

J+70 Plus d'espoir en la météo

Comprendre le sens d’un tel défi  n’est pas donné au premier esprit rationnel venu. Mais plutôt que de s’interroger sur les motivations qui peuvent être multiples et diverses, ne peut-on pas plutôt se satisfaire de la seule envie de vivre un rêve personnel pour expliquer l’engagement dans une telle aventure. Tôt ce matin, du côté des îles du Salut en Guyane, Catherine Barroy, la corsaire malouine, nous aura merveilleusement démontré combien la quête d’un objectif peut décupler nos forces intérieures et nous permettre de puiser aussi loin que la nature peut nous le permettre dans nos ressources physiques et morales. Confrontée à de maintes reprises au cours de la traversée à des situations pour le moins contrariantes, parfois même à contre-courant de toutes logiques, Catherine aura su surmonté ses craintes et ses doutes pour finalement franchir tous les obstacles de son parcours initiatique à travers l’océan. Un grand bravo à elle et à tous ceux qui l’ont soutenu et qui l’ont aidé à trouver la meilleure voie au milieu de ce capharnaüm. 

Rames Guyane J+70

Avec Catherine, voilà donc un rameur de plus de retour à bon port. Mais 9 sont encore ce soir en mer avec les plus éloignés à plus de 700 milles de la ligne d’arrivée. Les tous prochains rameurs attendus devant Kourou – Olivier Bernard et Philippe Malapert – pourraient pointer leur étrave près de l’entrée du chenal dès demain, suivis de Rémy Landier qui parvient admirablement bien à garder un cap vers l’objectif malgré les courants traversiers. Le breton Didier Torre maintient lui aussi une excellente allure porté par le fameux courant sud-équatorial qu’il aura tant convoité.

 

Plus loin, le contexte demeure à ce jour très compliqué. Tout au Nord, Gérard Marie tente de  suivre l’orthodromie mais la tâche n’est pas des plus aisée et précède sans doute un passage tourmenté dans ce courant traversier qui a déjà causé tant de tracas à nos skippers. Olivier Montiel et Patrice Charlet (alias Mac Coy) restent irrémédiablement prisonniers de son emprise. Pour le premier, tout est entrepris pour limiter la perte au Nord et à l’Est, mais dès le moindre arrêt aux avirons, la dérive se réactive instantanément. Les conditions ne présentent pas un caractère périlleux pour aucun des rameurs, mais demeurent particulièrement défavorable. A cours de vivres, Patrice a accepté le ravitaillement du navire « Béru » affrété sur zone par l’organisateur pour venir en aide aux rameurs qui en feraient la demande. Vianney, le skipper de ce navire, a également accepté la demande de Patrice de le remorquer vers le Sud afin de le sortir de la veine de courants et de le placer le plus près possible du courant Sud-équatorial. Pour Olivier en revanche, qui ne souffre pas encore à ce jour de problème d’autonomie en vivres, l’attente de ce basculement des vents est interminable. Malgré une surprenante capacité à garder une lecture objective de la situation dans de telles circonstances, il analyse toutes les cartes et guette cette hypothétique évolution de la situation météorologique. Il reste déterminé à sortir de ce mauvais pas par ses propres moyens. Sous eux, un peu plus au Sud, Mathieu Martin lutte pour ne pas se faire entraîner à son tour dans ce maelström, tandis qu’à l’arrière, Patrice Maciel tente de descendre le plus loin possible dans le Sud afin de suivre la route de son compagnon Didier de la stratégie du Sud.

 

Tous espèrent que la descente de l’anticyclone et les forts vents de Nord-Est qui y sont associés vont rapidement recouvrir la zone en repoussant la dépression actuellement calée au Nord-Ouest du Brésil. L’ensemble des modèles météorologiques disponibles ainsi que les analyses des professionnels semblent confirmer ce basculement dès la fin de journée de dimanche. Mais après tant de déconvenues entre les prévisions et les situations réellement vécues en mer, plusieurs skippers n’ont plus d’espoir en la météo et ne souhaitent même plus que ces indications leur soient communiquées.


Mathieu Morverand

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ven.

26

déc.

2014

J+69 Au cœur d'un conflit atmosphérique

Depuis la métropole ou d’ailleurs, la lecture de la carte des positions des rameurs peut laisser perplexe. Pourquoi certains rameurs ne vont pas dans le bon sens ? Pour quelles raisons repartent-ils vers l’Afrique à des vitesses aussi élevées ?

 

Sous un océan aux apparences stables et linéaires se cachent en fait des forces puissantes dont l’emprise se mesure en centaines de milles nautiques. Lorsque par malchance, on tombe dans une de ces veines de courants dont le flux est mal orienté, il devient extrêmement difficile de s’en sortir. Lorsque en plus, les rameurs  se trouvent au cœur d’un conflit atmosphérique, comme c’est le cas en ce moment sur zone, l’échappatoire prend une dimension complètement inaccessible. Avec le recours des différents modèles disponibles et les conseils des services météorologiques spécialistes de ces régions tourmentées, on découvre qu’une dépression calée sur la pointe du Brésil depuis plusieurs jours est à l’origine de ces vents de sud-est qui causent tant de tracas aux skippers et tout autant à leurs proches. Un vaste anticyclone a amorcé sa descente vers le Sud et devrait repousser ce système en amenant des vents de secteur Est-Nord-Est qui pourraient être établis aux alentours de 20 nœuds lundi et mardi. Dès demain, un basculement des vents est probable.

Rames Guyane J+69

Cette nuit, c’est l’arrivée de Catherine Barroy qui est annoncée. Après tant d’effort et près de 70 jours de mers, elle aura été contrainte hier soir, sur les conseils avisés de son routeur Benoît Souliès (skipper de l’édition 2012), de poser son ancre alors qu’elle ne voyait pas encore la côte afin de ne pas se faire emporter trop au Nord et de louper la ligne. Dès ce matin , elle avait enfin retrouvé des vents et des courants plus favorables. Elle put alors reprendre sa route en redoublant d’effort aux avirons pour réussir enfin à couper cette ligne. Elle navigue à présent à bonne allure et réajuste en permanence son cap afin de ne pas partir au Nord et de pas aller non plus vers cette côte encombrée de récifs et de brisants. Son arrivée est prévue dans la nuit, elle ne lâchera plus rien à présent avant d’y parvenir. Témoin à distance de son arrivée très prochaine, son exploit est salué par d’autres skippers, dont Patrice Maciel qui invite tous ceux qui le peuvent à venir l’accueillir à Kourou.

 

 

Derrière elle, Olivier Bernard et Philippe Malapert ont connu eux aussi la même dérive après avoir dépassé le Cap Orange et ont dû à leur tour jeter l’ancre en pleine mer dans l’attente de vents meilleurs. Dans ce moment délicat, Philippe indique que son seul objectif reste de traverser l’Atlantique à l’aviron et qu’il n’est pas question pour lui de renoncer si près de l’objectif. Le basculement des vents sera sans doute demain le signal de reprise vers les îles du Salut. Dans leur sillage avec l’espoir d’en finir dans un dizaine de jours, Mathieu Martin progresse à une allure désormais régulière. Malgré toutes les galères, il continue de s’émerveiller du monde qu’il traverse quotidiennement. Même quand c'est dur, l'aventure reste belle.

 

Au-dessus de lui, Patrice Charlet (alias  Mac Coy) et Olivier Montiel  ne parviennent pas à s’extirper de la nasse de laquelle il se sont enfermés depuis plusieurs jours. Pour Patrice, l’équation est simple, il ne dispose plus d’assez de vivres pour mener son projet à son terme. Conscient de cette situation, il pourrait solliciter le concours du bateau d’assistance « Le Béru » pour un remorquage lui permettant de rejoindre au plus vite le courant sud-équatorial. Pour l’heure , il s’efforce par tous les moyens de freiner sa dérive en adoptant un sens de déplacement opposé au courant.  Devant eux, Rémy poursuit sa progression vers l’ouest et n’a toujours pas rencontré cette veine de courants qui pourraient le repousser vers le Nord-Ouest.

 

Gérard Marie, quant à lui, navigue désormais au  plus près de la route de l'orthodromie mais se dit préoccupé par l’expérience malheureuse de ses deux collègues prisonniers de ce maelström. Après tout ce qu’il a donné pour en arriver là, il souhaite absolument couper la ligne.  Pour cela, il sait qu’il doit poursuivre ainsi et s’apprêter à descendre très bientôt vers le Sud à travers ce courant traversier avec l’espoir d’un passage moins compliqué.

 

Mathieu Morverand

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ven.

26

déc.

2014

Le bout du tunnel

Les éléments semblent enclins à pousser Olivier à nouveau dans la bonne direction. Alors ça ! Pour une bonne nouvelle, c'est une bonne nouvelle ! Tout est une question de délais, niveau cadeaux de Noël. Probablement que le père Noël a autant de mal à livrer au milieu de l'Atlantique que le Super U de Brétignolles-sur-Mer... Ca doit être ça.


(pour ceux qui n'ont pas saisi la joke, il faut s'en aller immédiatement sur le site de Rames Guyane pour écouter les vacations de Gérard Marie des 14 et 17 décembre)


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ven.

26

déc.

2014

J+68 Sortir de la nasse au plus vite

L’océan n’aura concédé aucune faveur aux rameurs encore en mer, même pas pour ce jour de Noël qu’ils auraient tant aimé partager aux côtés de leurs proches. Si près de l’arrivée, à quelques dizaines de milles à peine de la côte, Catherine, Olivier B et Philippe font face aux mêmes difficultés rencontrées deux jours plus tôt par Harry. Le fort courant de Guyane porte au Nord - Ouest et se ligue à des vents certes faibles mais orientés de la même façon. Après 68 jours de mer, ils risquent de ne pas pouvoir passer la ligne et de dépasser les îles du Salut par le Large. Ils vont devoir jongler au mieux avec les horaires de marées pour profiter des courants de flot et limiter la perte au jusant. L’exercice s’annonce délicat mais le passage de la ligne est à ce prix. 

Rames Guyane J+68

 A l’arrière, pour les nordistes, la situation n’est pas moins problématique, bien au contraire. Toutes les sources et conseils météo ont été sollicités pour confirmer cet hypothétique retour de vents établis de Nord-Est qui permettraient enfin à Rémy, Olivier M et Patrice C (alias Mac Coy) de s’extirper de la nasse dans laquelle ils ont été piégés. La situation qu’ils subissent constitue la pire des configurations qu’ils pouvaient redouter avec un vent qui les maintient dans une puissante veine de courants défavorables. Si Rémy semble parvenu à en sortir, il redoute de son côté le flux qui lui barre la route et qui pourrait le propulser au Nord. Il marche délibérément au ralenti afin d’attendre l’arrivée de conditions de vents assez favorables pour traverser la zone problématique et adopter le cap des îles du Salut. Malgré une nuit entière passée aux avirons, Patrice et Olivier ne réussissent plus à descendre. Voilà bientôt trois jours qu’ils reculent à l’opposé de leur route, désespérés de ne trouver aucune solution malgré toutes leurs tentatives. Fatigués et résignés, ils n’ont d’autres choix que d’attendre et de guetter le moment où enfin, les signes du vent leur annonceront le signal du départ vers leur libération.

 

Au sud, ils espèrent alors retrouver Mathieu Martin qui parvient 1° 30’ sous leur latitude à faire route vers l’Ouest, tout comme Didier, parfaitement positionné pour entamer la remontée vers le Cap Orange. Tout au nord, au plus près de l’orthodromie, Gérard poursuit sa route et aspire à une traversée du courant traversier plus clémente que celle de ses prédécesseurs. Pour y parvenir, il semble qu’une configuration stable de vents établis de Nord-Est sur une période d’au moins 72 heures puisse permettre de traverser le plus rapidement possible cette zone problématique. Antonio de la Rosa, qui a remporté l’épreuve, reste pour l’instant le seul à y être parvenu. Les prévisions n’annoncent pas la mise en place sur zone d’une telle configuration avant la fin de semaine. D’ici là, à l’arrière de la flottille, Patrice M peine à gagner le courant des Guyane en progressant non sans mal vers le Sud.


Mathieu Morverand

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mer.

24

déc.

2014

J+67 Noël en mer

Ce pourrait être l’annonce aguicheuse d’une offre de croisière à bord d’un navire aux lignes confortables, mais au sein de la flottille, parmi les 10 rameurs qui restent ce soir encore sur l’océan, ces fêtes de Noël en solitaire à bord de leur frêle embarcation auront une saveur aussi particulière qu’inattendue. A Dakar, on se profilait déjà dans ce moment de joie et de partage, à écouter les récits passionnés de nos rameurs émérites autour d’une dinde rôtie ou d’un chapon dodu. Cette succession de vents aléatoires et de courants tourmentés dès le premier jour de traversée aura rapidement bouleversé cette perspective et peu à peu préparé les esprits à ce Noël en solo. Englué depuis 48h dans une pétole sans le moindre souffle, Harry qui avait pourtant repris des forces, s’est vu emporté par le puissant courant sud-équatorial sans rien pouvoir y opposer, passant au Nord des îles du Salut à plus de 40 milles de la ligne. Il aura fait sa traversée, comme tous les autres, sans compromis, avec ses moments de joies et ses abîmes de désespoir, déterminé à rallier l’Afrique aux Amériques. L'objectif est en ce sens magnifiquement atteint. Bravo à lui et à tous ses proches qui l’ont soutenu sans jamais faillir même dans les moments les plus délicats.

Rames Guyane J+67

Ce contexte actuel ne facilite vraiment l’approche de la ligne. Catherine, qui n’est plus ce soir qu’à 115 milles de l’arrivée en est bien conscience, et tente en conséquence comme Olivier B et Philippe de longer la côte au plus près pour ne pas se faire déporter au Nord. Les nordistes eux se débattent de cette insupportable nasse dans laquelle d’autres rameurs s’étaient déjà empêtrés voilà une petite semaine. Si Rémy est parvenu non sans mal à s’extirper de ce mauvais courant traversier, Patrice C. (alias Mac Coy) et Olivier M. n’ont pas réussi à s’en évader. Ils rencontrent la pire configuration qui puisse être. Des vents de Sud-Est liés à cette remontée récente de la ZIC les maintiennent dans ce puissant courant qui les repousse vers l’Est, complètement à l’opposé de leur objectif. Ils luttent en vain pour gagner dans le sud mais la météo durablement défavorable s’y refuse obstinément. Aucune amélioration notable ne se profile à l’horizon avant la fin de semaine et des vents suffisamment forts pour être efficaces ne sont annoncés qu’en début de semaine prochaine. Cette situation plonge nos rameurs dans un marasme qu’ils peinent à juguler.

 

Le reste de la flottille continue sa progression, Gérard au Nord, les autres au Sud. Patrice M, assailli par des forces hostiles depuis tellement longtemps a dû se résoudre à déployer son cerf-volant pour contrer ces courants contraires. Mais avec des vents faibles, l’efficacité de cet instrument de secours reste à peine perceptible. Devant lui, le breton Didier et le basque Mathieu font désormais cap commun et s’en réjouissent. Ils semblent tous deux dans la bonne veine et pourraient même faire route commune dans les prochains jours.

 

Au Nord, Gérard le vendéen, doyen de la flottille, évoque non sans émotion la messe de minuit qu’il s’apprête à vivre dans son petit « coin de vie » seul au milieu de l’océan. Il sait que ses prochaines fêtes de Noël dans les années à venir seront viscéralement liés au souvenir de ce moment si particulier. Il regrette d’être si loin de ses proches mais il reste malgré tout content d’être là sous une magnifique voûte céleste, la plus étoilée des soirées de Noël. Sous le regard complice des trois Rois Mages dans la constellation d’Orion, il souhaite à tous de merveilles fêtes de Noël.

 

Mathieu Morverand

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mer.

24

déc.

2014

Vacation de Noël

C'est un peu la mierda. Pour une durée encore inconnue.

Olivier le raconte de façon assez détendue, presque. Illustration avec des poissons.

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mar.

23

déc.

2014

J+66 Sur l'Atlantique, le rêve de gens simples

Il est dans la vie d’un être humain des expériences qui transcendent l’existence et qui marquent durablement les consciences. Cette traversée seul(e) au milieu de l’océan constitue sans aucun doute l’une d’entre elles.  Tandis que 7 skippers sur les 18 au départ des côtes sénégalaises en octobre dernier savourent désormais le goût si particulier d’une vie de terrien retrouvée, 11 sont encore en mer et continuent de lutter contre des conditions aux nulles autres pareilles dans toute l’histoire de l’épreuve. Quelle est cette foi si forte qui leur permet de tenir alors que l’on serait mille fois tenté à leur place de déclencher la balise Argos pour mettre un terme à cette galère quotidienne et être rapidement rapatrié sur le continent ? Certains avaient un peu d’expérience de la navigation au large, d’autres pas du tout, mais ceux qui restent sont maintenant tous à égalité, à bord du même bateau, à quelques courants près. Il n’y aucune star parmi la flottille, juste des héros ordinaires qui nous surprennent chaque jour un peu plus par leur étonnante pugnacité, cette aventure atlantique constitue bien le rêve de gens simples mais l’océan leur a malgré tout réservé une configuration digne par sa complexité des plus grands marins.


Rames Guyane J+66

L’état physique et parfois moral des heureux marins rentrés au port nous laisse deviner comment nous allons retrouver nos amis, les traits probablement tirés dans le même sens, le regard hagard. Il est temps pour eux de poser l’ancre, le moral malmené par les indécises oscillations de la ZIC est à l’image de leur stock de vivres, au plus bas. Quand les grains et la pluie s’acharnent de manière discontinue, quand ramer contre vents et courants ne sert plus à rien, sinon à vous broyer les épaules, tous les moyens sont bons pour compenser cette adversité, certains trouvent le salut dans la lecture, d’autres dans l’écriture.

 

Les trois nordistes communiquent entre eux et s’échangent toutes les informations dont ils disposent de la part de leurs soutiens à terre. Ils recherchent, en vain pour l’instant, la porte de sortie de cet infernal maelström, sans doute vers le Sud. Leurs collègues y sont passés il y a quelques jours et les vents de Nord-Est leur ont permis de s’en extirper. Mais pour nos amis assommés par un ciel qui menace de leur tomber sur la tête, le retour de ces vents providentiels, synonyme de fin prochaine du bagne, ne semble pas annoncé avant la fin de semaine. Auront-ils progressé d’ici là ? Nul ne peut leur garantir, ce qui rend les vacations difficiles auprès des rameurs pendus à leur téléphone dans l’attente interminable d’une hypothétique bonne nouvelle. Pas évident en effet le rôle de « routeur, ou de « conseiller » - peu importe la sémantique – ni même celui des proches qui redoutent finalement le moment des vacations tant la crainte de ne savoir trouver les mots justes ou de ne pas disposer de l’information convoitée est prégnante à l’autre bout du satellite. Le maniement des mots peut être en la circonstance une démarche dangereuse.

 

A la différente du premier peloton, la roulette océanique a été cette fois plus heureuse aux partisans de l’option Sud. Avec une distance magnifique de 87 milles parcourus lors des dernières 24 h dans une veine visiblement très généreuse, Catherine est en passe d’honorer par la réussite de son aventure toute sa communauté de corsaires malouins. On l’attend de pied ferme sous les îles du Salut après-demain. Elle sera suivie de près par Olivier B. dont les soutes débordent visiblement de superbes images de ses nombreuses rencontres au large, et par Philippe qui optimise au mieux ses réglages pour filer le plus droit possible vers la ligne.

 

Dans leur sillage, Didier navigue enfin dans ce courant sud-équatorial qu’il a tant recherché et dont la quête a motivé chacun de ses coups de rame depuis le départ. Malgré des moments pénibles, il a fini par y arriver et à faire mentir tous ceux qui auront pu douter de son audacieuse stratégie. Certes, il aura mis un peu plus temps que prévu mais il y est parvenu et a ouvert ainsi une nouvelle voie inédite.


Mathieu Morverand

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lun.

22

déc.

2014

J+65 Réjouissances et Contrariétés

Peu de temps après Antonio de la Rosa, quatre nouveaux rameurs ont coupé la ligne d’arrivée sous les île du Salut. A l’initiative de Laurent qui en terminait avant l’aurore, cette arrivée relativement groupée est à l’image de la navigation serrée que ce groupe a observé tout au long de la traversée. Quelques heures après Laurent, Salomé, Richard et Jean-Pierre sont en effet arrivés très proches les uns des autres. Les traits tirés, fatigués et amaigris, ils ont pu néanmoins fêté les réjouissances de ce moment magique avec une foule nombreuse venue les accueillir. Ils sont maintenant onze encore en mer.

Rames Guyane J+65

Il faudra attendre un peu plus longtemps pour voir arriver les suivants, notamment Harry, leur compagnon de route qui fut retardé il y a quelques jours. Olivier B, Catherine et Philippe qui filent désormais à vive allure arriveront sans doute peu de temps après. Au nord en revanche, le temps des contrariétés n’est pas tout à fait terminé. Rémy, Patrice C (alias Mac Coy) et Olivier M viennent de subir une nouvelle remontée de la ZIC avec des vents du Sud assez forts et des grains violents qui levaient une mer agitée et parfois forte. Leur progression s’en ressent, ils peinent non seulement à gagner vers l’Ouest mais aussi dans le Sud  Leur objectif est de descendre sous le 5ème parallèle avant d’infléchir leur cap à nouveau vers la Guyane. Dans ces conditions, le contraste est fort entre la joie de ceux qui viennent de passer la ligne et le désarroi de ces trois-là qui luttent avec acharnement contre ces conditions obstinément défavorables.

 

A l’arrière, si Mathieu et Didier progressent désormais très correctement, tout comme Gérard au nord, il n’en est pas de même pour Patrice M, lui aussi confronté à une configuration de vents et de courants peu encline à lui laisser enfin prendre le chemin de la terre ferme. Gageons que ces tracas finissent par s’estomper pour laisser tous ces marins en terminer avec ce périple particulièrement compliqué.

 

Mathieu Morverand

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lun.

22

déc.

2014

Olivier sur les ondes de Radio France Bleu

On y est !!! Olivier et Christian Opéron de Radio France Bleu Drôme Ardèche se tutoient !

Pour être franche, on se demande comment ça n'est pas arrivé plus tôt.

En tous cas, Olivier était en plein milieu de la tourmente lors du coup de fil hebdomadaire avec Christian. Sensations. Accrochez vos ceintures.


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dim.

21

déc.

2014

J+64 Joie et Tristesse

64 jours, 3 heures et 30 minutes, voilà le temps qu’il aura fallu pour que le 1er rameur couvre les 2146 milles (3975 km) – bien plus en réalité – de la traversée de l’Atlantique entre le Sénégal et la Guyane. La victoire est belle et l’espagnol Antonio de la Rosa ne doit ce succès qu’à sa détermination et à sa force morale qui lui auront permis de surmonter un à un tous les obstacles qui ont jalonné chaque mille de ce long parcours semé d’embûches. Dès le départ, il a laissé la côte derrière lui et n’a eu de cesse alors de partir en quête du grand Large malgré ces vents d’Est qui le repoussaient obstinément vers l’Afrique. Profitant de chaque opportunité, il aura su finalement trouver la bonne passe pour s’extirper de ce mauvais pas et filer parmi le groupe de tête qu’il ne quittera plus. Partisan de la route du Nord, il y a cru jusqu’au bout, poussant son cap le plus loin possible dans l’ouest afin de devancer ses adversaires à la faveur d’une bonne veine à travers ce maelström géant. Le pari fût risqué mais il y parvint brillamment. Dès lors, avec une avance confortable, personne ne put revenir dans son sillage, son triomphe est amplement mérité. Si l’édition 2012 fut celle du gros temps, celle qui s’achève marquera durablement les esprits par sa durée, et ses nombreux rebondissements. Après le temps des craintes et de l’impatience quotidiennes, voici venu pour le madrilène celui des réjouissances et des plaisirs simples de la vie de terrien près des siens.

 

Mais cette joie immense du vainqueur s’accompagne malheureusement de la tristesse d’un autre rameur émérite qui à quelques encablures seulement de l’arrivée, aura dû mettre un terme brutal à sa traversée en raison d’une mauvaise phlébite au pied. Avec un courage hors normes, Olivier Ducap aura tenté d’aller jusqu’au bout mais après un diagnostic à distance, les médecins ont préféré procédé à son évacuation tant les signes décrits par le rameur étaient inquiétants. Hélitreuillé hier en milieu d’après-midi, il se trouve maintenant en sécurité à l’hôpital de Cayenne en compagnie de ses proches. Un grand bravo aux services de secours et aux médecins dont la clairvoyance aura sans doute permis d’éviter de lourdes complications pour Olivier. Toute la communauté de Rames-Guyane lui souhaite un prompt rétablissement.

 

Ce soir à 18 h (HF), il reste quinze bateaux en mer distants de 50 à 850 milles de la ligne d’arrivée. Dans le sillage d’Antonio, un groupe de quatre rameurs dont une femme se disputent âprement le podium. Laurent conserve quelques milles d’avance et pourrait s’emparer de la seconde place mais Jean-Pierre, Salomé et Richard n’ont pas encore dit leur dernier mot. Leur arrivée est prévue demain lundi dans la journée.

Rames Guyane J+64

Derrière, c’est en solitaire que Harry termine son périple. Ravitaillé par le voilier Béru, il a pu reprendre des forces et a tenu absolument à finir la traversée à l’aviron, une vraie leçon de courage après les heures terribles sans rien à manger qu’il a dû endurer au sud du courant traversier. Il est suivi par le groupe de sudistes mené par Catherine avec Olivier B. et Philippe qui profitent à fond des faveurs du courant sud-équatorial. Au Nord, c’est Rémy qui s’en approche rapidement et qui pourrait bien s’en mêler, tout comme ses deux comparses Patrice C (alias Mac Coy) et Olivier M. qui observent exactement la même trajectoire ; la seule qui semble permettre de se faufiler dans  cette zone éminemment complexe. Tout ce petit monde sera-t-il arrivé pour Noël ? Même si des vents forts d’Est-Nord-Est sont enfin de retour sur zone, c’est peu probable car la route est encore longue et les courants aléatoires. Mais tous ces marins le savent et se sont résignés depuis déjà longtemps à passer ce réveillon en mer. Leur franchissement de la ligne d’arrivée n’en sera que plus savoureux.

 

C’est aussi le cas de Didier, Mathieu, Patrice et Gérard qui ont encore des distances importantes à parcourir. Chaque jour, l’échéance se rapproche mais il leur faudra probablement patienter jusqu’en 2015 pour atteindre à leur tour les côtes de Guyane. Le chemin est long et reste incertain, continuons de les encourager de toutes nos forces.

 

Mathieu Morverand

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sam.

20

déc.

2014

La fish fiesta au rendez-vous

Olivier nous offre une belle brève de bateau pour son anniversaire. Enfin, c'est plutôt l'océan qui lui fait un présent magnifique. Notre Olivier est tout retourné. Extrait :


Les poissons ont grave assuré !! 

Car là je dois bien avouer que je suis sur les fesses (douloureuses) !

J'avais lancé sur toutes les ondes qu'aujourd'hui c’était la mega fiesta pour mes 40 hivers et ils sont tous venus !!! Dans la nuit, discrètement, 40 poissons tout rond (le nombre, pas les poissons) pour fêter dignement ça !!!! On m'avait dit que la nature pouvait être généreuse... mais quand meme !!

Pour les tatillons qui doutent, il y a 38 poissons sur la photo mais il y en a deux supplémentaires (même 3 mais atterrir sur le panneau solaire, ça compte pas) qui se cachaient sous mon palonnier !

40 ans, 40 poissons, la top classe !!!!

Belle marque de respect, bravo frère poisson... ton geste est idiot mais l'impact fort !!!


Punaise, si tu savais, mon copain, si on avait pu faire ça aussi, t'aurais retrouvé bien plus que 40 copains et parents au réveil ce matin. Mais comme tu ne nous as pas invités, on a laissé la place aux poissons ;)

Anaïs

fish fiesta pour les 40 ans d'Olivier en mer
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sam.

20

déc.

2014

J+63 Rien est écrit à l'avance

L’impermanence de ces courants océaniques et la soudaineté de ces remontées de la Zone Intertropicale de Convergence (ZIC) sont difficilement compatibles avec l’idée d’une traversée réglée comme une horloge suisse. Avant de partir, les rameurs s’en doutaient un peu même si ils ambitionnaient secrètement d’égaler les temps de leurs pairs lors des trois précédentes éditions en 2006, 2009 et surtout 2012. A quelques jours près, le premier à couper à ligne de cette édition 2014 mettra presque le double de jours que le vainqueur de la précédente édition, qui passait la ligne de l’Enfant Perdu après 37 jours de mer. A n’en pas douter, cette traversée aura mis le coup de grâce à toutes les certitudes et aux éventuels paradigmes qui pouvaient auréoler ce type d’aventure. Et c’est tant mieux ! Cela nous rappelle en effet notre condition d’être humain, nécessairement humble face à un élément aussi vaste et  imprévisible que l’océan. L’épopée vécue par ces 16 femmes et hommes depuis plus de deux mois à présent brise en éclats cette banalisation que les récits trop contemporains ont fini par distiller dans l’opinion, laissant croire à tort qu’il suffit d’avoir envie pour se lancer, que les vents et les courants feront le reste, qu’il ne peut en être autrement. Au milieu de nulle part, coincé entre deux hémisphères, rien est écrit à l’avance. Pas même à quelques heures du dénouement.

 

Qui mieux que ces forçats du Large hagards et amaigris vont pouvoir parler de cette confrontation aux éléments et transmettre cette mémoire du Large aux futurs générations de marins qui s’élanceront à leur tour dans l’aventure ? A quelques dizaines de milles à peine de la ligne d’arrivée, les choses restent compliquées comme si l’océan voulait jusqu’au bout signifier de manière claire à ceux qui pourraient encore en douter qu’il reste l’unique et seul maître à bord. Pourtant, c’est bien là, près des côtes de Guyane, que le courant sud-équatorial aurait dû être le plus fort et plus généreux. Ce « tapis roulant » n’en a pas vraiment l’allure et les cartes Mercator disaient vraies, les marins n’auront pas de répit pour les derniers milles, il faudra couper la ligne à l’huile de coude, demain sans doute pour Antonio de la Rosa. Avec la voix fatiguée par des heures continues d’effort intense ces derniers jours, le skipper madrilène profite des vents de Nord-Est pour redescendre vers la ligne en passant au large du Cap Orange et bientôt de Cayenne.

Rames Guyane J+63

Derrière lui, Laurent s’est dépensé sans compter pour grignoter un peu la distance qui les sépare et conforter son avance sur Olivier D au Sud et ses trois compagnons d’échappée dans son sillage. Il se souvient avec délectation des jours précédents où l’effet cumulé des remontées de la ZIC et du courant Sud-Equatorial lui ont permis de connaître des sensations qu’il avait encore jamais eues de surf à plus de 5 nœuds. Salomé, quant à elle, navigue dans une veine favorable et se montre par conséquent peu bavarde à la vacation,  souhaitant plutôt avec raison en profiter au maximum, toutes les minutes de temps et d’espace sont bonnes à prendre. Elle progresse presque à vue de Richard qui la devance de quelques milles à peine, tout comme Jean-Pierre, enthousiaste de savoir l’arrivée toute proche. Ce dernier rêve de quitter sa  « tanière de renard » et de retrouver un vrai lit, la perspective de croquer une pomme lui apparaît tel un graal et il ne supporte plus l’eau que lui offre son dessalinisateur. Il lui tarde vraiment d’en finir et guette ce moment assez net où il passera en quelques coups de rame des eaux bleues du grand Large aux eaux saumâtres des zones côtières, chargées des limons de l’Amazone et de l’Oyapoque. Derrière ce groupe, Philippe navigue entre Olivier B. au Nord et Catherine au Sud. Il se réjouit de lire sur son GPS une progression à plus de 3 nœuds sans ramer et compte bien faire durer ce plaisir en navigateur perfectionniste qu’il est, adepte des réglages les plus fins.

 

Plus au nord, les trois mousquetaires ont entamé leur descente plein Sud. Aux avants postes, Rémy peine à garder un cap au 180 et perd quelques minutes dans l’Est, le vent faible ne l’aidant que très modérément à compenser cette dérive. Il doit descendre encore d’un degré de latitude avant que l’influence de ce courant traversier puissant commence à s’estomper et qu’il puisse infléchir à nouveau son cap vers l’ouest. Derrière lui, Patrice C. (alias Mac Coy) et Olivier M. s’apprêtent à suivre la même trajectoire précaire à travers ce grand maelström. Comme Gérard il y a 3 semaines, Olivier fête aujourd’hui son anniversaire : 40 printemps. En guise de cadeau, il a reçu ce matin dans son cockpit plusieurs dizaines de poissons volants ainsi qu’un mini-espadon dont il réserve la photo à Pierre Verdu pour une expertise plus approfondie. A Dakar, il avait convié en Guyane tous ses amis pour fêter ce passage de la quarantaine, mais l’océan en a finalement décidé autrement. Olivier s’en est maintenant fait une raison mais il s’accorde malgré tout le privilège d’un repas de fête à base de tartines agrémentées de vaches qui rient et de fraises « tagada », le tout accompagné d’une succulente crème dessert, un vrai festin de capitaine au long cours ! Que ses amis se rassurent, il promet de rattraper cela dès son arrivée à terre. Pour l’heure, il reste concentré car il pense toucher le courant traversier à son tour dans la nuit.


Sur les traces de ces trois-là, porté par une houle marquée à bonne allure, Gérard Marie savoure le plaisir simple et pourtant si fort du changement de carte passant de la carte de l’Afrique à celles des Amériques. Il aurait pu le faire avant mais a préféré attendre de finir son tracé sur la carte entamée. Ainsi, il a déjà gagné plusieurs degrés sur la nouvelle, ce qui rajoute encore un peu à sa satisfaction. Utilisant le GPS en permanence, il n’en reste pas moins très attaché au relevé de ses positions sur la carte papier ; cela lui permet de mesurer concrètement sa progression. Il a appris l’imminence de l’arrivée pour plusieurs des skippers et les félicite d’ores et déjà pour la performance qu’ils ont accompli, mais pour l’heure, il reste surtout attentif à sa propre navigation afin d’optimiser son cap et de réduire le temps qui le sépare encore de la terre ferme. Lui aussi trouve chaque matin une horde d’exocets échoués dans son cockpit. Il les jette aux oiseaux qui se les disputent alors dans une bruyante ripaille, un spectacle dont il ne se lasse jamais.

 

Mathieu Morverand

 

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sam.

20

déc.

2014

C'est ton anniversaire, c'est pas celui de ta mer

Ah la la, Olivier... Avant ton départ pour Dakar, j'ai écris en gros sur mon agenda :

 

GROSSE BRINGUASSE POUR LES 40 ANS

ET LE RETOUR D'OLIVIER

 

L'océan en a décidé autrement et toi comme nous tous, devons encore nous incliner devant les éléments. Il est vrai qu'à force d'être inclinés depuis à présent 63 jours, le lumbago nous guète à chaque instant. Qu'importe, on inspire par le nez, on expire par la bouche, un peu plus fort que quand on fait du yoga, pas pour t'aider à souffles les bougies mais en espérant que l'expir' te pousse un peu plus vite vers la terre.

 

Bon anniversaire, Olivier. Je mange à distance une birthday Laughing Cow avec toi. Vivement ton retour. La fête n'en sera que plus belle. Et la birthday food bien meilleure.

Anaïs

Anniversaire au milieu de l'Atlantique
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ven.

19

déc.

2014

J+62 Une aventure à 360°

Ce soir, le premier rameur se situe à moins de 100 milles (180 km) de la ligne d’arrivée sous les îles du Salut. Antonio de la Rosa pourrait couper le ruban dans la journée de dimanche, devenant ainsi le premier espagnol à remporter cette épreuve de la traversée de l’Atlantique à la rame « Rames – Guyane ». Un exploit d’autant plus mémorable lorsque l’on sait ce que les skippers de cette édition ont dû endurer tout au long de leur interminable périple. Compétiteur de la première heure, il se sera battu dès le début de course sans jamais rien lâcher, occupant le groupe de tête quasiment depuis le départ. Fin stratège, il aura su négocier au mieux le passage de cette zone éminemment tourmentée par un maelström géant pour devancer ses principaux rivaux. Tandis que le reste de la flottille préférait une option Sud plus sûre, il tentait lui de filer tout droit à travers cette veine au risque d’être emporté trop au Nord. Mais grâce à des vents de Nord-Est revenus sur zone, il est parvenu à franchir ce dernier obstacle quasiment sans modifier son cap, ce qui lui procurait alors une confortable avance sur ses poursuivants les plus immédiats, Olivier D. au Sud-Est et Laurent à l’Est. Avec un stock de vivres au plus bas, comme de nombreux autres rameurs à présent, il se dit pressé d’arriver et de terminer de la plus belle manière qui soit cette belle aventure.

Rames Guyane J+62

Parmi le groupe de ses poursuivants, Richard Perret se réjouit aussi de se rapprocher  de la terre ferme. Il se remémore toutes les étapes de son voyage notamment ce moment de plénitude lorsqu’enfin, après de longues journées d’attente dans l’Anse Bernard à Dakar, une fenêtre météo favorable lui permettait enfin de prendre le Large vers les Amériques. Il se souvient aussi de toutes les émotions de cette aventure à 360° où les rameurs seront en effet passés par toutes les humeurs et par tous les cardinaux, l’Ouest restant incontestablement leur préféré. Ce soir, il est talonné par Salomé qui navigue à moins de 6 milles de lui.

 

Un peu plus près des côtes et du Cap Orange qu’il pourrait distinguer demain sur son bâbord, Olivier Ducap continue de se battre et espère arracher une place sur le podium, ce qui reste parfaitement envisageable. Il pense trouver près du rivage des courants plus rapides que ceux prévus par les cartes et ainsi conforter son avance sur le petit groupe qui le menace par le Nord. Mais bien au-delà de ces considérations de course, il lui tarde surtout de retrouver ses proches au plus vite.

 

Au nord, le groupe des trois mousquetaires est en train d’amorcer sa descente à travers la zone tourmentée. Rémy a déjà infléchi son cap et profite au maximum de ce courant pour descendre au sud et viser une position aux alentours du 5ème parallèle et du 48ème méridien. De là, selon les conditions de vents dont il disposera alors, il ajustera sa route soit pour poursuivre encore un peu dans le Sud (en cas de vents d’Est faibles), soit en virant vers l’Ouest à travers la veine de courants (en cas de vents de Nord-Est) sur les traces du rameur madrilène. C’est aussi la stratégie d’Olivier M. et de Patrice C. (Alias Mac Coy) qui le suivent de près. Le rameur de Pont l’Abbé commence à ressentir une grande fatigue et se réjouit de savoir la terre chaque jour un peu plus proche. La visite d’oiseaux qu’il n’a encore jamais vu lui semble être un signe de cette proximité. Malgré un ciel gris, il profite de chaque instant de son périple et se régale des visites qu’il reçoit, hier un globicéphale et sans doute encore d’autres rencontres à venir.

 

Didier, son compatriote bigouden s’est remis d’un gros passage à vide il y a quelques jours alors qu’il luttait contre des vents de Sud-Est. Il s’étonne de cet univers qu’il traverse, avec ses averses qui peuvent durer plus de trois jours sans discontinuer et ces couleurs qui n’appartiennent qu’au poteau-noir déchiré par des ciels immensément perturbés. Et pourtant, malgré cette nébulosité, il a eu le privilège exceptionnel pour un marin au long cours d'apercevoir le fameux rayon vert, ce spectre furtif qui se produit à la faveur d'un phénomène de réfraction pendant 1 à 2 secondes juste au-dessus du soleil couchant sur l'horizon. La visite récente d’une baleine au souffle puissant fut aussi un moment fort et une émotion intense. Ces instants rares constituent autant de bonnes raisons de savourer cette aventure malgré ses nombreux tourments. Didier a désormais retrouvé le moral et son allure s’en ressent, il pourrait bien accrocher enfin cette veine du Sud qu’il convoite depuis si longtemps, c’est en tout cas tout ce que lui souhaitent les nombreux observateurs admiratifs qui ont suivi son audacieuse épopée.

 

Quant à son compagnon de route, Patrice M., celui-ci a réussi à s’extraire de ce puissant flux qui l’avait propulsé vers le Nord et souhaite repartir à nouveau à la conquête de cette voie du Sud. Il sait que le voyage jusqu’aux îles du Salut lui prendra encore plusieurs semaines et mais il s’en accommode et faire preuve d’une remarquable détermination à accomplir ce défi transatlantique qu’il s’est assigné quel que soit le temps qu’il lui faudra pour cela.


Mathieu Morverand

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ven.

19

déc.

2014

Go West !

Comme vous êtes fins observateurs et que vous ne ratez pas une miette des brèves de Mathieu... vous aurez donc remarqué que la direction de Rémy, McCoy et Olivier, là, c'est l'Ouest. Encore un petit peu.

L'occasion pour moi de ressortir ce vieux tube qui (soyons honnêtes) a plutôt mal vieilli. Quant à la qualité de la vidéo, vous m'excuserez, j'ai collé un bout de VHS. D'où les dégâts. "Enjoy".

Anaïs

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jeu.

18

déc.

2014

J+61 Des pointes à près de 5 noeuds

Antonio de la Rosa, le rameur madrilène conserve la tête de la course et se dirigerait vers une possible victoire, mais sa trace inquiète nombre d’analystes qui le voient emporté par la puissante veine du courant sud-équatorial qui le pousse vers le Nord et qui pourrait l’empêcher de franchir la ligne d’arrivée. Toutefois, ne s’agirait-il pas plutôt d’une fine stratégie de la part de cet aventurier aguerri ? Celle-ci viserait à profiter le plus longtemps possible des faveurs de ce courant avant de plonger dans la zone qui précède l’arrivée où les courants paraissent moins forts. Pour l’instant, il se trouve encore au sud de la latitude des îles du Salut et a maintenant atteint l’autre côté de la veine dont il a quitté le flux principal. Il s’est donc extirpé en grande partie du risque de dériver au Nord à moins de subir un nouveau souffle de Sud-Est à la faveur d’une énième remontée de la ZIC. Le paradoxe de cette aventure réside dans sa capacité à nous surprendre chaque heure en dépit de la vitesse très lente de ces bateaux.

J+61 Rames Guyane

Malgré tout, les skippers à l’avant nous ont aujourd’hui surpris par leurs pointes de vitesse à près de 5 nœuds.  A ce rythme, les 3 ou 4 degrés qui les séparent de la délivrance vont être rapidement parcourus et il se pourrait même que le premier n’attende pas la fin du week-end pour poser le pied à terre ainsi que le prévoit Pierre Verdu.

 

Pour Rémy et ses deux compagnons de route, Patrice (alias Mac Coy) et Olivier M., il faudra encore patienter un peu mais ce moment du passage de la ligne qu’ils attendent désormais tel un graal ne devrait plus trop tarder. Il leur faudra s’armer de courage pour franchir comme l’équipe qui les y a précédé cette fameuse zone de courants traversiers qui leur barrent la route. Pour Rémy dont l’étrave effleure ce soir la bordure de ce courant, ce franchissement pourrait être l’affaire de trois à quatre jours. Il franchira alors la veine du courant sud-équatorial sous le 5ème parallèle pour ensuite filer vers les îles du Salut. Pour l’heure, il apprend à redoubler de vigilance avec cette mer qui s’est à nouveau invitée à son bord par le petit hublot qu’il avait malencontreusement laissé ouvert. Avec une voix enrouée qui trahit une réelle fatigue, il avouait ce soir que cet événement fut difficile à vivre. Il s’en est remis moralement mais il est temps qu’il termine ce long voyage. Il espère pour les jours à venir que « Neptune et Eole » seront plus sympas avec lui pour le pousser comme aujourd’hui vers la Guyane.

 

Partisans de l’autre voie, celle du Sud, Catherine la malouine file à bonne allure et espère doubler ses amis du Nord pour terminer dans les dix premières places du classement. Elle évolue pour l’heure sous la pluie et ne devrait plus tarder à amorcer son virage avant de remonter tranquillement vers le Cap Orange et le Delta de l’Oyapoque.  Elle souhaite emprunter à son tour le « tapis roulant » dont elle sait qu’il a d’ores et déjà profité aux avant-postes de la flottille. Elle craint de ne pas arriver avant Noël et se réserve pour l’occasion une bouteille de bon vin qu’elle a précieusement gardé. Elle promet d’être là avant l’Epiphanie. Dans son Nord, à moins d’une centaine de milles, Olivier B. est en proie à des vents tourbillonnants qui ne lui laissent aucun répit sous peine de remonter au Nord. Malgré tout, il trouve le temps de s’informer de ce qui se passe autour de lui et se réjouit notamment qu’Antonio puisse éventuellement apporter une touche castillane à l’histoire de la course.

 

Sans perdre sa bonne humeur, Matthieu Martin n’est maintenant plus très loin à l’Est, traçant sa route tranquillement mais sûrement à travers ce dédale de courants tourmentés. Il compare la mer à une vieille dame espiègle qui jouerait avec le sort des rameurs. Restant philosophe comme à sa coutume, il reconnaît malgré tout qu’après 61 jours de solitude, la compagnie de ses proches et de ses amis commence sérieusement à lui manquer.


Mathieu Morverand

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jeu.

18

déc.

2014

Les filles sont en vol pour la Guyane...

Voilà... Un impression de déjà-vu...

Ce matin, Fred et moi-même avons déposé Anne & Delphine à l'aéroport de Lyon.

Une bise rapide et quasi clandestine sous une pluie toute métropolitaine et les deux femmes de marins se sont précipitées à l'abri du terminal 1. Elles sont à l'heure actuelle en vol pour la Guyane. Profiter du climat tropical, guetter l'horizon et nous envoyer des nouvelles du front : telles sont leurs missions !

Dans les valises, un peu plus qu'un bikini et une paire de tongs. Il faudra arroser le retour d'Olivier et Rémy à terre, les équiper contre le froid qui les attend au retour en métropole. Pour cela, il a fallu aller chercher au fond des placards les vêtements non portés depuis longtemps... car trop petits ! Sans la garantie qu'ils ne soient pas encore trop grands. Photos Bozo le Clown attendues.

Bon voyage, mesdames !

Anaïs

Anne et Delphine à l'aeroport de Lyon direction la Guyane
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mer.

17

déc.

2014

J+60 Deux mois de traversée pas si solitaire

Et voilà, nous y sommes ! 60 jours : deux mois que nos rameurs sont en mer et que la ligne d’arrivée sous les îles du Salut n’est toujours pas en vue. Si les bookmakers les plus pessimistes avaient fait des paris le jour de départ à Dakar, ils seraient riches aujourd’hui car personne n’auraient pu imaginer que l’édition 2014 de la traversée Rames Guyane battrait ainsi tous les records de durée. Mais cette interminable attente suscite peu à peu une curiosité et une admiration qui ne cessent de grandir au fil des jours bien au-delà du seul cercle des proches et des amis. Les messages de soutien et d’encouragement n’en finissent plus d’affluer, ce qui fait dire à Salomé, sensible à cette attention spontanée, que cette traversée n’est finalement pas si solitaire, c’est aussi celle de toute une communauté, famille, amis mais aussi simples observateurs. La question centrale qui taraude tous ces esprits viscéralement accrochés à l’aventure et au sort de ses acteurs est de savoir combien de temps il faudra encore aux rameurs avant qu’ils ne retrouvent la terre ferme et leur vie de terrien, désormais très loin dans leur sillage.

Rames Guyane J+60

Après tant d’obstacles surmontés, l’arrivée semble enfin se profiler, ce qui réjouit tant les rameurs que leurs proches. Qui de Olivier Ducap ou de Antonio de la Rosa va  couper la ligne en tête ? Même là, à quelques encablures de la Guyane, le pronostic demeure délicat. La crainte de nombreux analystes est que la veine du courant sud-équatorial, qui ne suit pas les côtes comme en 2012 mais remonte vers le Nord-Est, propulse les rameurs au Nord et les empêche ensuite de redescendre sur la ligne. Dans cette hypothèse, Antonio et les partisans de la route du Nord sont clairement plus exposés que leur collègue du Sud. Antonio est ce soir en passe de pénétrer dans le cœur de ce puissant flux. La carte des relevés des heures qui viennent nous révélera par la dérive du rameur madrilène la vraie nature de ce courant. Toutefois, là où il se trouve, la largeur de la veine est relativement étroite, moins d’un degré de longitude, ce qui devrait en limiter l’impact. La vraie incertitude concerne ce que les rameurs trouveront au-delà. Les cartes Mercator présentent un courant plus modéré qui reprendrait de la vigueur juste avant la ligne. Qu’en est-il exactement ? Quelles stratégies les rameurs doivent ils adopter ? Arriver par le Large avec le risque de ne pas pouvoir descendre vers le Sud ou longer la côte en croisant le Connétable puis l’Enfant Perdu ? Pour être certains d’apporter le meilleur conseil aux rameurs, il nous faudrait disposer de prévisions de vents et de courants fiables à 100 %. Mais en ces lieux si particuliers où le climat peut se jouer de toutes les prévisions, à la confluence des deux hémisphères, cette ambition reste utopique. Bien malin celui qui pourrait affirmer avec assurance le nom, la date et l’heure de l’arrivée du premier concurrent. Même le tableau de Pierre, avec toute la rigueur que son auteur lui consacre, ne nous donne que des tendances sur la base d’observations précises et d’éléments objectifs.

 

Dans ce contexte d’incertitudes, les skippers les plus proches espèrent malgré tout arriver avant Noël. Parmi ceux-là, Salomé et Laurent qui sont en passe à leur tour d’atteindre le courant sud-équatorial. Salomé remercie tous les gens qui ont répondu à son appel en soufflant sur sa zone d’évolution, ce qui lui a permis de traverser cette zone tourmentée. Quant à Laurent, il navigue aux côtés de ses compagnons d’infortune dans des conditions résolument peu conciliantes avec des vents capricieux et sous une couverture nuageuse qui lui laisse craindre une nouvelle remontée de la ZIC et des vents de Sud-Est.  Malgré tout, il dispose encore à bord d’assez de nourriture pour tenir jusqu’à l’arrivée qu’il espère maintenant très rapide. Il en est de même pour Jean-Pierre, à une quarantaine de milles de là. Comme Patrice M, la veille, il s’excuse de ses passages à vide, mais qu’il se rassure à son tour, ces moments de  déprime constituent une réaction tout à fait légitime dans ce type de situation. Ceux qui assistent à la traversée apprécient l’authenticité de ces témoignages sans lesquels la traduction de l’aventure serait trop angélique pour être réelle. Ces humeurs qui oscillent au fil des contrariétés font partie intégrante d’une aventure en solitaire, rien de plus normal. Témoigner de ses sentiments, même des plus obscures, c’est faire preuve de vérité et de générosité. Désormais fatigué, Jean-Pierre se dit maintenant un peu en retrait de la course et ressent une profonde envie de retrouver ses proches. Il se réjouit que son ami Harry puisse être très bientôt ravitaillé par le Beru, un voilier affrété par l'organisation parti aujourd'hui de Cayenne avec des vivres en quantité suffisante pour tous les skippers qui en feraient la demande.

 

La zone tourmentée qui vient d’être franchie par cette équipe est en passe d’être atteinte par Rémy, le premier des trois mousquetaires du Nord. Ce dernier tente de rester dans l’ouest mais déjà, l’influence du courant se fait sentir de plus en plus fort. La descente vers le Sud est imminente. Bientôt, ce sera le tour de Patrice C (alias Mac Coy) et d’Olivier M. (voir le reportage) qui le suivent de près. Ils implorent tous les trois des vents suffisamment généreux pour les aider à surmonter cet obstacle. Lui qui souhaitait fêter ses 40 printemps (le 20 décembre) sur la terre ferme, Olivier M. sait maintenant que cela risque d’être compromis. Tant pis, il fera la fête avec ses voisines les dorades et s’offrira un petit plat lyophilisé accompagné de fraises Tagada.

 

A la même hauteur, à moins de 1000 milles de l’objectif désormais, Gérard a fait un véritable bon en avant ces derniers jours. Sa persévérance et sa bonne humeur ne cessent de nous étonner. Dans la continuité de sa précédente vacation, il a remercié son supermarché local même si celui-ci lui a répondu qu’il se situait « un peu » en dehors de la zone de livraison à domicile. Qu’importe, il s’est lui-même livré en pêchant quelques délicieux poissons. A la demande de ses nombreux soutiens, il a dressé un inventaire de la faune qu’il a rencontré tout au long de son périple : des baleines en pleine nuit, des groupes de globicéphales, quelques dauphins, des bancs de sardines faisant bouillonner la surface de l’océan, des tortures en colère contre ses appendices et ces dorades qui ne l’ont jamais abandonné et qu’il finit par reconnaître individuellement grâce à leurs signes distinctifs. Il évoque ces moments précieux lorsqu’il s’est retrouvé sous la coque pour nettoyer son bateau entouré par une foule de regards étonnés par ce curieux animal sans écaille. Sans oublier ces poissons volants qui n’en finissent plus de l’étonner par leurs surprenants vols planés. Il s’en régale parfois au dîner avec un peu de jus de citron quand ces derniers le lui atterrissent pas en plein visage. Les oiseaux quant à eux lui semblent venir de nulle part comme si une île mystérieuse et inconnue leur servait d’habitat non loin de là. Bref, un vrai bestiaire que seul son statut de voyageur égaré à bord d’une si frêle embarcation, lente et silencieuse, lui a permis de côtoyer de si près.

 

Enfin, au sud, dans le sillage d’Olivier D.  Philippe Malapert navigue aux côtés d’Olivier B. au Nord et de Catherine au Sud. Il rame de plus en plus assidument dans l’espoir de raccourcir le délai qui le sépare de l’arrivée. Il se souvient de ses calculs les plus pessimistes qui l’amenaient à 60 jours… Une marge de 10 jours lui semble maintenant nécessaire mais il s’y résout, ce sont selon lui les aléas de la navigation à la rame. Du côté de ses fonds de cale, aucune inquiétude, il dispose d’assez de nourriture pour tenir encore un mois et s’est même permis d’offrir aux poissons ce qui n’était pas à son goût. La course en tant que compétition ne l’importe pas, son seul objectif est de terminer la traversée sans assistance. Le moral et la santé le lui permettent mais la récente visite d’un requin peu aimable à pointes blanches sans doute attiré par l’odeur du sang d’un thon qu’il venait de pêcher lui ont rappelé l’obligation de prudence qui s’impose à lui comme à tous les autres.


Mathieu Morverand


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mer.

17

déc.

2014

Préparation de festin à bord

C'était au tour d'Olivier de causer de sa vie à bord avec l'organisation de Rames Guyane, aujourd'hui. Il se prépare un petit festin digne des grands jours de fête à bord de Grain de Poivre ce samedi...

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mer.

17

déc.

2014

Prochain PC course à St Georges


Cher internaute. Oui, toi le Drômois, l'Ardéchois qui suit la course et qui ne compte pas commencer la trêve des confiseurs sans avoir entendu la douce voix d'Olivier par le téléphone satellite...

  • Quoi : PC Course
  • Où : chez Delphine & Olivier
  • Quand: ce vendredi 19 à 19h (j'aime les chiffres bien rangés comme cela)
  • Le bonus chonchon de fin d'année : le feu de cheminée


Ah oui, je vais tenter l'exploit du siècle, attention, roulement de tambour.... ALLUMER UN FEU DE CHEMINEEEE ! Pendant que certains traversent l'Atlantique à la rame, moi, je manie le petit bois et le papier journal. Chacun ses défis, dans la vie.


Bref, on sera peut-être un peu nombreux, alors par avance, excusez la pagaille . Plus on est de fous, plus on rit, il parait. Et plus on a chaud et moins on a besoin d'allumer un feu, j'ai plutôt envie de dire.


Ensuite, à partir de mardi 23, ce sera PC Course un peu tout le temps chez moi, jusqu'à l'arrivée. Vous pouvez passer quand vous le souhaitez pour des nouvelles fraiches, entre le foie gras et la buche.


Pour vendredi, dites-moi si vous venez, qu'on s'organise un peu à l'avance !

Anaïs

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mar.

16

déc.

2014

J+59 Des moments de solitude éprouvants

On l’espérait tellement qu’on avait fini par douter qu’il existe vraiment. Et pourtant, le compteur s’est affolé ce matin pour Olivier D. avec des pointes à plus de 4 nœuds, preuve qu’il a accroché le fameux courant sud-équatorial tant convoité. Dans cette veine, les choses vont beaucoup plus vite et le décompte du temps qui reste jusqu’à la ligne se déclenche enfin de manière concrète et mesurable. L’estimation d’une date prend un sens objectif et ne risque plus de conduire à une nouvelle désillusion. Et comme un bonheur arrive souvent accompagné, voilà qu’en fouillant au fond de ses cales, Olivier a remis la main sur son matériel de pêche avec lequel, deux heures plus tard, il attrapait une belle bonite, l’équivalent de deux repas, une aubaine pour lui qui se rationne depuis bientôt une semaine. Conscient que cette veine de courant n’est pas orientée au mieux, il reste vigilent, mais se prépare malgré tout à une arrivée imminente et une éventuelle victoire qu’il pourrait disputer à l’espagnol Antonio, adepte de l’option Nord, très proche lui aussi de ce fameux courant après trois jours d’immobilisme. Le mauvais esprit qui malmène nos rameurs depuis si longtemps se serait-il finalement lassé de jouer avec leurs sorts ?

Rames Guyane J+59

Arrivant également par le nord, sur les traces de Laurent, Richard à bord de sa « petite caravane rose » navigue désormais sous le soleil avec un moral rechargé à bloc à l’image de ses batteries et de ses instruments qui fonctionnent à nouveau à merveille après les passages obscures de la ZIC. Son stock de nourriture lui semble suffisant mais il ne rechigne pas malgré tout à améliorer son ordinaire en protéines en dégustant en sushis les poissons volants qui viennent terminer leur vol plané dans son cockpit.


La traversée de cette zone tourmentée leur aura pris pas moins de  4 jours pleins, largement de quoi alimenter des idées noires. Même si la configuration a quelque peu évolué depuis, les rameurs qui s’en approchent à présent, à l’image de Patrice C. (alias Mac Coy), se préparent à ce passage délicat. Pour l’heure, le marin breton s’est intercalé entre Rémy et Olivier M. avec lesquels il entretient des écarts stables et réguliers, marchant à plus de deux nœuds de moyenne depuis 3 jours. Porté par de bonnes conditions, il rame peu et en profite pour reprendre des forces et s’occuper de l’entretien du bateau. Il espère atteindre le 47ème méridien avant la fin de semaine pour entamer sa descente vers le sud dans le courant traversier et prendre ensuite le chemin de la Guyane. Il rêve déjà d’un plat de frites qu’il échangerait volontiers contre son Gwenn ha Du encore vaillant malgré les affres des embruns du Large.

 

Plus à l’arrière, Patrice M. a enfin trouvé la sortie de cet infernal maelström qui l’avait repoussé très loin dans le nord. Il ne sait plus très bien depuis combien de jours il est à bord et n’aurait jamais pensé que ce voyage puisse être aussi long. Il vit des moments de solitude éprouvants qui lui pèsent sur le moral. La fatigue, les douleurs articulaires et le temps qui s’écoule éternellement le font passer par de profonds moments de doutes qu’il se reproche à lui-même. Certes, cela n’est pas facile, mais c’est humain. Sans doute lui faut-il relativiser ces passages à vide, en se référant pourquoi pas à la clairvoyance de Jean Giono : « Il y a un compagnon avec lequel on est tout le temps, c’est soi-même et il faut s’arranger pour que ce soit un compagnon aimable ». L’accoutumance à ses propres humeurs, à ce vague à l’âme permanent, reste presque la chose la plus délicate à supporter lors de ce type d’expérience solitaire confronté à son être le plus sincère et le plus authentique. Comme tous, il cultive à présent une furieuse et légitime envie de rentrer à la maison et salue son ami Harry dont il admire la sagesse et le courage


Mathieu Morverand

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mar.

16

déc.

2014

Allez ! Tous en cœur !

Brève Anaïs Rames Guyane

Une petite dédicace à mon ami Olivier qui a des goûts musicaux... comment dire... si particuliers. Comme il l'a avoué récemment, je le fais donc sans complexe. Cette traversée aura au moins servi à cela et croyez-moi ou pas, ça va peut-être changer la vie de Delphine !

 

Ouverture de parenthèse -- lors du PC Course du 21 novembre, il a avoué s'être rendu compte qu'il avait emmené une playlist de m**** quand ça lui a fait du bien d'entendre Cho Ka Ka O d'Annie Cordy -- Fermeture de parenthèse

 

Illustration donc de la route d'Olivier en musique. C'est ça qu'il fait, Olivier, la route du Nord. Je vous invite à écouter un peu les paroles, ça parle de mer et de ciel. Bon, la partie sur le charbon, vous oubliez, bien entendu, mais vous remplacez "mineurs de fond" par "rameurs de fond" et roule ma houle !

Olivier, je vais m'entrainer sur ABBA et te foutre la pâtée à Sing Star à ton retour. Je sais que tu as quelques longueurs d'avance sur le sujet. Mais j'ai un peu l'esprit de compet'. Beware.

Anaïs

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lun.

15

déc.

2014

J+58 Des sentiments exacerbés

En Afrique, les skippers nourrissaient l’espoir de surfer dans le sillage de leurs prédécesseurs de l’édition 2012. Pourquoi ne pas y croire en effet ? Les vents au large s’annonçaient des plus propices et la zone tourmentée qui sévissait déjà devant le delta de l’Amazone avait largement le temps de s’évanouir et de laisser place à un franc et puissant courant sud-équatorial favorable. Alimentées par l’optimisme de circonstance avant un tel départ, ces paroles réconfortaient tant les rameurs que leurs proches venus à Dakar les encourager. Dans cette ambiance, nul besoin de surcharger le bateau, autant le rendre léger en optimisant les masses embarquées et notamment la nourriture.


Au-delà même de cette question de la période, dont seuls les « experts » prétendent qu’elle n’était pas idéale – un peu comme la saison des pluies de l’an passé au cours de laquelle il n’est finalement tombé aucune goutte force nous est de reconnaître que l’océan ne cessera jamais de nous surprendre en modifiant sensiblement nos projets en son sein et en défiant toutes nos prévisions même les plus analytiques. Et à ceux qui pensent que cette situation n’altère que des bateaux du type de ceux de nos rameurs, rappelez-vous de la Route du Rhum 2002 qui fut marquée par l'abandon de 15 multicoques de 60 pieds à quelques encablures du départ en raison d’un fort coup de vent sur l’Iroise ou encore de l’édition 1998 de la Sydney-Hobart qui fut endeuillée par la disparition de six marins avec seulement 44 des 115 concurrents qui réussirent à regagner la Tasmanie. L’histoire maritime et plus spécifiquement celle des courses au Large quelle que soit l’embarcation choisie ne comptent plus les récits qui démontrent combien la mer demeure par nature imprévisible. Ce sont finalement les plus novices de la flottille qui, par méfiance à l’égard d’un élément qu’ils ne connaissaient pas bien, ont embarqué suffisamment de vivres pour parer à toute éventualité. Bien leur en a pris.

Rames Guyane J+58

Cette échéance que la plupart ne pensaient jamais atteindre, celle de la rupture de vivres et de la pénurie à bord a fini par arriver, à un peu plus de 300 milles de la ligne d’arrivée. Ils espéraient boucler l’aventure en 40 jours, avaient embarqué 60 jours d’autonomie mais voilà qu’il ont atteint cette limite au-delà de laquelle l’aventure bascule vite dans la survie. C’est le cas de Harry qui, affaibli par plusieurs jours de rationnement, a fini bien malgré lui à prendre la décision difficile de déclencher son cerf-volant pour s’extraire de l’emprise d’un courant défavorable. Comble de malchance, le cerf-volant lui échappait peu de temps après. Il a alors sollicité une assistance pour un ravitaillement afin de pouvoir terminer malgré tout sa traversée à la rame, une nouvelle preuve de courage et de volonté. Les vents d’Est et de Nord Est semblent enfin revenus sur zone, ce qui l’autorise pour l’instant lui et ses compagnons d’infortune à reprendre la route de la Guyane. Espérons que ce souffle nouveau soit enfin celui des îles du Salut et de la terre retrouvée.

 

Dans la veine de l’option Sud, Olivier B et Catherine profitent eux aussi de l’arrivée de ces bonnes conditions pour progresser vers le courant sud-équatorial aux côtés de Philippe. Visité hier par un grand marlin de plus de 3 mètres sous son bateau, Olivier B. continue de vivre à fond l’expérience du Large. Il sait que cette traversée peut être difficile sur le plan moral et que cette solitude cumulée à un environnement hostile piègent les skippers dans des sentiments exacerbés et de violents coups de cafard. Catherine parvient elle à trouver la force de relativiser et de se relâcher un peu pour se rapprocher des côtes qu’il lui tarde maintenant d’atteindre au plus vite.

 

Derrière, pas très loin, Matthieu connaît à présent la route par cœur à travers la pétole et les grains : « un rond-point, un tapis roulant et bientôt du Rhum », voilà son programme, court mais finalement assez clair. Son optimisme et sa bonne humeur en toutes circonstances font de ses vacations de purs moments de bonheur.

 

Au-delà du 7ème parallèle, les trois mousquetaires du Nord, Rémy, Patrice (Mac Coy) et Olivier M. continuent leur progression vers le maelström souvent à plus de 3 nœuds sur une mer agitée. Rémy nous parle d’un véritable « shaker » qui le secoue dans tous les sens.  A l’image de la ZIC, son moral connaît des creux et des bosses mais il tient le coup et a fini par se faire à son bateau et à cet univers immensément humide. Il espère l’arrivée proche même si il redoute le contact avec ce courant traversier qui a causé tant de difficultés aux rameurs qui l’y ont précédé.


Mathieu Morverand

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dim.

14

déc.

2014

J+57 Temps contre nourriture, l'équation des rameurs

A quelques encablures des côtes guyanaises, c’est maintenant le temps – celui qui passe et qui entame chaque jour le stock de vivres – qui fait le plus défaut aux rameurs. Temps contre nourriture, voilà précisément l’équation brute à laquelle plusieurs skippers sont cruellement confrontés. Le passage de la ligne nécessite même pour les plus proches au minimum une semaine de navigation et encore beaucoup d’énergie à dépenser. Sans un apport conséquent de calories, difficile d’imaginer des journées entières aux avirons d’autant plus si des courants contraires continuent de jouer ainsi avec le sort de nos marins. Autrement dit, pour terminer leur traversée, les skippers ont besoin de temps et par conséquent de nourriture en quantité suffisante pour le nombre de jours qu’il leur reste à naviguer. La pêche ne constituant pas une solution viable, tout au plus un complément, cette situation suppose nécessairement un ravitaillement en mer, et donc une assistance. Tous, à commencer par les rameurs, savent très bien qu’une telle assistance n’est pas conforme au règlement de l’épreuve. Pour autant, il n’est pas concevable de laisser en mer des marins sans nourriture. Que faire alors ? Difficile de répondre d’autant plus qu’un tel scénario ne s’est jamais produit au cours des précédentes éditions. L’envoi sur zone d’un navire ravitailleur pour ceux qui en auraient besoin ne constituerait-il pas une première piste de solution ? Ceci n’est que la proposition d’un observateur attentif mais à défaut de disposer d’autres hypothèses concevables sur un plan matériel, il est difficile pour l’heure de suggérer une autre solution qui convienne aux rameurs désormais confrontés à la dictature du temps.

Rames Guyane J+57

Cette situation de pénurie affecte autant les partisans de la route du Nord que ceux de la route du Sud. Toutefois, la combinaison des remontées de la ZIC et de ses vents de Sud-Est avec ce fort courant traversier a considérablement complexifié la tâche des nordistes. Dans ce contexte d’immobilisme qui s’éternise, le moral est légitimement affecté au point d’en perdre le sens de la course. Si Salomé implore les éléments, et notamment la ZIC, de les laisser passer, eux qui ont donné tant d’efforts pour en arriver là, Jean-Pierre et Laurent traversent une passe plus difficile et préféreraient que la traversée se termine maintenant sans classement avec une assistance généralisée pour tous les skippers. Certes, ils savent que les conditions peuvent s’améliorer mais à force d’attendre, ils ressentent un profond ras le bol qui altère sensiblement leur motivation. L’aventure qu’ils étaient venus chercher ne devait jamais durer aussi longtemps.


Mais cette aventure s’illustre de ses paradoxes car à l’arrière, au plus loin de la Guyane, Gérard sur son bateau jaune continue d’afficher une étonnante bonne humeur avec la philosophie du marin qui a désormais accepté son sort de marin au très long cours. Il y a longtemps qu’il n’a plus aucune velléité de classement, seule la réussite de sa traversée lui importe, quel que soit le temps qu’il lui faudra. Il rationne sa nourriture et s’offre quelques compléments grâce à la pêche à laquelle il s’adonne de plus en plus. Avec humour, il en appelle au supermarché de son village pour une livraison à « domicile », au milieu de l’océan et nous relate son étonnante expérience d’un feu de Saint-Elme sur ses antennes lors du passage d’un orage. Il vit son aventure au gré de ses surprises et paraît désormais faire corps avec les éléments.


Devant lui, Olivier M. trouve lui-aussi le temps long et aimerait arriver au plus vite pour retrouver ses proches mais il parvient malgré tout à mesurer les paramètres qui caractérisent sa situation : Son bateau, le plus récent de la flottille, se comporte bien, ses équipements fonctionnent parfaitement et son stock de nourriture reste suffisant pour tenir quelques semaines. Il pense en conséquence pouvoir rester encore un peu en mer. Lui aussi n’a aucune ambition de conquérir une place au classement, il aimerait simplement pouvoir achever sa traversée même au risque de ne pas couper exactement la ligne d’arrivée officielle. Dans cet esprit, il s’interroge et nous sollicite sur l’opportunité d’un contournement par le nord de la zone tourmentée. Les cartes Mercator qu’il reçoit à bord lui ont suggéré cette idée. Il sait que cela comporte des risques de dépasser la longitude des îles du Salut mais il l’accepte et rappelle que son objectif principal reste de rallier l’Afrique aux Amériques, quel que soit son point de contact à la côte. Les jours à venir seront déterminants pour affiner ses choix et choisir la stratégie qui lui apparaîtra la plus crédible. Rémy et Patrice (Mac Coy), ses deux compagnons de route, naviguent pour l’instant dans le même cap, droit vers cet inéluctable point de contact avec le maelström.


Décidément, cette aventure aura été riche en rebondissements tout au long de son déroulement et c’est au plus près des côtes guyanaises que cela atteint son paroxysme avec une configuration d’une rare complexité qui place les rameurs dans des situations très particulières difficiles à gérer sur le plan moral. Quelle que soient les décisions qui seront prises par les uns et les autres, l’exploit que ces femmes et ces hommes ont d’ores et déjà accompli est immense et suscite l’admiration auprès du plus grand nombre.


Mathieu Morverand

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dim.

14

déc.

2014

Stratégie "Fête Foraine"

Eh eh eh... L'Olivier a tranché sur sa stratégie d'approche de Kourou. Tout droit, frein à main, coup de volant. Comme dans les auto-tamponneuses, quoi. Qu'est-ce qu'il ne ferrait pas pour rapporter la peluche géante à Delphine... C'est ce qu'il expliquait lors de sa vacation d'aujourd'hui. Enfin presque.

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sam.

13

déc.

2014

J+56 Une situation délicate

Au moment du départ à Dakar, les rameurs n’imaginaient certainement pas se retrouver 56 jours plus tard encore en mer dans une situation aussi délicate qui ne leur laisse aucune perspective claire quant à leur date d’arrivée. Malgré une détermination hors du commun que l’ensemble des observateurs salue unanimement, les jours se sont inéluctablement enchaînés les uns aux autres et les skippers doivent maintenant faire face à une sérieuse pénurie de vivre. Après un inventaire méticuleux des fonds de cale, plusieurs d’entre eux ont fait le constat cruel d’un stock de nourriture manifestement insuffisant pour terminer la traversée  Personne ne pensait que l’aventure durerait aussi longtemps. Même avec une réserve plus ou moins conséquente, aucun chargement de vivres parmi la flottille n’a été dimensionné pour une si longue période. La pêche peut certes apporter quelques compléments nutritionnels mais cela ne peut en aucun cas satisfaire les besoins quotidiens de calories. Par ailleurs, si la configuration des éléments était conforme à celle des précédentes éditions avec un courant favorable sur leurs positions, on pourrait estimer une date d’arrivée avec une forte probabilité. Mais au lieu de cela, outre des courants contraires, des vents de Sud-Est liés à des ondulations de la ZIC viennent rajouter un degré de complexité en immobilisant une bonne partie de la flottille.

flotille J+56

Dans ce contexte, seul Olivier D., précurseur de l’option Sud, semble tirer son épingle du jeu en s’approchant de plus en plus du courant sud-équatorial qui pourrait le conduire vers l’arrivée dans une semaine environ. Le temps lui est compté car il ne lui reste à bord que huit repas et quelques pâtes, ce qui l’oblige à se rationner et à modérer son énergie aux avirons.  A 200 milles au Nord-Ouest de sa position, les six rameurs qui menaient la course à allure régulière depuis plusieurs semaines sont maintenant confrontés à l’influence cumulée de vents et de courants défavorables qui les font reculer à l’opposé de leur objectif. Ils dérivent à présent vers l’Est en direction de l’Afrique, une situation particulièrement dure à vivre sur le plan moral, surtout après tant de jours passés en mer. Pour eux aussi, la question de l’autonomie se pose de plus en plus crûment.  Laurent évoque la possibilité d’un recours au cerf-volant si la situation venait à perdurer. Richard quant à lui se démène avec des problèmes de batteries qui ne chargent plus en raison du ciel couvert et avec son safran qu’il a dû réparer au prix d’acrobaties dans la houle. Le matériel aussi commence à ressentir le poids du temps qui passe.

 

Patrice M., emporté par un tourbillon puissant qui le propulse vers le Nord-Est, fait le même constat. L’équation entre le temps nécessaire pour boucler la traversée et ce qu’il lui reste de nourriture – tout au plus pour deux semaines penche en faveur d’une pénurie avant de franchir la ligne. Pour l’heure, il se dirige vers la position de Gérard et sait qu’il doit au moins atteindre le 8ème parallèle avant de pouvoir reprendre une route vers l’Ouest. Le tableau de Pierre Verdu nous permet de relever que Patrice a parcouru une distance supérieure d’un tiers à celle de l’orthodromie au même méridien, ce qui est considérable. Autrement dit, il aura bientôt accumulé autant de milles qu’il lui en aurait fallu pour rejoindre la Guyane. Après un long périple dans le Sud, il espère maintenant reprendre une route plus sereine aux côtés de Gérard par le Nord. Didier, son compagnon d’infortune, avait jusqu’alors réussi à échapper à ce puissant flux et à se rapprocher du courant sud-équatorial, mais depuis 24h, les vents de Sud-Est mettent tous ses espoirs à néant. Il implore des conditions plus clémentes. A défaut, il n’exclue pas lui non plus le recours au cerf-volant. Pour autant, cette hypothèse ultime que plusieurs envisagent comme la solution permettant d’en terminer au plus vite n’offre pas forcément une garantie de toucher terre à brève échéance. Un cerf-volant employé sur ce type d’embarcation ne permet pas d’en améliorer le cap. Si les vents ne sont pas favorables pour une navigation à la rame, ces derniers ne le sont pas davantage pour une navigation sous cerf-volant.

 

Tout au nord, Rémy, Patrice C (alias Mc Coy) et Olivier M continuent eux de progresser vers l’ouest tout en mesurant parfaitement ce qui les attend à court ou moyen terme. Le chemin de la Guyane paraît bien encombré et ils hésitent actuellement entre une route à l’Ouest pour repousser cette échéance de contact ou une route au Sud-Est pour plonger frontalement à travers ce courant traversier.

 

Dans une situation aussi délicate et complexe, tous attendent avec impatience ces vents de secteur Nord-Est annoncés dès lundi. Mais là aussi, l’espoir des uns se confronte aux craintes des autres car un fort vent de Nord-Est pourrait pousser à la côte les partisans de la route Sud comme ce fût le cas lors des éditions 2006 et 2009 au large du Cap Orange. Cette traversée relève dès à présent d’un véritable exploit pour toutes celles et ceux qui la vivent. Tous, rameurs, routeurs, proches et observateurs attentifs, aspirent désormais à une parfaite harmonie des éléments favorable à toutes les options – vents et courants d’Est – pour que cette exceptionnelle aventure parvienne enfin à son terme et nous libère de cette attente interminable.

 

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sam.

13

déc.

2014

Avis aux Instances Hautement Supérieures (le retour)

Ceci est un message à l'attention des instances hautement supérieures. Oui, Poséidon, Eole et vos copains là, c'est encore moi.


Voilà. Bon. Nous avons eu une petite conversation il y a quelques temps, vous vous en souvenez probablement. Nous avions même réussi à trouver un terrain d'entente convenable. Bon, pas la Rolls de la situation mais on a pris quand même.


Bon alors depuis, l'eau a coulé sous les ponts, si je puis m'exprimer ainsi. Vous avez probablement suivi la situation tout comme nous et à ce stade de la course, je ne vous cache pas qu'un petit coup de pouce serait le bienvenu. Vous voyez, il y a tout de même 15 bonhommes et 2 bonnes femmes qui se sont un peu arrachés à la tâche, de manière brillante, ils continuent à "rire" alors que la plaisanterie dure tout de même depuis 56 jours (paie ta plaisanterie, d'ailleurs) et que maintenant, ils aimeraient pouvoir passer la ligne d'arrivée, les mains caleuses mais la tête haute.


Puis-je alors me permettre de suggérer une petite réunion de coordination entre vous, un point bilan, un retroplanning assorti d'un PDCA, mise en place des actions avec un monitoring précis et mis à jour quotidien des dashboards afin de permettre à de valeureux skippers de serrer leurs proches dans leurs bras dans les meilleurs délais ?


Ca serait mega coolie, comme dirait mon pote qui fait partie du groupe sus-mentionné.

Merci les gars. On compte sur vous. Bisous.

Anaïs

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sam.

13

déc.

2014

Dernier PC course au YMCR

Et voilà, le dernier PC course au YMCR a eu lieu aujourd'hui, samedi 13 décembre.


On est comme à la maison là-bas, un café nous attend le temps que Philippe branche l'ordinateur, le vidéoprojecteur, le réseau, qu'il se mette d'accord avec radio BLV pour savoir sur quel adresse IP il va diffuser son flux audio pour que tous les auditeurs puissent nous écouter en direct. Pendant ce temps, sur la carte, on note la position de Olivier, et on calcule sa vitesse moyenne, son avancée, sa distance par rapport au premier. Voilà, on est prêt !


On commence par un point météo, on parle des courants qui nous enquiquine un peu, beaucoup en ce moment. On plaint ceux qui sont en galère au sud, et à l'avant aussi. On se demande quand est ce qu'ils vont arriver et s'ils auront assez de nourriture...

Et puis on appelle Olivier une première fois, pas de réponse. On essaie de nouveau et cette fois c'est bon ! Olivier est là au bout du fil.


Olivier nous raconte la nuit qu'il vient de passer : à 2h du matin alors qu'il filait tranquillement à 260, un fort courant venant du sud est venu perturber sa nuit et le secouer violemment dans son bateau, l'arrachant de sa couchette. Dehors, c'était le nord total, la couverture nuageuse épaisse couvrait la lumière de lune, et c'est seulement avec le halo de sa frontale qu'il a pu se rendre compte de ce qui se passait. Le bateau sautait sur l'eau tellement les embardées étaient puissantes. Ca a duré 30 min, et puis le calme est revenu et il a pu reprendre sa dérive à 260.

Le reste de la nuit n'a pas été calme pour autant, car à 3h30 du matin, c'est le vent du sud qui s'est levé. Le ciel s'est dégagé, mais ça n'a pas arrangé les affaires de notre skipper qui ne veut PAS allez au nord !

La ZIC qui embête nos amis Didier Torre et Patrice Maciel est venue chatouiller les avirons de Grain de Poivre. Elle est ensuite repartie et a refait son apparition alors que nous avions toujours Olivier en ligne. Décidément, elle ne sait pas trop ce qu'elle doit faire cette dame !


Olivier nous a rassuré sur ses bobos aux fesses qui ont totalement disparus. Donc plus d'irritations, mis à par les coups et coupures dus aux avirons qui viennent cogner les tibias... Pas d'ampoules aux mains, non plus, ses gants sont efficaces. Quand je lui demande à combien de paires de gants il en est, il me répond toujours à la première paire. Il se dit tous les jours qu'il va bientôt arriver et que les gants tiendront jusqu'au bout. Mais chaque jour, il voit son arrivée repoussée, alors aujourd'hui c'est décidé, il va changer de paires de gants ! Il a le choix entre les 5 paires qu'il avait prévu !


Coté nourriture, il a fait l'inventaire de son stock, enfin, c'était plus pour rassurer sa femme dans l'histoire ! Et ben il a assez de nourriture pour 25 jours environ. Il n'aura surement pas assez de desserts, mais bon il lui reste des céréales qui feront l'affaire, et au pire des fruits secs, qu'il a du mal à manger, tant le sucré le repousse.


Il est temps qu'il se remette aux rames avant que la ZIC ne vienne modifier sa trajectoire. Et pour nous, c'est l'heure de l'apéro ! Quand je vous dit qu'on est comme à la maison !

Et c'est le moment pour les membres du YMCR de nous confirmer leur soutien en nous offrant à Olivier et moi notre carte de membre VIP du YMCR ! Trop fière !! Et c'est pas fini, puisqu'ils nous sponsorisent encore avec 300 euros. Cet argent ira rejoindre la cagnotte "retour du skipper de Guyane" !

Un grand, grand merci au YMCR pour son soutien de semaine en semaine, et sa participation financière.


Delphine

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sam.

13

déc.

2014

La langue au chat


Le Gros Chat Noir est super concentré sur la situation. Et comme il n'est pas très malin, c'est pas facile pour lui.


Focus.

Chat Noir Carte des Vents
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ven.

12

déc.

2014

J+55 La nature reste la plus forte

Les positions étonnantes des rameurs sur la carte ces derniers jours inquiètent nombre d’observateurs. Les étraves pointent dans tous les sens et trahissent la présence de forces qui obligent les skippers à se dévier de leur cap. En reprenant les cartes Mercator de la fin du mois d’octobre sur la même zone, on constate que le phénomène était déjà présent au moment du départ. Depuis, les courants ont évolué mais l’ensemble du système conserve globalement le même fonctionnement avec toutefois un net renforcement depuis début décembre. Jusqu’alors, la boucle laissait ouverts quelques passages avec des courants moins forts, mais au fil des jours, le mouvement circulaire s’est refermé précisément au moment où nos marins pointaient leur étrave. Les éléments se seraient-ils ligués cette année contre les rameurs de Rames Guyane ? Pierre Verdu partage le stress qui règne parmi les routeurs et n’en finit plus de refaire ses calculs et ses prévisions au prix d’interminables nuits blanches. A quelques 300 milles de l’arrivée, il est encore très difficile de prévoir une date d’arrivée précise.  Et pourtant, nous n’avons jamais autant disposé d’outils fiables et performants, ni même d’un tableau aussi bien renseigné. Même si nous avons encore un peu de mal à nous y résoudre, il nous faut bien admettre cette année que la Nature reste plus forte. Nous n’avons pas d’autres choix que de composer avec ses humeurs souvent heureuses, quelques fois contraignantes.

 

Rémy qui passe de waypoint en waypoint avec la précision d’un métronome le sait bien, lui le montagnard qui fut à de maintes reprises confronté sur les cimes à des conditions difficiles voire périlleuses. Son moral oscille comme la houle par mer forte avec des creux et des bosses parfois prononcées. Lorsque son bateau glisse, il exulte mais lorsque des vagues croisées se mettent à nouveau à le chahuter, il rage de ne plus pouvoir ramer et de se voir immobilisé. Dans son sillage, Patrice (Mac Coy) et Olivier M. suivent le même cap en conservant des écarts réguliers, espérant atteindre à leur tour le courant traversier en milieu de semaine prochaine. Ils nourrissent secrètement l’espoir d’un affaiblissement de celui-ci avant leur arrivée.

 

Plus au Sud, Olivier B. conserve un moral à toutes épreuves. Grâce à un ingénieux système de récupération d’eau de pluie à l’aide de son ancre flottante, il a soutiré aux pluies généreuses de la ZIC plusieurs litres d’eau douce en s’épargnant ainsi de fastidieuses heures à manipuler manuellement son dessalinisateur. Il propose même à Olivier D. un peu de nourriture si celui-ci venait à en manquer. Pas sûr toutefois que l’intéressé soit disposé à attendre son ami alors qu’il n’a jamais été si près de toucher enfin le courant sud-équatorial. Non loin de là, Catherine qui navigue presque à vue de Philippe Malapert, aspire elle aussi à reprendre au plus vite le chemin de la Guyane. Pour l’heure, elle soigne ses mains en vue de la dernière ligne droite vers la ligne d’arrivée qu’elle espère franchir d’ici une dizaine de jours.

 

Mathieu Morverand

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ven.

12

déc.

2014

Christian et Olivier sont dans un bateau...

... Delphine tombe à l'eau.

 

HEIN ?!? Ah mais si vous n'étiez pas à l'écoute de France Bleu Drôme Ardèche lundi dernier vers 18h45, vous avez raté la surprise que  Delphine a faite à son rameur de mari, avec la complicité de Christian Opéron. C'était tout choux !

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ven.

12

déc.

2014

J+54 Cœur et Courage

C’est désormais ancré dans tous les esprits, les premiers rameurs n’arriveront pas avant le 15 décembre comme nous l’espérions tous il y a encore quelques jours. Les prévisions les plus optimistes laissent désormais entrevoir un créneau entre le 20 et le 22 décembre et un étalement des arrivées jusqu’au 10 janvier environ. Repoussés au départ, ballotés au milieu de l’océan et maintenant malmenés si près de l’arrivée, cette traversée n’aura décidément rien épargné aux rameurs. Certes, l’aventure n’en est que plus belle, mais on se demande malgré tout où ces femmes et ces hommes parviennent à puiser la volonté et la force morale pour tenir coûte que coûte face à cette adversité permanente. Salomé nous parle alors de « cœur et de courage », le cœur et l’affection de tous qui la soutiennent et dont les encouragements l’aident à trouver l’énergie et le courage de continuer. Ces dernières 48 heures auront été pour elle et ses deux complices Jean-Pierre et Harry, particulièrement éprouvantes. Voir son bateau emporté contre son gré vers le Brésil sans ne rien pouvoir y opposer provoque un profond sentiment de frustration et une rage incommensurable. Mais ces trois-là savent heureusement très bien ce qui se passe. Avec leur sensibilité à fleur de peau, ils décryptent mieux que quiconque la situation qu’ils subissent actuellement et espèrent sortir très bientôt des griffes de ce courant traversier pour enfin attraper le courant Sud-équatorial qui lui succède au Sud.

 

J+54

Laurent dispose lui-aussi de la même lecture objective et rationnelle. Il relativise sa première place au classement du jour et reste conscient que le franchissement de ce courant constitue un passage obligé. L’obstacle barre toute la route et il n’y pas d’autre chemin pour rejoindre la Guyane . Ramant sans relâche des heures durant, il a conservé son cap à l’Ouest le plus longtemps possible afin de repousser l’échéance et de trouver le meilleur passage. Mais il semble ce soir que son étrave ait mordu ce courant et qu’il ait amorcé à son tour la descente vers le sud, dans le sillage du trio de tête qui l’y a précédé.  Antonio et Richard le suivront très probablement dans cette singularité, tout comme Rémy, Patrice (Mac Coy) et Olivier M. dans quelques jours sous réserve que de nouvelles surprises ne viennent pas élever d’un nouveau niveau le degré de complexité de ce passage.

 

Partisan de la route du Sud, Philippe peine à trouver les meilleurs réglages de son bateau au milieu de cette zone brassée par un capharnaüm de courants antagonistes. Lui qui parvenait jusqu’alors à optimiser sa navigation pour économiser son temps passé aux avirons se voit maintenant contraint de se mettre à ramer de manière plus assidue afin de garder son cap vers l’ouest et espérer toucher les courants favorables. Depuis trois jours, Gérard est lui aux prises avec des courants peu enclins à le laisser filer vers la Guyane. Après avoir opté dans un premier temps pour l’option Sud, on lui conseille à présent de reprendre la route du Nord. Avec philosophie, il plaint le calvaire des routeurs confrontés à des décisions difficiles à prendre dans cette configuration. Il ne croit pas si bien dire. Encourager un rameur à choisir une stratégie plutôt qu’une autre n’est pas sans conséquence, surtout lorsque celle-ci s’avère infructueuse. Pas un routeur ne peut s’enorgueillir de n’avoir pas vécu cette crainte au point d’en avoir le sommeil difficile et de redouter la découverte de la carte des positions chaque matin. Dans une situation qui affecterait sensiblement le moral du plus grand nombre, Gérard parvient lui à ironiser en espérant arriver avant le Carnaval de Guyane qui débute le 10 janvier prochain. Il a d’ores et déjà procédé au rationnement de ses stocks de vivres dans la perspective d’une arrivée aux alentours du 12 janvier. Sa force morale et sa ténacité forcent et respect et mériteraient vraiment que les éléments se mettent enfin à le porter de manière franche et généreuse vers la Guyane.

 

Mathieu Morverand

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mer.

10

déc.

2014

J+53 Le doute n'est plus permis

A force de scruter les cartes de courants et leurs effets sur la route des rameurs, certains observateurs commençaient à douter de cette influence des courants en pensant que celle-ci restait modérée et que les vents pouvaient en toutes circonstances les compenser. Mais les rameurs n’ont en fait été observés jusqu’alors qu’au travers de courants faibles ou moyens (blancs et bleus sur l’échelle d’intensité Mercator). Ce qui vient de se passer à l’avant de la flottille nous a rappelé en un instant le souvenir des précédentes éditions lorsque que les rameurs se mirent à entrer dans ces zones fortement brassées. Ce contact eut lieu précisément à 23h (heure française) la nuit dernière pour Jean Pierre, Harry et Salomé qui furent littéralement aspirés par ce fameux courant traversier redouté depuis quelques jours et dont l’intensité (jaune) semble bien plus forte que celle des courants rencontrés jusqu’alors. A la lecture de la carte du jour, le doute n’est plus permis, l’impact de ces courants dont la vitesse peut dépasser 1 nœud voire bien plus ont donc un impact réel et considérable sur ce genre de bateau. Le contexte actuel alimenté par une rare complexité laisse ouvertes toutes les hypothèses au point qu’il reste difficile aujourd’hui encore de se prononcer sur la pertinence d’une option plutôt que autre.

 

J+53

L’objectif des trois rameurs de tête est de s’échapper au plus vite par le Sud de ce courant traversier pour basculer ensuite dans le courant sud équatorial dont les eaux tempérées conduisent tout droit vers la Guyane et les îles du Salut. Lors des précédentes éditions, on pouvait relever au cœur de ce courant des vitesses de 4 nœuds ou plus. Le danger de la manœuvre réside dans le risque d’être embarqué trop vers l’Est dans le cœur du mouvement circulaire. Un peu plus au Nord, Richard qui n’a pas encore obliqué vers le sud parvient à conserver la route de l’orthodromie mais relève des conditions de plus en plus « bizarres », lui signifiant que quelque chose est en train de se passer sous sa coque. Il ne devrait plus tarder avec Laurent et Antonio à atteindre à leur tour le point de contact.

 

De son côté, Olivier D. paraît retrouver des conditions un peu plus favorables après avoir été malmené dans le cœur du maelström. Il pourrait rapidement lui aussi toucher les faveurs du courant sud-équatorial et inquiéter à nouveau le trio de tête. Un peu plus à l’Est, les deux courageux sudistes ont été confrontés à des vents de Sud-Est qui ont compliqué leur quête de l’Ouest. Patrice M. entraîné dans le Nord-Ouest commence à s’interroger sur ses chances de pouvoir appliquer la stratégie mise en place depuis plusieurs semaines. Didier, qui a réussi à maintenir son cap sans trop remonter vers le Nord, reconnaît que cette course malmène chaque jour le moral des rameurs. Lui qui pensait trouver de meilleures conditions au Sud rencontre en fait des obstacles de plus en plus difficiles au fil de sa progression.

 

Avec des pointes à plus de 3 nœuds, Rémy se plait à nous révéler qu’il « a pris son pied » aujourd’hui sur une mer belle et sous des vents réguliers. Tout près de lui, Patrice se montre indécis sur le choix de la route à adopter : Doit il s’engager sur le sillage de Catherine et Philippe ou suivre la route du nord ? Mathieu a lui viré de bord et semble reprendre un cap à l’Ouest, renonçant ainsi à la route du Sud. Confronté à un courant portant vers le Nord, Olivier M. a subi ces dernières 24 h une mer forte et croisée. Gérard quant à lui se situe à l’extrémité d’une zone de courants défavorables dont il pourrait s’échapper par le Nord.

 

Mathieu Morverand

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mer.

10

déc.

2014

Des héros partout

Très cher internaute. Pendant que tu gardes un œil rivé sur le site de Rames Guyane et sur ce site pour vérifier l'avancée des rameurs de la course, je trottine toute la journée durant sur le salon nautique de Paris. Et je trébuche régulièrement sur d'autres rameurs, des hommes qui, sans nécessairement savoir naviguer, se sont embringués ou s'apprêtent à le faire dans des traversées, tours du monde... Chacun a une histoire passionnante avec ce point commun de l'absence de réponse à la question "Pourquoi tu fais ça?". Autant de bonhommes qu'on a envie de serrer dans ses bras, tellement on est content de rencontrer des humains qui réalisent leur rêve, écoutent leur besoin quasi animal de se dépasser.


Hier, Serge Girard qui va partir très bientôt de La Réunion pour faire un tour du monde en ramant et courant, sans interruption. 22 mois à cavaler et à ramer...


Ce soir, Clément Héliot qui a traversé l'océan Pacifique de San Fransisco à Hawaï l'été dernier en partageant son embarcation avec Christophe. 75 jours à se relayer aux avirons. Il avoue que quand il y a eu tempête et que la seule chose à faire était de se replier dans la cabine, c'était... euh... TRES inconfortable.

Ardéchoise tranquille, la Bretagne qui m'a vue grandir est loin derrière moi, avec le sentiment que les embruns ne sont pas vitaux à ma vie. Que c'est plutôt la montagne qui me gagne. Et puis soudainement, les rameurs de l'océan poussent comme des champignons autour de moi et me donnent comme un sentiment d'être rattrapée par la patrouille.

Je me rends, je suis cernée.

Anaïs

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mar.

09

déc.

2014

L'approche de Marco à bord de Grain de Sel

Oui oui, vous avez bien lu. C'est juste qu'en farfouillant dans les archives de la traversée de Marc Chailan d'il y a deux ans, je suis tombée là dessus. Bon, faut pas faire gaffe au nombre de jours de traversée (20 jours d'écart pour juste un méridien de différence avec la position d'Olivier) mais c'est intéressant de voir la dégaine des courants, complètement différents de cette édition. On se dit que niveau stratégies d'approche de la ligne d'arrivée, il y avait moins à se casser la tête. Peut-être juste un avis de novice...

Et en bonus, une petite photo qui donne des frissons et aiguise l'impatience... Bravo Marco.

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mar.

09

déc.

2014

J+52 Une nouvelle course

Sur les photos qui nous parviennent du Large de plus en plus nombreuses, on distingue un point commun : les premières tâches de rouille qui apparaissent et les couleurs des bateaux moins vives qu’au départ, comme les marques indélébiles du temps passé en mer. Pour celui qui ne découvrirait que maintenant le périple de nos rameurs sans mesurer l’impact de ces sept semaines déjà passées en mer, ces traces sont malgré tout le signe d’une aventure éprouvante tant pour le matériel que pour les femmes et les hommes qui la vivent. Ces flash visuels venus de l’océan trahissent le visage martelé et le profil amaigri de ceux que l’on va retrouver sur la ligne. A la mesure de cette longue immersion au plus profond d’eux-mêmes, confrontés à des sentiments jusqu’alors jamais explorés, il leur faudra du temps pour revenir au Monde et reconstruire leurs repères de terriens. Tous ceux qui vont les accueillir doivent s’y préparer, le mal de terre est proportionnel à la durée du voyage en mer.   

Pierre Verdu qui nous envoie quotidiennement les relevés de distances ainsi que les estimations d’arrivée analyse la situation en permanence en ne s’octroyant que très peu de répit. Vivant ainsi au plus près de la réalité des rameurs, il s’inquiète de ce qui se passe autour du maelström non seulement pour ceux qui ont choisi de le contourner par le sud, mais aussi pour l’équipe du nord qui a rencontré des conditions difficiles ces dernières heures. Malgré les jours qui passent, personne n’est encore parvenu pour l’instant à franchir cette zone tourmentée malgré tous les efforts et stratégies déployés pour y parvenir. Une zone orageuse a balayé la zone d’est en ouest avec son cortège de précipitations et de vents du sud furtifs mais soutenus, obligeant plusieurs skippers à s’abriter par sécurité à l’intérieur de leur habitacle. Catherine, accompagnée par Philippe, progresse dans le sud mais à petite vitesse malgré une grande débauche d’énergie aux avirons. La route lui semble longue et compliquée même si elle n’a aucune inquiétude quant à son autonomie en vivres. Non loin d’elle, Olivier B. se montre perplexe après avoir reculé plusieurs heures vers le nord-est sans que rien, ni la houle, ni le vent ne puissent l’expliquer. Très étonnant en effet de constater une telle dérive alors que ni les vents, ni les courants visibles sur les cartes ne présentent un flux allant dans ce sens à cette position. Des micro phénomènes sont-ils possibles ? Malgré toutes les analyses, les ressources de l’océan pour nous surprendre encore et toujours restent résolument insondables.

 

Au nord, Harry s’est considérablement rapproché de Jean-Pierre qui garde malgré tout la tête de quelques longueurs. Moins de 10 milles les séparent et Salomé est juste là derrière en embuscade, presque à portée de voix. Il ne serait pas étonnant de voir ces trois-là franchir demain ensemble la zone de courants traversiers et foncer aussitôt après vers le courant sud-équatorial. Il n’auront plus alors qu’à viser la ligne en naviguant bord à bord sur un long sprint. Une nouvelle course commence aux portes de la Guyane. A l’arrière, la flottille s’est regroupée, Olivier M a de nouveau subi une onde de la zone intertropicale de convergence (ZIC) avec des vents établis au sud cet après-midi, suivis de périodes de calme plat presque inquiétant. Rémy vise avec la précision d’un métronome le way-point (objectif en position géographique) qui lui est communiqué. L’option Nord lui paraît la plus propice à l’inverse de Mathieu qui lui est parti pour l’option Sud. Fidèle à sa force tranquille et à son étonnante sérénité depuis le départ, il continue de savourer chaque instant de cette expérience extraordinaire et fascinante malgré toutes les difficultés rencontrées. Il pense toucher terre dans deux semaines, c’est encore long et pourtant cela lui paraît si bref. Que peuvent en effet représenter 15 jours dans le cours de l’existence ?


Mathieu Morverand

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lun.

08

déc.

2014

Il faut TOUJOURS avoir monotype sous le coude.

Un peu comme un doudou, vous voyez ? Ça rassure. Ça apaise.

 

Quand j'ai su que j'allais partir pour la semaine au salon nautique de Paris, je me suis dit "Ouh la la, lâcher mon ordinateur pour la semaine, pas être trop trop au courant de l'évolution de la course, mon dieu mon dieu, comment vais-je faire?".

Heureusement, Delphine m'a dit que Rames Guyane était représenté à la capitale pour l'occasion et j'étais donc immédiatement missionnée pour faire la bise à Michel Horeau de la part de ma copine St Georgeoise.

Quel accueil, mes amis, quel accueil ! Si certains disent sésame ouvre toi et ben en disant "Je suis une amie des Montiel" sur le stand L40 du Hall 1, c'est baise main, tapis rouge, des bises, invitation à l'apéro et à venir se reposer de temps en temps quand on a mal aux petons après de longues journées de salon !

Et bonus, le monocoque qui est là, c'est celui de Pierre Mastalski. Le skipper de l'édition 2012 est là aussi, présente son bateau. Et c'est émouvant pour moi car Olivier m'avait confié le DVD de sa traversée il y a presque deux ans en arrière. J'ai du commencé à être accrochée par cette course à ce moment là. Et déjà, j'ai l'impression de bien le connaître, ce bonhomme. J'ai pensé à lui et à ses sachets de rations quotidiennes quand j'étais noyée avec Delphine sous une torrent de cracottes, de boites de maquereaux et de crèmes Mont Blanc.

Tous dans le même bateau, si je puis m'exprimer ainsi...